AIGUS I IN K
C'est ainsi que vous me traitez ! monstre ! perfide ! Eh bien ! vous serez cause de ma mort, je me détruirai !
• ANTON Y
Oh ! nous la connaissons, celle-là.
AUGUSTINE
Non, je ne veux plus d'une existence qui m'est insupportable ! (Elle court à la fenêtre qu'elle ouvre toute grande.)
ANTONY. faisant un mouvement d'effroi et se levant.
Ah ! mon Dieu !
AUGUSTINE, mettant sa main au dehors et de son ton ordinaire.)
Tiens, il pleut... et moi qui n'ai pas de parapluie !...
ANTON?, à part.
Sapristi !... que je suis bète !... je m'y laisserai toujours pincer !
AUGUSTINE, revenant à lui.
Non,jeneme tuerai pas... vous n'en valez pas la peine, mais je m'en vais, je pars... je vous dis adieu pour toujours... vous entendez, Monsieur, pour toujours.
ANTONY
Oh ! j'entends très-bien !
ENSEMBLE
Air des Enfants terribles.
AUGUSTINE
Adieu, monstre abominable!
Cette fois, c'est pour toujours, • Que le malheur vous accable!
Qu'il empoisonne vos jours!
ANTON Y
Une maîtresse semblable, D'honneur, abrège mes jours...
C'est par trop insupportable!..
Finissons-en pour toujours!
(Augustine sort vivement par le fond, en jelant à la volée un carton de gravures qui est sur un fauteuil, à droite de la porte du fond.)
* Aug. Ant.
AIN KLM, puis bKAMUlK. ANT0NY, seul.
Ah!... c'est à prendre les femmes en haine !... et pourquoi cette querelle ? si je la trompais, encore ! je dirais : Elle se fâche pour quelque chose... mais je suis assez bè te pour ne pas la tromper... car je l'aimais, ce démon... oh ! mais, cette fois...
GRATTOIR, entrant par le fond*.
Monsieur, en s'en allant, mam'zelle Augustine a cassé le portemanteau pour battre les habits.
ANTONY
C'est bien !
GRATTOIR
C'est cinq francs, Monsieur.
ANTONY, les lui donnant.
Les Yoilà !
GRATTOIR
Merci, Monsieur, (voyant les gravures ù ierre.) Bon ! il paraît que
le COUp de vent a passé par ici î (il ramasse lés gravures et les remet en place.)
ANTONY
Oh ! qu'elle casse !... qu'elle brise î... mais ce sera la dernière fois... je ne la verrai plus !
GRATTOIR
Faites excuse, Monsieur, mais v'ià au moins une quarantaine de fois que j'entends dire ça à Monsieur... et, le lendemain, je vois toujours revenir mam'zelle Augustine !
ANTON Y
Grattoir, si elle revient maintenant, vous direz toujours que je n'y suis pas.
GRATTOIR
Monsieur sera-t-obéi.
ANTONY
Et vous l'empêcherez de s'installer ici.
GRATTOIR
Oui, Monsieur... si je le puisse. — Ah! je suis content que Monsieur ait rompu la paille ! — Moi , dans ma jeunesse, je n'aimais que les femmes du monde... parce que les grise ttes... on s'acoquine... eton -gâche sa position!..
ANTONY, avec impatience.
C'est bon !
GRATTOIR
Et puis, faut-il l'avouer à Monsieur cette femme-là aurait
fini par me faire tomber les cheveux !
* Ant. Grat.