‹ Une larme du diableChapitre 15 sur 61 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

Le portail de l'église.

NIIIlLVAIJiT, mendiant.

Mon beau gentilhomme, la charité, la charité, s'il vous plaît ; je prierai le bon Dieu pour vous.

SATANAS

Prie-le pour toi et prends des aides; car tu auras fort à faire à tirer ton Ame d'entre mes griffes; je suis...

MIIILVALBT.

Pardon, maître, je ne vous avais pas reconnu.

TRAINESAQUILLE, au Ire mendiant.

Voici, mon duc, des reliques à acheter, des agnus, des médailles, des rosaires bénis par le pape. Ceci est un morceau delà vraie croix; ceci une phalange du petit doigt de saint Jean.

1IVSTKHF.

SATANAS

Le morceau de la vraie croix est un morceau de la potence où lu seras branché un de ces jours ou l'autre; la relique est un os que tu as pris à la carcasse de ton frère le Bohême qui a été pendu.

TKA1NESAQUIMK.

Vous savez toutj vous êtes donc,

SATANAS

lais-toi.

DRINGUKN AZILI ES. 1res bas.

Mon prince, j'ai ici dans un bouge à deux pas un vrai morceau de roi , quinze ans, des cheveux jusqu'aux pieds , blanche , ferme ; c'est presque vierge et pas cher ; pour trois écus au soleil , deux pour moi et un pour elle, et ce que vous voudrez à la fille, vous en verrez la fin.

LA GRANd'oUDAKDE, pauvresse.

Mes chères demoiselles, il y a huit jours que je n'ai mangé.

SATANAS

Arrière! ou je te fais baiser mon argot. Le seuil de ton église, Père éternel, ressemble assez à une des gueules de mon enfer.

28 I NE LARME DU MAtiLE ,

filllO.NNK, deuxième, pauvresse,

Je suis aveugle cl paralytique.

ALIX et BLANCHEFLOR.

Tenez, ma bonne femme, voilà pour vous.

(Elles passent.)

LA fiRAND'oUDARDK.

A-t-on jamais vu cette vieille ribaude qui vient me débaucher mes pratiques jusque sous mon ntz et me retirer le pain de la bouche! Tiens, empoche celle-là.

UIDORNE.

Voleuse d'enfants, Egyptienne, gaupe, truande, tu vas voir que ma béquille est en bon cœur de chêne !

(Kilos SC lKIllCltl.)

HYSTK.nE,

SCfiNE VIII.

L'ÎDtéfieur de l'église.

SATAN AS

H n'y a ici que des enfants et des vieilles femmes, ceux qui ne sont pas encore et ceux qui ne sont plus; les enfants qui marchent à quatre pattes et les vieillards qui marchent à trois, voilà donc ceux qui forment ta cour, ô Père éternel ! Tout ce qui est fort, tout ce qui est grand dédaigne comme moi de te rendre hommage. Par les boyaux du pape ! je ne suis pas en scène, et, tout en philosophant, j'oubliais de prendre de l'eau bénite.

l'eau bénite.

Qui vient donc de tremper ses doigts dans ma conque d'ivoire? on dirait que c'est un fer rouge; une chaleur insupportable s'estrépandue dans moi;

» ni: i.uiiii: pr macmî,

je fume, je siffle, je monte et je bous comme si le bénitier était une chaudière.

BERTIIK.

Derrière le Clos-Rruncau, après la messe. Prenez garde, Landry, on pourrait vous voir.

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