‹ Une lecture par jour, mosaïque littéraire, historique, morale et religieuse, composée de 365 pièces extraites des prosateurs françaisChapitre 200 sur 370 · IV .ses plus braux présents doit combler sans niesnrr · texte numérisé non relu

IV .ses plus braux présents doit combler sans niesnrr

(/est lui qui. dans la Kraiice amenés les beaux mis ,

Sur loi loni l'avenir va porter ses rcgartls;

Les Muses à jamais y fixent leur empire;

l.a toile est animée, et le marbre respire.

VOLTAIHE. —

Veuillez donc, Me.ssieiirs, embrasser par 1.1 pensée rette période historique , ipii s'étend depuis la mort de .^lazariii jusqu'à celle de Louis XIV. Hennissez, dans cet espace, tant d'actions {'Joriciises , lant de succès mémorables, des Klats eiivaliis , des provinces conquises el gardées , des (lottes victorieuses , de

rands moimnients fontlés. et , inalijré de fuites revers, un descendant de Louis xiv, ii. lié sur un IrAne etran;;er. Voyez cette lotde 'le généraux habiles, d'hommes d'HtaLtriioni-

mcs de fvénie , qui se succèdent sans interruplit>n, pendant un demi-siècle, pinir ne niauqiici- jamais au clioix du souverain, (iorulé avait dereiidu renrance de Louis xiv : \ illars el Vendôme soulicnnenl sa vieiMesse. Hossiict cl l'énclon élèvent ses fils et Icsenlanls dese» lils. l'eiidanl une longue prospérité, il est !;rand de la glitire de ses sujets; et, quand la fortune rahandomic, ipiantl ses appuis se brisent, quand sa race est près de s'éteindre, il montre une âme héroïipie, jiortc avec fermeté le poids de l'cnqure el des revers, et meurt le dernier des hommes illustres de son règne, comme poiu- annoncer (pie le grand siècle était achevé.

Certes, Messieurs, ce tableau n'est pas sans ombres; cette gloire ne fut pas sans mélange cl sans erreurs. Louis xiv a recueilli plus lyi'il n'a fait peut-être '. Le génie de notre nation fermentait depuis plusieurs siècles, au milieu des restes ilc la barbarie, et du chaos de la guerre civile. Il était mi'ir pour enfanter do grandes choses; et tontes les forces du courage, de riiitelligence et du talent, seml)laienl, par un mystérieux accord, éclater à la fois. 31ais celle active fécondité de la nature fut réglée, pour ainsi dire, par la fortune et les regards d'un homme . L'ordre et la majesté se montrèrent en même temps tpic la vigueur et la richesse; et le souverain parut avoir créé toutes les grandeurs qu'il mcltail à leur place. L'enthousiasme s'accrut par cette illusion ; et l'idolAlrie des cours devint, pour la première fois, l'inspiration du génie.

Qu'elles sont brillantes, en effet, ces vingt premières années du gouvernemenl de Louis \iv ! Un roi plein d'anlcur et d'esj)érance saisit lui-même ce scej)tre qui, depuis Ilenri-loGrand, n'avait été soutenu que par des favoris et des ministres. Son âme, que l'on croyait subjuguée par la mollesse et les ]daisirs , se déploie, s'affermit et s'éclaire, à mesure (pi'il a besoin de régner. Il se montre vaillant, laborieux , aiui de la justice et de la gloire : (pielque chose de généreux se mêle aux premiers calculs de sa politique. Il envoie des Français défendre la chrétienté contre les Turcs , en Allemagne et dans l'île de Crète ; il est protecteur avant d'être conquérant; el, lorstpie l'ambition l'entraîne à la guerre, ses armes heureuses et rapides paraissent justes ^à la France éblouie. La pompe des fêtes se mêle aux travaux de la guerre; les jeux du Carrousel , aux assauts de Valenciennes et de Lille. Celte altière noblesse, qui fournissait des chefs aux factions, el que Richelieu ne savait dompter que par les échafauds, est séduite par les paroles de Louis, et récompensée par les périls qu'il lui accorde à ses côtés, lia Flandre est contpiise; l'Océan el la Méditerranée sont réunis; de vastes ports sont

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