‹ Une lettre inédite de Lescarbot [microforme]Chapitre 2 sur 7 · DOCUMENTS POUR L’HISTOIRE DES COLONIES FRANÇAISES · texte numérisé non relu

DOCUMENTS POUR L’HISTOIRE DES COLONIES FRANÇAISES

et de seigueur de Saint-Aubert (hameau dépendant de la commune de Presles, arrondissement de Soissons). 11 n’était encore que licencié en droit, lorsqu'il prononça, le dernier jour de mai 1598, une harangue d’actions de grâce pour la paix, à l'Hôtel de ville de Vervins devant le cardinal de Florence, légat du pape en France, harangue qu’il publiait la même année avec quelques petits poèmes sur la paix qu’il dédiait à MM. de Bellièvre et de Sillery, à lu ville de Vervins et à madame de Coucy'.

Il faut croire que Lescarhot se fit recevoir avocat l’année suivante, car c’est ainsi qu'il se qualifie sur le titre de son Discours de l'origine des Russiens.. parue en 1599, traduction de Baronius dont le prince Aug. Galitzin a publié une réimpression en 1856.

Vers 1600, Lescarbot avait fait connaissance de Poutrincourt; peut-être eutil même à aider de ses conseils et de sa parole comme avocat, le digne seigneur dont les affaires étaient en fort mauvais état, ayant nombre de procès sur les bras; c’est ce qui expliquerait comment Lescarbot, d'avocat, fut amené à se faire colon et à participer à l’expédition de Poutrincourt en Acadie.

Parti de La Rochelle le 13 mai 1606, sur le Jonas, vaisseau de 500 tonneaux commandé par le capitaine Foulques, Lescarbot n’arriva à Port-Royal que le 27 juillet. « Certes la nôtre (navigation), dit-il plus tard”, fut fort ennuyeuse il y a trois ans, ayant été vagabonds l’espace de deux mois et demi sur la mer avant d'arriver au Port-Royal. »

À peine débarqués, les Français, encouragés par Poutrincourt et Lescarbot qui semblent avoir la foi, qui voient dans l’avenir, la grandeur et la prospérité de leur établissement, qui escomptent le regain de puissance qu’il donnera à la mère patrie, se mettent à l’œuvre, défrichant, ensemengant, améliorant l’installation primitive. C’est cette première phase, toute fébrile, de colonisation, qui est racontée dans la lettre que nous publions, lettre datée du 26 août, c’està-dire un mois à peine après le débarquement, et qui fut remise, quelques jours plus tard, à Pontgravé qui partit, à la fin du mois, pour la France où il allait donner des nouvelles de l’expédition et porter les pelleteries qu’on avait pu réunir,

Peu de temps après, Poutrincourt partait pour l’île Sainte-Croix ct les côtes voisines, laissant à Port-Royal Lescarbot en qualité de lieutenant; excursion dont il revenait le 14 novembre. L'hiver passa, rude aux pauvres colons à qui faisaient défaut toutes les commodités de la vie, couchés qu’ils étaient sur la dure, mal vêtus, peu nourris, mais toujours ardents au travail, pleins de confiance dans l'avenir, persuadés qu’ils allaient recevoir de France le secours dont ils avaient un si pressant besoin.

Puis l’été revint, les semences avaient bien levé et faisaient espérer une abon-

1. Paris, Morel, 1598, in-8°, pièce, Bibliothèque nationale, L',. 35. 732. Voir également : Actio gratiarum pro pace, ad illustrissimum principem Alexandrum Medicem, Florentiæ cardinalem et archiepiscopum... per Marcum Scarbotium. — Lutetiæ, F. Morellus, 1598, in-8. Pièce Lb. 35. 733, De ces deux pièces extrêmement rares, la seconde parait avoir été ignorée de M, A. Demarsy qui a consacré dans les Annales des voyages, 1859, une excellente notice à Lescarbot,

2. La conversion des sauvages qui ont été baptisés en la Nouvelle-France, cette année 1610, avec un bref récit du voyage du sieur de Poutrincourt. Paris, Millot, (s. d.), in-3", p. 13. :

3 Voyez : Rameau, Une colonie féodale en Amérique. Paris, Didier, in-18.

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