I.EGROS
Cent mille francsdans le journal d'Anjou? Non pas! cinquante mille... et le reste {ricanant) pour tes voitures !
TIHRINGE
Assez de familiarités, Lcgros. (Il sonne.) II faut se taire, s'unir et agir. {Au domestique qui paraît.) Le secrétaire est-il là ?
LE DDAIESTIOL'E
Oui, monsieur.
ÏHIRINGE
Priez-le de venir, (Le domestique sort elle secrétaire entre.)
LE SECRÉTAIRE
Oh ! monsieur, quel indigne article dans Le Contrat social l
TIIURINGE
C'est bien, mon ami; ne vous émouvez pas de si peu. Quand nous aurons fait de vous un député, vous
12 LNK JUUHNEE l'AULEAlEM'AJRE
A'errez de quelle façon les meilleurs dévouements sont récom{)ensés.
LE SECRÉTAIRE
Que dirons-nous dans le journal d'Anjou?
TIIURINGE
Qu'on ne répond pas au Contrat social, ou mieuxencore ceci : « On s'amuse beaucoup à Paris d'une invention des réactionnaires... » Pour le détail, vous vous entendrez avec Legros... S'il vient des reporters, faites attendre, je les recevrai. Chose plus importante, rappelez à Madame Tliuringe que mes deux collègues. Le Barbier et Isidor, déjeuneront.
{Pendant que le secrétaire était là, le domestique s'est attardé à enlever le déjeuner, sur un regard défiant de Thuririge, il sort avec le secrétaire.)
LEGRO?
Le Barbier et Isidor viennent déjeuner? cela me rassure un peu. Excite-les à travailler la majorité, car je crains la séance de ce soir.
TlIUniNGE
A l'essentiel, maintenant ! Toi qui fraternises toute la journée au Palais-Bourbon, avec les journalistes, tu dois connaître les gens du Contrat social. Il n'y a I)as à chercher de trente-six cotés, c'est à eux qu'il faut que je parle.
LEGROS
Ils sont fanatiques !
THLRINGE
(j'est-à-dire qu'ils désirent passionnément quelque chose; [)ar là ils ont des points faibles que l'on peut toucher.