‹ Une grande famille parlementaire aux XIVe et XVe sièclesChapitre 58 sur 159 · MÉRY-SUR-OISE, AU VERS, PONTOISE, MARINES · texte numérisé non relu

MÉRY-SUR-OISE, AU VERS, PONTOISE, MARINES

A. Seigneurie de M ér y -sur-Oise. — De tous les domaines possédés par le chancelier d'Orgemont, l'un de ceux qui paraissent avoir été l'objet le plus particulier de ses soins est celui de Méry-sur-Oise.

Cette seigneurie l, après avoir pendant près de deux siècles appartenu à la famille Bouffé de Méry, était passée au xivc s. aux mains d'Henri de Milly. Ruiné, ce dernier dut à plusieurs reprises contracter des emprunts ; il hypothéqua ainsi le péage de la rivière d'Oise ou travers de Milly, en faveur de Nicolas Braque, conseiller du roi, moyennant une rente annuelle de 5 1. t. ; d'autres emprunts suivirent ce premier, et finalement, le 1er décembre 1374, on dut dresser un acte de tutelle afin de sauvegarder les droits de ses enfants. En janvier 1375, la terre de Méry fut saisie, et le 24 mars suivant, elle fut adjugée aux Requêtes du Palais, moyennant 520 1. p., à Pierre d'Orgemont qui, le 10 février précédent, et sans doute en prévision de cette adjudication, avait racheté de Nicolas Braque 80 1. de rente sur ce domaine. Aussi le prix d'acquisition s'éleva-t-il seulement à 5201. p., l'acquéreur recevant quittance de 660 francs d'or au coin du roi, pour le surplus, représentant le montant de la créance achetée à Nicolas Braque. Le 2ô mai 1375, Charles V accorda des lettres patentes lui concédant tout le droit de

1. Pour tout ce qui concerne Méry-sur-Oise (Seine-et-Oise, arr. de Pontoise, cant. de l'IsIe-Adam), nous ne pouvons que renvoyer aux deux travaux capitaux et déjà bien souvent cités de M. Pannier et de MM. E. de Ségur-Lamoignon et J. Depoin.

justice haute, moyenne et basse, avec l'hommage du fief Colin Bertault, sis à Méry, sous réserve que les droits de justice et la valeur de cet hommage n'excéderaient pas 20 1. p. par an. Après enquête favorable de la Chambre des Comptes, la reine Blanche, dans le douaire de laquelle était comprise la châtellenie de Pontoise dont relevait Méry, reçut l'hommage de Pierre d'Orgemont le 26 septembre 1375.

Possesseur de la seigneurie de Méry, le chancelier s'occupa de l'agrandir. Le 12 avril 1377, il acquit pour 100 francs d'or de Guillaume de Fours, chevalier, les masures et cens qu'il possédait, dépendant de Méry, et consistant en 3 fiefs et arrière-fiefs à la Bonneville1. En 1379, il acheta de J. Parent, bourgeois de Pontoise, 20 1. 6 s. t. et de Jean de Bobigny, 60 s. p. sur le travers de l'eau de l'Oise à Pontoise ; et, le 24 juillet 1380, il acquit de Pierre d'Achères, curé de Saint-Denis d'Aclon, au diocèse de Rouen et moyennant 2.000 fr. d'or, la terre de Fours 2.

Lors du partage des biens du chancelier entre ses fils, la terre de Méry et ses dépendances échurent à l'évêque de Paris, Pierre d'Orgemont. Ce dernier poursuivit l'œuvre de sage administration de son père et fit rédiger le censier que nous avons précédemment décrit. Il employa pour l'accroissement de ses domaines ruraux le même système que celui dont il se servit pour l'agrandissement de ses immeubles parisiens, achetant des rentes sur les terres qu'il désirait ensuite acquérir, et exonérant ses biens des charges qui les grevaient. C'est ainsi qu'en 1390, il racheta 41 1. que le seigneur de Jeufosse percevait sur le péage de Méry, 19 1. 12 s. que prenait Mathieu de Trye, et 30 1. qui étaient dues au seigneur de Montjay. En 1392, il échangeait avec les maitres et écoliers du collège Saint- Nicolas du Louvre une grange et des droits qu'ils possé-

1. La Bonneville, Seine-et-Oise, arr. de Pontoise, cant. de l'Isle-Adam, com. de Méry-sur-Oise.

2. Fours, Seine-et-Oise, arr. de Pontoise, cant. de l'Isle-Adam, com. de Méry.

LA FORTUNE DES d'ORGEMONT 63

daient sur les dîmes de Méry, contre une rente de 7 1. p. assise à Paris1; et en 1393, il se rendait acquéreur sur Jean Maillard, écuyer, du fief dit Maillard à Méry, consistant dans le tiers des dîmes en grains des territoires de Frepillon2, Sognolles3, Bessancourt4 et Vaux5. Sevestre le Jeune lui vendait 100 s. p. sur des héritages à Osny6, et ses droits sur 20 arpents de terre et 3 arpents de pré à Saint- Ouen-1' Aumône 7.

Pierre d'Orgemont qui, après la mort de la reine Blanche, avait, le 16 juillet 1399, prêté hommage au roi pour la seigneurie de Méry8, mourut le 16 juillet 1409, la laissant à son frère Nicolas. Ce dernier prêta hommage le 29 août 1410 9 pour cette seigneurie qu'il posséda jusqu'en 1416; après sa condamnation, ses biens furent confisqués au profit du roi. Charles VI affecta en obits, en faveur du chapitre de Paris, 120 1. p. de rente à prendre annuellement sur les biens immobiliers de Nicolas d'Orgemont, et en particulier sur les terres de Méry et d'Auvers.

La Chambre des Comptes députa deux conseillers, Guillaume le Clerc et Hugues de Guingamp, pour enquérir de la valeur de ces terres, sauf toutefois le péage et travers de Méry, et les droits de justice, les menus cens portant ventes, censives, abonnements et amendes, les fiefs et arrière-fiefs, et le portail du grand hôtel de la ville et seigneurie de Méry, qui furent réservés par le roi. En vertu de leurs lettres de commission du 20 férier 1417, ces deux

Page 1