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nui bouquinistes, les raretés autographes ou antres qui , sans eux, auraient aujourd'hui disparu. Ce que j'ai peine à concevoir surtout, c'est, comme je l'ai dit dans ce qui précède, la position offensive prise par l'administration de la Bibliothèque nationale en ce débat. Parce qu'on n'a pas su, depuis longtemps, surveiller suffisamment les trésors dont on avait charge, doit-on se croire autorisé a jeter, a ia petite armée des collectionneurs, — armée d'élite et dechoii, — une accusation de vol et de recel T. .. J'aimerais mieux qu'on l'adressât au public tout entier. Ooi, au public entier, et il y aurait de quoi soutenir largement cette accusation. Veut-on en effet ajouter une nouvelle preuve a celles que j'ai données déjà, du nombre immense de soustractions opérées par des mains inconnues a la Bibliothèque du roi 7... Ecoutez ceci qui date seulement de quelques jours.
Le mardi 29 janvier 1850, je me suis présenté au département des manuscrits, et j'ai demandé à faire une recherche dans les cartes, au nombre de plusieurs centaines, qui contiennent le dépouillement pièce par pièce, de la collection Colbert. Le conservateur chargé du soin de ces cartes, m'a répondu, — 1" qu'à moins d'avoir autre chose qu'un nom, il me serait impossible de rien trouver dans ce pêlemêle, attendu que primitivement, au lieu de ranger cet inventaire par ordre alphabétique, on l'avait divisé par ordre chronologique. Or, justement, je n'avais et ne pouvais avoir aucune date même approximative, pour la recherche que je voulais faire ; — 2° qn'eussé-je une date, je ne trouverais pas davantage, attendu que les cartes dont ii s'agit, étaient dans le pins complet pêle-mêle; qu'elles présentaient nne parfaite image du chaos et que, depuis longtemps, on avait renoncé a s'en servir.
« Nous sommes, m'ajouta cet honorable conservateur, dans un désordre dont il nous faudra vingt-cinq ans au moins pour sortir. Il y a ici de vastes collections (je le savais par le fonds Dupuy), qui ue sont ni paginées, ni timbrées, ni cataloguées. Tenez, vous voyez ces volumes (et il me montrait du doigt bon nombre d'in-folios, couverts en parchemin); ils appartiennent à notre magnifique fonds Samt-Germain, si riche et si étendu. £h bien ! je ne puis les faire relier avec le reste de cette collection parce qu'ils ont été mis au pillage. À tous
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il manque des pièces, et quelques-uns sont réduits au quart ou à la moitié de ce qu'ils étaient jadis. Or, noua n'avons d'antres moyens de constater ces soustractions que de garder ces volumes dans Itetat où vous les apercevez. Les feuillets en ont été enlevés; mais il y reste encore les ficelles, et, en l'absence de catalogue, c'est la seule preuve du vol que nous ayons.
t Pourtant, soyez tranquille ; les acheteurs et surtout les vendeurs d'autographes, n'ont qu'à se bien tenir. Il faut que nous exterminions leur commerce . On nous a pris, qne sais-je! peut-être dix mille pièces. Eh bien 1 peu-a-peu nous les ferons rentrer, et sans bourse délier. La plupart ne sont pas timbrées, c'est vrai ; mais il y a d'autres signes auxquels on peut reconnaître leur provenance, l'adresse pat exemple, on quelques mots de leur contenu. Or, dussions-nous avon vingt procès, nous réclamerons, nous arrêterons les ventes commfl cela nons est déjà arrivé ; et nous finirons bien, de gré ou de force) par réintégrer ici tout ce qui nous a été enlevé. »
Pour ma part je souhaite sincèrement, — (moins les voies et moyens, toutefois et surtout moins l'extermination du commerce des au-] tographes, car alors il faudrait aussi exterminer celui des livres, et! Dieu sait de quoi nous vivrions nous autres gens de lettres), — qun ce vœu de l'honorable conservateur se réalise. J'irai plus loin. Ja donnerai, je l'avoue, de grand cœur, ma modeste part de souscrip-*! tiou, pour nue couronne civique a décerner a M. l'administrateur! général de la Bibliothèque, le jour oit j'apprendrai officiellement que: les dix mille pièces autographes, dont l'enlèvement est avoué, ainsi qu'on vient de le voir, par MM. les conservateurs eux-mêmes, sont 1 enfin rentrées au département des manuscrits. ,
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Page ao et page Si, au lieu de tome 61-6S, llseï : lame Si. i
Page 3a, au lieu de Henri de Montiagne, lisez : Henri de Montaigne. \
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