‹ Une maitresse de Louis XIII (volume 3)Chapitre 4 sur 51 · MADEMOISELLE DE LA FAYETTE · texte numérisé non relu

MADEMOISELLE DE LA FAYETTE

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QuAîsD il s'était vu contraint de se séparer violemment de mademoiselle de la Fayette , de renoncer à cette douce intimité , la seule qu'il eut à la cour , ia seule dans laquelle il pût chercher parfois un refuge contre la tristesse et les ennuis qu'il tenait de son caractère, contre les inquiétudes et les tourmens qu'il devait à sa position, la peine de Louis avait été grande.

Il avait autrefois aimé mademoiselle d'Hau-

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tefort, Tille d'honneur de la reine et son amie ; mais soupçonneux , et naturellement timide et craintif, il s'était bientôt alarmé de l'affection que portait mademoiselle d'Hautefort à sa maîtresse. Il n'osait avoir pour confidente celle qui donnait toute sa confiance à la reine , et calculait tristement que ce lien, qu'il voulait former pour lui seul , pour la consolation de son cœur toujours navré , ne serait qu'un appât qui l'attirerait vers Anne d'Autriche ; un bien commun entre eux, une chaîne qui, en se resserrant, devait les rapprocher l'un de l'autre.

Comme il n'avait et ne voulait avoir avec sa femme que les relations réglées par l'étiquette de la cour , ( et surtout par le cardinal , aussi jaloux que son maître, mais seulement de ce qui pouvait entraver sa puissance ) il lutta longuement et vainement d'abord contre cet amour , qui le gênait dans ses habitudes domestiques et politiques.

La légèreté de mademoiselle d'Hautefort vint à son aide.

Elle ne ressentait près du roi que la vanité

MADEMOISELLE UE LA FAYETTE. Il

de l'avoir subjugué , et ne prenait pas la peine de cacher qu'elle n'était que flattée et non séduite par toutes ses prévenances .Louis s'aperçut même qu'elle avait l'oreille plus attentive et le regard plus tendre auprès du beau marquis de Gêvres qu'auprès de lui. Pour la punir dans sa tendresse, il exila le marquis; pour la châtier dans son orgueil, il feignit de vouloir porter ailleurs ses hommages. L'impitoyable fille prit en riant l'exil du marquis (peut-être afin de le faire durer moins long-temps ) ; mais on assure qu'elle ne se contraignit pas dans l'indifférence parfaite qu'elle montra en voyant le roi reporter à mademoiselle de la Fayette , l'une de ses compagnes , les préférences dont il l'honorait naguère.

En ne cherchant que la vengeance, Louis xiii trouva ce qu'il avait jusqu'alors inutilement cherché ; une amie véritable , qui compatit à ses peines , les partagea , et fit tout pour les adoucir; qui, à force de pitié, s'éleva pour lui jusqu'à l'amour le plus pur et le plus tendre !

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