Une Maladie De La Barbe De Capucin
arrosages ont assez bien réussi à effectuer des fécondations à l’époque normale de l’apparition de ces organes fécondateurs. Le même fait, par le même procédé, avait du reste été déjà constaté l’an dernier, à pareille époque.
La seconde Hépatique est le Pellia calycina Nees. On trouvera sur cette espèce une Note fort instructive du D r Ripart, dans le Bulletin, t. XV, p. xvin (1868). L’année précédente, M. Bescherelle et moi, nous avions été assez heureux pour récolter, en compagnie du D r Goltsche, dans le marais de Trivaux (bois de Meudon), cette rare espèce, qui, je crois, n’avait pas encore été signalée en France. Quoi qu’il en soit, je ne l’avais pas revue depuis lors, quand j’eus le plaisir, il y a près de deux ans, de constater deux fois sa présence dans la forêt de Marly. Les échantillons que j’y avais recueillis ont été cultivés en serre froide et se sont conservés en très bon état dans des terrines maintenues fort humides. Par suite de fréquents arrosages, quelques fécondations se sont produites au mois de juillet dernier : le petit nombre des fructifications actuelles le prouvent suffisamment. Mais la plus grande partie des thalles est restée stérile et s’est développée sous cette forme multifide, caractéristique de l’espèce, signalée dans la diagnose qu’en a donnée Dumortier dans ses Hepaticœ europœœ : « Pellia dicholoma , segmentis elongatis laie linearibus palmatifidis ...»
Pour arriver à la première des localités dont j’ai parlé ci-dessus, on se rendra de la station de Saint-Nom la Bretèche-Forêt de Marly, en longeant le mur de la forêt, par un sentier qui aboutit au pont du chemin de fer, dans l’allée qui conduit à l’Étang-la-Ville : le Pellia calycina se trouve dans cette allée même, non loin du pont, dans une déclivité humide, avec VAnthoceros lœvis. L’autre localité est, un peu plus loin, dans une allée fraîche et ombragée, tout près du carrefour des Trois-Chênes.
M. Prillieux fait à la Société la communication suivante :
UNE MALADIE DE LA BARBE DE CAPUCIN; par M. Ed. PRILLIEUX
La culture de la Chicorée étiolée en cave pour produire la salade d’hiver connue sous le nom de Barbe de Capucin a, autour de Paris, une importance considérable ; elle permet aux maraîchers d’utiliser leur personnel pendant la mauvaise saison et de conserver leurs domestiques toute l’année.
Les Chicorées sont semées dans les champs au mois d’avril ; dans le cours de l’année leur feuillage n’est utilisé que comme fourrage pour
les animaux. Au mois de novembre, quand les froids ont détruit les salades vertes, on commence à déplanter, au fur et à mesure des besoins, les pieds de Chicorée que l’on veut étioler en cave. On continue à déplanter et à préparer la Chicorée, pour l’étiolement, depuis novembre jusqu’en mars.
La préparation des plants consiste à rhabiller les racines et à couper la tige à 1 centimètre et demi du collet; puis on les réunit en grosses bottes en mettant tous les plants au même niveau et on place les bottes en cave sur une couche de fumier. On maintient dans les caves une température constante de 25 degrés en les chauffant, quand cela est nécessaire, à l’aide de poêles et l’on arrose deux fois par jour avec de l’eau fraîche. La production de la Barbe de Capucin est obtenue, dans ces conditions, en quinze ou vingt jours de forcement.
Cette très intéressante culture est parfois dévastée par une maladie que les étioleurs désignent sous le nom de Minet. Quand on a par mégarde mis, dans une botte destinée à l’étiolement, un pied de Chicorée déjà atteint du mal dans les champs, l’altération se propage dans la cave avec une extrême rapidité, envahissant la botte entière, puis les bottes voisines et bientôt la culture tout entière. En quelques jours tous les pieds disposés pour l’étiolement pourrissent sous les atteintes
du Minet.
Au moment de l’arrachage dans les champs, les cultivateurs reconnaissent un certain nombre de racines présentant les symptômes du Minet, qui consistent en ce que, près du collet, elles sont amollies et gluantes.
Placés dans l’air humide et chaud des caves à étioler, les pieds attaqués se couvrent d’un revêtement léger de filaments d’une grande ténuité qui forment, à la surface du collet, des tiges et des feuilles, un fin duvet blanc. Ces filaments blancs sont ceux du mycélium du Champignon parasite qui cause la maladie en se développant à l’intérieur des tissus de la Chicorée. Au dehors, où il s’épanouit quand l’air est humide, il se pelotonne par places et forme, à la surface de la Chicorée malade, de petites masses qui ne dépassent pas la grosseur d’un grain de Millet et qui, d’abord d’un blanc mat, noircissent plus tard; ce soiit des sclérotes.
On sait qu’une Pezize à sclérotes ( Sclerotinia) attaque de la même façon diverses plantes en végétation, les Haricots, les Fèves, les Topinambours, etc., et qu’elle détruit assez souvent de grandes quantités de tubercules de Carotte et de Topinambour emmagasinés dans des caves.
Il est vraisemblable d’attribuer la maladie du Minet à une espèce de
Sclerotinia voisine du Sclerotinia Libertiana. Le mycélium parasite
T. XL. (séances) U