ÉMILIE , DUPHOT
DUPHOT, qui peirlait bas à ta fille. Monsieur de Bracy est un homme accompli...
Mais toi,..
émilie . qui a repris sa broderie. C’est [C*. d s que je suis légère, changeante.
DL'PHOT. Tu le fâches. C'est toujours comme ça chaque fois que ta maudite petite tète...
émilie. Mais en vérité , on dirait. . .
duphot. Quoi? Quand tu sortis de pension, tu vis Solrin, l'élève de l’École polytechnique; il mettait sur le coin de l'oreille Min clppeau d'uniforme... un petit chapeau tout bas, tu trouves ça gentil , je ne trouve RS» moi. De mon temps, les chapeaux à cornes étaient hauts comme ça... Tu me dis :
Ah ! père, je mourrai si je ne l’épouse pas.
émilie. J’étais une enfant, alors. duphot. Tu ne mourus pas, parce que tu rencontras monsieur Monbreuil , jeune homme aux gants jaunes, au teint idem, qui chantait d'un faux à faire pleurer un sourd:
Bar bar amor, crndèl tvran 1 Sa voix te porte à 1 aine. Adieu l'École polytechnique.
émilie, arec impatience. J'appris...
duphot. Je conçois que tu lui aies préféré monsieur de Bracy, c'était le fils de mon ancien patron , qui a bien voulu me faire son associé, le fils de l'homme à qui je dois tout, enfin... Il n’y avait donc pas d'objections probables... Kli>bicn, si ! tu ne cherches que des prétextes pour...
ÉMILIE. Mais...
duphot, criant. Voyons 1 qu'est-ce que tu veux ? qu’est-ce que tu as? Tu connais pourtant l'énergie de mon caractère ! tu en as eu la preuve, hier, avec cet homme qui...
(A part.) L'heure est passée, il ne viendra pas, je puis... [Haut.) Je t’avais promis de ne pis me battre, ch bien! ap|>reods que mou parti était pris. • S il était venu, ce soir tu n'aurais peut-être plus eu de père !
émilie, qui s’est levée. Ah 1 {Elle se jette dans ses bras.)
duphot, ii part, avec satisfaction, après l'avoir embrassée. Ça fait bien de paraître fortement trempé. Haut. ) Eh bien ! au nom de cette énergie, je veux que tu oie dises... émilie. Eh 1 sais-je moi-même...
duphot. Ah ! tu ne sais pas. . eh bien 1 je vais te dire ce que tu as. Tu causes sans cesse arec Antoine.
émilie. Eh bien ! ne m'as-lu pas toujours dit : ■ Émilie, j’ai commencé comme un simple ouvrier... ne sois jamais fièrel... » El dame, je t’aime laul, que lorsque je rencontre un ouvrier bien bon, bien franc, je crois que je chercherais à lui plaire... toujours par amitié pour loi!...
duphot. Ta, ta, ta. Veux-tu que je te dise? tu as la tête montée... tu te figures que tu aimes le petit Antoine.
émilie. Je le trouve gai, amusant, bon cœur, mais... oh! tu te trompes.
DUPHOT- Je me trompe? Tiens, hier, pendant ce drame , ton imagination s'exaltait au tableau de deux amants séparés par un préjugé social.
émilie, à part. Oh ! mon Dieu ! est-ce qu’il dirait vrai ? est-ce que ce que je crovais sans conséquence... ( Haut. j Tiens, père, par étourderie, par enfantillage, peut-être, je n’osais désespérer ce garçon.
duphot, vivement. Il l’aime donc ?
ÉMILIE. Eh bien I... oui.
duphot. Et il s’est permis...
Émilie. Oh! il ne l’aura t pas osé: mais une jeune fille comprend si bien... Tiens, tu as raison... je veux même l’éviter.
duphot. Bon!... je vas le flanquer à la porte.
émilie, virement. Oh! non... Le pauvre garçon !... ce n’est pas sa faute.
DUPHOT. Car apprends l’importance que j’attache à cette union avec monsieur de B acy, ,.
ANTOINE, en dehors. Là!... tu me laisseras peut-être tranquille à présent. {A la voix d'Antoine , Emilie a remonté et est passée rt droite.)