Duchesne, ouv. cité, p
Le départ du duc d'Anjou pour l'Italie et la prédominance du duc de Bourgogne dans le gouvernement royal permirent à Pierre d'Orgemont de reparaître momentanément sur la scène politique. Ce fut lui qui en janvier 1383, au retour de l'expédition contre les Flamands révoltés, prononça au Palais le réquisitoire contre les fauteurs de l'insurrection des Maillets *. En 1383, il accompagna Philippe le Hardi dans la seconde expédition en Flandre pour repousser l'invasion anglaise, conduite par l'évêque de Norwich 2.
S'il ne recouvra pas les sceaux de France, il demeura chancelier du Dauphiné, et la faveur du roi et du duc de Bourgogne continua à s'étendre sur ses fils. Lui-même faisait partie du conseil de Charles VI 3 ; en 1386, Philippe le Hardi le désignait au nombre de ses exécuteurs testamentaires*, et en 1388 tenait sur les fonts avec le duc de Bourbon, l'un des enfants de Guillaume d'Orgemont et de Marguerite de Sainte-Maure 5.
Lui-même recevait à diverses reprises des marques de la bienveillance royale ; le 9 juillet 1384, Charles VI lui donnait 200 francs d'or pour une robe 6 ; le 31 mai 1386, il lui faisait remise du droit de quint denier que d'Orgemont devait payer pour l'acquisition du fief de Chantilly 7 ; et le 21 septembre de cette même année, au moment où il se rendait à l'Ecluse, dans le dessein d'entreprendre la grande descente projetée en Angleterre, il mandait à Colart de Plancy « commis au gouvernement de la recepte gênerai des aides,
1. Léon Mirot, les Insurrections urbaines au début du règne de Charles VI (1380-1383). Leurs causes, leurs conséquences, p. 190. — On peut d'après certains écrivains suspecter Pierre d'Orgemont d'avoir été lors de cette répression l'un des auteurs de la condamnation de Jean des Mares.