ACTE DEUXIÈME
hier tu as fait une promesse irréfléchie^ tu voudrais
que...
NORA
Ce n'est pas pour cela^ Torvald. C'est pour toi, toimême» tu as dit qu'il écrivait dans les mauvais journaux^ il pourrait te faire tant de mal, j'en ai une peur épouvantable.
HÈÎ-MER.
Oh! je comprends ..Tu te seras souvenue de ce qui s'est passé autrefois et tu t'es épouvantée.
NORA
De quoi parles-tu ?
Evidemment tu penses à ton père.
NORA
Oui, souviens-toi de tout ce qu'ont écrit dans les journaux sur papa de vilaines gens. . et de toutes les calomnies qu'ils ont lancées contre lui. Je crois qu'on l'aurait destitué si le ministère ne t'avait pas envoyé ifaire l'enquête et si tu ne t'étais pas montré si bienveillant pour lui.
HELMER
Ma petite Nora, il y a une grande différence entre ton père et moi,. Ton père n'était pas un fonctionnaire inattaquable ; moi j'en suis un. et j'espère continuera l'être tant que je conserverai ma position.
NORA
Oh f qui sait ce que les mauvaises langues sont capables d'inventer. Nous pourrons étte si bien, si tranquilles, si contents dans notre nid paisible, toi, les enfants et moi! Voilà pourquoi je te supplie avec tant d'insistance.
HELMER
Mais c'est précicément parce que tu me parles en sa
byGoogk
faveur (|u'il ne m'est pas possible de le conserver. L'on sait déjà à la banque qu'il doit être révoqué. SI maintenant on savait que la femme du nouveau directeur Ta fait chaiiger de décision...
NORA
Eh bienf
HELMER
Non, peu importe naturellement pourvu que tu fasses triompher ta volonté I Peux-tu vraiment croire que j'irai me rendre ridicule aux yeux de tout le personnel, faire savoir que je dépends de toute espèce d'influences extérieures. Tu peux être certaine que les conséquences ne tarderaient pas à se faire sentir, et d'ailleurs, il y a une autre raison qui rend la présence de Krogstad impossible à la banque tant que j'en serai le directeur.
NORA
Laquelle?
HELMER
En ce qui concerne sa tache morale... à la rigueur je pourrais être indulgent...
NORA
Oui, n'est-ce pas, Torvald? -
HELMER
Surtout quand on me dit que c'est un bon employé. Mais je le connais de vieille date. C'est une de ces amitiés de jeunesse contractées à la légère et qui, ensuite, dans la vie, sont souvent une gêne. Pour tout te dire, nous nous tutoyons et cet homme a si peu de tact qu'il ne fait pas le moindre effort pour dissimuler en présence d'étrangers. Au contraire, il croit que cela lui donne le' droit de prendre avec moi un ton familier et à chaque instant c'est un tu par ci, un tu par là. Je te jure que cela m'est on ne peut plus désagréable. Cela rendrait impossible ma situation à la banque.
Goosle