‹ Une maîtresse de Victor HugoChapitre 41 sur 145 · DE 1830 A · texte numérisé non relu

DE 1830 A

L'histoire n'aurait (ju'à y gagner en exactitude.

Avait-il le sens du ridicule?

En 1830, le directeur du journal où il écrivait, Dubois, du Globe^ lui donna une paire de soufflets. Force lui fut de se battre. Comme il pleuvait pendant la rencontre, il s'abrita sous son parapluie \ On a cep<3ndant bien raillé M. Prudhomme et son immortel en-cas !

Avait-il conscience de la dignité?

Au moment où George Sand éprouva le besoin de se donner un nouvel amant, elle s'adressa à lui, le priant de lui en trouver un à son goût. Il accepta le plus simplement du monde, car il ne « répugnait pas du tout à s'occuper des amours d'autrui. » Il se mit en campagne, et « posa la candidature de Musset, en négligeant, d'ailleurs, de consulter le

1. Lettre de Paul Fouchcr à Victor Pa vie; Paris, 20 oct. 1830. — Léon Séché : Etudes d'histoire romantique : Sainte-Beuve... ; tome I, p. 63.

poète ^ » Soumis à Padmiration de M. Jules Troubat.

Etait-il discret?

A propos de cette même aventure, George Sand lui avait écrit des lettres intimes confidentielles. Ces lettres, dans le beau monde où il fréquentait, Sainte-Beuve « les prêtait aux jeunes femmes que de pareilles confidences pouvaient intéresser, » et elles (( circulaient ainsi de boudoir en boudoir, contenues dans une large enveloppe sur le dos de laquelle Sainte-Beuve effaçait à peine le nom des femmes auxquelles il les avait successivement envo^^ées^ » Le digne bomme! Il est bien vrai qu'il « observait toutes les politesses et les bienséances^ » A preuve.

Avait-il le respect de la vérité?

Oui, àTen croire. « Le vrai! le vrai seul! » vaticinait-il dans les Nouveaux lundis. Etait-ce donc le « vrai » qu'il disait quand, effrontément, il affirmait que Balzac avait toucbé 3.000 francs pour dire du bien de Stendhal, de Stendhal qui n'avait pas le sou? « Où Stendhal, observe avec une finesse souriante M. Jules Claretie, où Stendhal,

1. Léon Séché, Alfred de Musset à Fontainebleau ; Mercure de France, vol. LX, 15 mars 1906, p. 162.

2. Vicomte d'Haussonville, député à l'Assemblée nationale, C.-A. Sainte-Beuve, sa vie, ses œuvres; Paris, 1875, in-18, p. 189.

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