‹ Une idée de médecinChapitre 30 sur 35 · LÉONIE, EDOUARD · texte numérisé non relu

LÉONIE, EDOUARD

EDOUARD, à part. Nous voilà seuls... Oh! comme elle est jolie !

LÉONIE, tremblante, à part. Est-ce qu'il va vouloir me tuer?

EDOUARD. Tu vois que j'ai deviné ta pensée, ô chère ombre?

LÉONIE. Ombre!

EDOUARD. Oui, je sais que tu n'es qu'une ombre, ou plutôt c'est une vision que j'ai dans ce moment, c'est mon amour qui m'abuse ! C'est l'image que j'avais dans le cœur qui s'offre à mes yeux !

LÉONIE. Ah, mon Dieu ! Que dit-il ? C'est un de ses accès qui vient de lui reprendre!... Edouard, reviens à toi !... Est-ce que lu ne me vois pas?

EDOUARD. Si... Près de moi est un objet plein de jeunesse et de charmes!... Il me semble que je te vois!

LÉONIE. Ne m'entends-tu pas?

EDOUARD. Si... Une voix douce et chérie pénètre jusqu'à mon âme!... Il me semble que je t'entends!

LÉONIE. Eh, bien ?

EDOUARD. Mais ce n'est pas toi... ce ne peut pas être toi !

LÉONIE. Mais si !... c'est bien moi !... Léonie!... ta fiancée... qui est vivante!

EDOUARD. Vivante!... Léonie!

LÉONIE. Craignant ton inconstance, désespérée par six mois d'attente, elle s'est décidée à te faire écrire qu'elle était morte! [Edouard fait un mouvement.) Mais pour te faire revenir, te revoir et t'éprouver!

EDOUARD. M'éprouver!.. Léonie, faire une pareille épreuve!... oh, non!... elle m'aimait trop pour cela !. .. Elle n'aurait jamais pu se résoudre à me porter un coup si affreux!... Et plutôt que de soupçonner ma fidélité, ne devait-elle pas croire qu'un obstacle invincible s'opposait à mon retour ?. . . Une querelle... un duel... une blessure!

LÉONIE, vivement. Une blessure !

EDOUARD. Eh ! quoi ! tandis que celui auquel elle m'avait préféré rougissait son épée de mon sang...

LÉONIE. Est-il possible?

EDOUARD. Oui, car je ménageais ses jours, trouvant qu'il avait assez perdu en perdant celle qu'il aimait... Tandis que sur un lit de 'douleurs, je tachais de revenir à la vie pour me retrouver bientôt auprès d'elle , Léonie, doutant de l'ami le plus sincère , de son amour, sans songer aux dangers de l'épreuve, à tout le mal qu'elle allait me causer, aurait pu me faire écrire qu'elle était morte !. .. Morte!... elle, mon espoir, mon bonheur, mon âme !... ma vie!... Non, non, jamais!... Jamais ma fiancée , jamais ma Léonie n'aurait eu cette cruauté!

LÉONIE. Ah ! mon Dieu ! mon Dieu ! qu'aije fait?

EDOUARD. xMon malheur n'est que trop certain!... C'est un rêve que je finis... un

rôvc comme celui (iiiej'ai d«îjh failcc matin.. Je n'ai devant moi que l'ombre du bonheur î. . Inc ima'r^e trompeuse, une vaine apparence, prêle 5 s'enfuir, et que le moindre loucher ferait évanouir î

LÉOME, ù pari. Comment donc faire pour lui prouver que j'existe?

EOOL'.VaD.

ne tue.

Air : Kn proie au chaijri»

Si Léonie était ■vivanle, Pour calmer mon cruf;l r*'^rol, De son âme toujours aimant') ('n mot d'amour s'ôcliapperait.

Ce mot d'une douceur cxtrôiue Soudain me persuaderait.

LEOTiiE, vivement.

Kdouard, je t'aime!

ÉDOl'ARO.

Ah ! <iuel mot ravissant!

LÉuNiE, naïvement.

Suis-je encore une ombre à présent?

ÊDOIARD.

DECXIÈME COIPLET.

Si Léonie était vivante, Pour que rien ne vînt ra'abuser, Son àme si compatissante 31'accorderait un doux baiser.

Cette preuve serait fort bonne , Et pourrait me désabuser !

LÉu:<iE, vivement.

Je te la donne...

EDOUARD, l'embrasse.

Quel baiser séduisant I

LÉoME, vivement.

Suis-je encore une ombre à présent?

ÉDOl'ARD.

Même air. Si Léonie était vivante...

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