‹ Une indépendance en cœur, vaudeville en 1 acteChapitre 17 sur 21 · SCENE XVI · texte numérisé non relu

SCENE XVI

CYPRIEN , M** BKLIIOMME.

CYPniKN, un cigare à la bouche. Elle veul nie parler!... eli bien ! à nous deux.

Am de V“« Favori.

Oui, cVa cm fait, je suis seul avftrllr.

Par l'amitid «induit,

A cette belle i l caquette et cruelle,

Je vais donner du buti caKir son congé.

Ob! c'eslégsl, le cbese et! agira -ite ;

Quand un repas si bon von* est elTert,

De doiPfUr U table appétissante.

Lorsqu’on voyait arriver le dessert.

M“ r belhommr, à part . Je crains les conseil» de son ami. .. prenons-le par la douceur...

CYPRIEN , fumant et très-dégagé. Vous m’avez fait appeler, madame?

M"” RELHOMMS, te levant. Oui, monsieur; mon mari vient de t'endormir.. . son filleul ne peut pas marcher... c’est l'heure du bain pour les habitants de cet hôtel... j'ai choisi cet instant pour vous dévoiler mes sentiments.

cyprien. Je compte en faire autant à votre égard . .

M*' B EL HOMME. Avant tout, monsieur, j’ai besoin de savoir si vous ni 'aimez véiitahlement ?

cyprien. Si je vous aime véritablement...

mais juriez- vous demandé à Ahcilanl s’il aimait Héloïse?... à Saint Preux s'il aimait Julie?... Ii l'Amour s’il aimait Psyché ?...

O Ociavie, si vous saviez ce que in'a causé de bonheur le baiser de ce matin I

M** BELHOMUE, baissant tes yeux. Un baiser... ne me rappelez pas...

CYPRIEN, arec /tumeur. Quoi !... un simple baiser, p >ur lequel j’ai fait pénitence dans ccUc armoire.

M** BELHOMUE. Pauvre auii!

CYPRIKN. Vous me plaignez, Octavie...

elle me plaint... ( A part.) Que disait donc Deligny? {Il retire vivement son cigare de ta bouche. )

m“* nEt.tioM.viK. Je viens mettre un terme à vos tourments !...

CYPRtEN. Serait-il possible! (.1 par/.) Si j’avais écouté Deligny, j'eusse été grossier. (Haut.) Je vain doue voir la fin de me» douleurs. { Il se brûle arec son cigare. r

M"’ - BELHOMUE, avec explosion. Je le le jure!.,.

cyprien. Ellemctutoio... obl bonheur!...

ce serment, dans un style aussi pindarique, ne ino laisse aucun doute.

M"'"' BLLtlOMME. Ma mémoire a passé en revue tous tes reproches de ce malin, et j’ai compris que deux années d'épreuves méritaient une récompense.

cyprien. Quoi, je vais être heureux ! (A part.) Scélérat de Deligny ! {Il jette son cignre avec colère. — Haut.) Pourvu que mon ftéle éire ne succombe pas à tant de félicité.

V** DKLIIOUUK. Ecoute... Ce süir, quand le dernier des habitants de cet hôtel aura escaladé si couche solitaire ou habitée; quand le sileitce de la nuit ne sera plus troublé que par le ronflement du vovageur ei le : ou uniforme de la cloche de I église, sonnant minuit, tu verras apparaître une femme dans ta diarubre 1 Tu écoules î

CYPRIEN. Je ne perds pas une sy llabe.

M"** BELHOMUE. Une femme dont les jeunes années ont été jetées aux bras d'un lu mime qui n'a pas su la comprendre... elle possédait une âme ardente et passionnée...

elle fut la proie d'un être monotone et positif...

CYPRIKN. Cependant il faut des époux assortis...

M nw BKLIIOMME. Heureusement la nature avait semé beaucoup de vertus dans le ctsor de celte femme iu fortunée.

cyprien. C’était bien de la part de la nature.

BELllOMME. Aus-i... quoique l’occasion de faillir ne lui ait jamais manqué, elle resta pure au milieu du danger !. . .

CYPRIEN. Peureux celui qni aura été placé sur Km chemin puur l'apporter li récompen-c due b tant de sacrifices I

M"‘* BELllOMME. Celui-là c’est toi , Cyprieu 1 .. .

cyprien. J’avais eu la fatuité de le deviner !...

M B * reliiomme. Mais uc amour comme le nôtre ne peut se contenter d'un bonheur vulgaire.

CYPRIEN. Oh ! non...

M B,< reliiomme. Il nous faut, à nous, une féiiriié .surhumaine !... nne béatitude angélique !...

cyprien. Une joie céleste !

M'”* nELUOMME. Tu me comprends!... eh bicul ce soir, lorsque j’aurai franchi ton seuil, nous fermerons toutes les portes.

Am : Yauderillt de la Tatte caitie.

Pai«, 4 genou», nu* Ane» rulacèr»,

Et *tr» I* ciel portant tout deux Le» yeux ;

Uni» aimi par la m*iue prntor.

Au meaJ* entier nou» Gitans no» adieux,

O doux in»:anl» ! quelle ivretle c»l ta autre, N’pprouïjnl plus ni chagrin, ni rpÿm,

Ifsut apprufliont m» In t«ur f«n d« l'autre.

cmn.

Chacun la main ?

Page 1