SCÈNE IX Pierrot, la Clownesse
La Clownesse
Je connais, gentil Pierrot, mon amour
Plus d'un tour ; Je sais m'élancer, légère, en l'espace, Cabrioler, voler, sembler dans l'air
Un éclair ; Bondir, partout vite me faire place.
Mes yeux ici vont, hameçons vainqueurs
Pour les cœurs.
Regarde-les bien; vibre sous leur flamme; Je viens de très loin, je veux te charmer Et t'aimer ; En retour, Pierrot, donne moi ton âme.
Pierrot
Clownesse piquante, au corps ondulant
Et troublant, Sois clémente. Va-t-en, tu me vois las et morne; Sous la chaleur de tes ardents regards,
De vrais dards ; Mon cœur reste insensible et froid plus qu'une borne.
La Clownesse
En entendant ta voix, d'un pouvoir si glaçant, Il m'a semblé te voir, couvert d'un linceul blanc ;
Pars vite, prépare une corde, Qu'on aperçoive, au jour, demain, Pierrot pendu. Le ciel, seul, peut offrir à l'esprit éperdu
Sa pitié, sa miséricorde.
(Elle le quitte et se dirige vers la salle de bal).