A. V. ARX4ULT
( Vojcipagc 1.)
' — On ne peut pas pins dire s'ériter de la peine qxi'éciler de la peine à quelqu'un, (\oyez ma Grammaire, n" seo.)
2 — .-Indrieux. dans ses leçons de littérature au Collège de France, citait (niel(|uefoisce Irait, mais il l'altribuail à fleuri iv. " Le Hoi. disall-il, causant un jourfamiliérementaveo un maîlre-ouvrier, celui-ci, enhardi par le laisser-aller du Prince, rail les doigts dans sa tabatière : — Tenez, mon ami, lui dit Henri iv en la lui offrant, gardez-la pour vous : elle est trop petite pour nous deux. »
Ohsorvnlinn r/éupralp. Ces deux anerdotes sur la politesse sont narrées avec esi)rit et facilité. Klles sont d'autant plus intéressanics. ([u'ciles concei-nent de grands personnages et qu'elles révèlent la physionomie cl le caractère des princes dans leur vie [)rivée.
senu'nt que leur eilt laissé la tyrannie. Soudain les barrières sont forcées, les liurlemeuts de la fiu eiU' se mêlent au bruit des armes. Le glaive brille; de toutes parts la mort se montre et les environne sous mille formes dillerentes •'. Ainsi, dans les nnu-s tie Home ou de Cartilage, l'amphilliejUre s'ouvrait aux combats des premiers Chrétiens, parmi les rugissements des tigres et des lions, et les cris d'une nuiltitude encore plus altérée du sang des hommes ', .Mais tpiel est ce ponlife auguste, seul debout au milieu «l'une foule de prêtres prosternes ? C'est le vénérable aichevêipic d'Arles. Le front calme, la voix assurée, il prononce sur eux une dernière bénédiction; taudis «pie, du haut du ciel, Jésus-Christ, h; pontife éternel, les bénissait eu ce moment, et les rendait invincibles. Dejîi s'approche une troupe «le malheureux, vomis par les «achots, «■t l'opprobre du peuple français, qui ne les avoua jamais. Ils menacent, ils cherchent, ils appellentà grands crisl'archevêipie «l'Arles. Le prélat jette les yeux sur son divin maître; il eu va retracer tous les traits, et apprendre à un siècle incrédule comment sait mourir un evêque. Il niarche droit aux assassins. <i Si c^est moi que vous cherchez, laissez aller mes confrei'es. > Frappés de ce caractère de douceur et «le dignité, comme le furent autrefois les Juifs à l'aspect «le Jesus-Christ même, six brigands «pii l'environnent restent interdits et immobiles. Un septième survient, il lève un fer parricide: le saint ponlife tombe, en demandant jiardon pour ses bourreaux.
C'en est fait, le signal est «lonné, des chants de mort se font entendre; tout se mêle, tout se confond, les victimes avec li's bourreaux ; et cette terre à jamais consacrée reçoit les prémices du sang (les confesseurs de Jesus-Christ. Tels que des loups affamés , les brigands se précipitent au milieu de ce troupeau sans «léfense. Quarante prêtresont déjà péri; on chasse les autres vers l'église.
Avec «juel empressement ces victimes dévouées se rangent;! l'ombre de la croix, leur digne asile et leur unitpie espérance! loin d'eux les agitations de la terreur, l'our eux la mort est \u\ gain ; ils sont j)leins de l'iuuuortalité qui lesaltend ''. Dans le recueillement iirofond de la foi, tous à genoux autour de cet autel, ils recitent |>our eux-mêmes les prières qu'ils avaient si souvent récitées près «les fidèles agonisants ^. Dans ce silence religieux et lugubre, uneseide voix se faisait entendre de temps en temps; c'était celle de l'évêipie de Reauvais. Déjà blesse dans lejardin, il soulageait sa douleur par ce cri si digne d'un évêipie : Mon Dieu, pardoîwez-leur. C'est lui fait attesté que , durant cette scène d'horreurs , pas \\n gémissement ne fut entendu ; i)as d'autres voix (jue les «ris des bourreaux, et aussi les derniers accents de la prière des saints mar-
tyrs, et les vœux qu'ils ofFraienl au Ciel pour les barbares qui les é^jorgeaient.
Adniiralile et toucliaiit spectacle ! la fureur des assassins s'en irrite. Sur celte table môme, et sur ce marbre sacré, ils aiguisent le fer liomicide sous les yeux des intrépides confesseurs. Alors à la première confusion succède un ordre alfreux. pour qu'un seul ne puisse échapper. On les appelle successivement; ils se lèvent deux à deux , ils s'avancent avec dignité, la prière sur les lèvres, le cœur élevé vers le ciel, comme dans leurs saintes cérémonies. Ils arrivent à cette porte ; ils franchissent le seuil fatal. Là se présente d'abord un satellite delà mort; il les inscrit sur le funèbre catalogue; il les dépouille, et les envoie aux assassins dont les cris féroces les appellent.
Et pourquoi ne les suivrions-nous pas? la foi porte son flambeau devant eux, et les couvre de son égide immortelle : qu'elle soit aussi notre guide!
A l'entrée de ce sanctuaire, l'enfer, transporté tout entier, a placé le théiltre de ses fureurs. Ici des bourreaux... 3Iais détachons nos yeux de ce spectacle : c'est le ciel qu'il faut envisager «. Les cieux se sont ouverts ; du haut de son trône éternel, le fils de Dieu, chef et modèle des martyrs, abaisse ses regards sur cette arène sanglante. Les couronnes brillent suspendues; le prêtre se présente, tranquille, intrépide, au milieu des haches et des massues levées sur sa tète. Il abandonne sa vie aux assassins ; il jette sur ce peuple égaré un œil de tendresse et de pitié ; il élève pour eux sa voix mourante. Le fer a brisé ses liens, les anges ont reçu son âme. La troupe triomphante des martyrs s'élève vers les cieux en chantant l'hymne de la victoire ; et ils vont prier encore pour leur malheureuse patrie.
— L'abbé Legris-Dcval. —
'\o\tT. le 21 avril.)
' — Les prêtres renfermés dans l'abbaye des Carmes n'étaient point les captifs de Jésus-Christ.
2— CriKlelis uhiqnè,