‹ Une lettre inédite de Lescarbot [microforme]Chapitre 6 sur 7 · DOCUMENTS POUR L'HISTOIRE DES COLONIES FRANÇAISES · texte numérisé non relu

DOCUMENTS POUR L'HISTOIRE DES COLONIES FRANÇAISES

grains beaux et prest à moudre comme sous auons veu au lieu où estoyent les À | cabanes des dictz sauuages. !

Nous pensions tout d’un train aller plus loing, mais ceux qui auoyent esté ! laissés icy ayant perdu leur barque au voiage de la descouverte de la terre, nous n’auons peu passer outre. Et neant moins je croys que nous yrons quant \ et quant! :e nauire qui nous a icy apporté d’un costé de France à l’autre, faire | ceste recognoissance de la coste iusqu'au 40 ou 35 degrez. ' Ce qui faict changer de demeure est un doubie subiet : (je laisse à part les considéraôns d'estat) premièrement le mal de terre, secondement la fainéantise des sauuages de ce quartier qui ne sont accoustumez au trauail. Or ceux qui 4 sont à 60 ou 80 lieues d’icy trauaillent et égratignent la terre, en sorte qu'ils en ‘ecacillent du mil et du bled d'Inde tel que j'en ay quelquefois veu en France, La terre est descouuerte. 11 y a plus de campague qu’icy en outre et de l'ambrusque ? en abondance, On m'a dict qu’il y en a aussy en quelque endroit

de ces cartiers, quoy que ce soit, le pays estant au 45 degrez et plein de beaux oh, costaux et fort propre à la vigne. Item des courges et noyers dont j’ay veu des fruicts. On me veut faire à croire que ce pais là est mille fois plus beau que ,

celuy cy et je n’en croy rien pour ce que le paradis terrestre n’eut sceu estre plus agréable que ce séiour.

Quant au mal de terre, le vray et certain remède, à mon jugement, est de brusler les bois et par ce moyen purifier la terre pleine de porrritures de bois : y tombés ab initio ; de laquelle le soleil attirant les vapeurs faict que l’air y soit À intempéré. Ce qui guérirait un autre mal, qui est de l’importunité de certaines # petites mouches rouges à longues (sic) pieds sortans d hois, desquelles il y a difficulté à se deffendre quand il n’y a point de vent, sy ce n’est une grande chaler:, laquelle el'es ne peuuent soustenir non lus que le vent ny le froid. Au reste un secret qui garde ce pais est que la mer, en esté, y.est presque tousiours contrainte d’éloigner la terre, laquelle autreiïsent est de soy incom- ‘id mode aux nauires par la multitude des isles qui la dauancew et l’auons eschappé belle une fois entre autres que nous nous trouuasmes presque sur les 4 brisans et y fussions tombé sans un éclaircissement de soleil que Dieu nous envoya, lequel disparut incontinant. Je suis trop long et vain de faire préjudice à vos parues par le destourbis que je vous fais.

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