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CHAPITRE V

| Objections à la Méthode d’Hystérographie Externe de M. le Professeur Fabre

Nous n'avons pas eu la prétention en décrivant la méthode d'hystérographie externe de M. le Professeur Fabre d'exposer un procédé parfait, exempt de critiques. Un tel procédé, en la matière qui nous occupe, ne verra sans doute jamais le jour. | Notre maître savait, quand il conçut l’hystérographe, que cet appareil serait l’objet de quelques objections. Il

s’est efforcé d'y remédier dans la mesure du possible :

a-t-il réussi? + Et tout d’abord quelles sont ces objections? Nous pou-

vons les formuler : I. — Est-ce vraiment la contraction

-utérine qu'inscrit l'hystérographe? II. — L'appareil ne

pacs

provoque-t-il pas des contractions anormales? III. — En

même temps que la contraction utérine, d’autres phéno-

mènes s'inscrivent sur les tracés.

Première objection : l'hystérographe inscrit-il la contraction utérine? — Etant donné le principe de la méthode nouvelle, cette objection doit être envisagée avec soin : en effet, il ne paraît pas évident que l'appareil, en contact par un bouton avec la paroi abdominale, soit influencé par la contraction de l'utérus. L'’épaisseur de la paroi abdominale est considérable, et même en agissant au voisinage de l’ombilic, il existe toujours une couche importante de tissu entre le muscle utérin et l'hystérographe.

Les muscles de la paroi se contractent, la distension de l'intestin, le volume variable de la vessie sont autant de conditions qui paraissent devoir annihiler les effets de la

contraction utérine et diminuer beaucoup la sensibilité de

l'appareil.

Pour répondre à celte objection, M. le Professeur Fabre a pris deux tracés simultanés sur le même cylindre enregistreur avec deux tambours de Marey : l’un, actionné par l’hystérographe donne un tracé qu'il désigne sous le nom de « /yacé externe » ; l’autre. tambour est en communication avec un ballon intra-utérin, il fournit un « #racé interne ». (1)

Si l'on examine comparativement les deux tracés, on constate qu'ils diffèrent sensiblement d'aspect. Le tracé inierne

(1) En ce qui concerne la description du dispositif permettant la prise simultané de ces deux tracés, nous renvoyons au travail de notre camarade, le docteur Streissel. (Une méthode d’hystérogra- Dhie interne, thèse de Lyon 1913.)

est essentiellement constitué par une ligne rette, ondulée, et cette ondulation due à la respiration et visible seulement sur les tracés rapides, est très marquée quand l’appareil fonctionne avec la sensibilité maxima. Une secousse brusque qui augmente d'intensité, interrompt la contraction utérine pendant la période de diminution ; les efforts de toux, les soupirs, les mouvements de l'enfant, sont représentés par des soulèvements brusques du style, formés par un aller et retour sans intervalle.

Le tracé externe donne des indications très exactes sur la durée et l'intensité des contractions utérines.

Le relèvement de la courbe qui indique le début de la contraction se produit en même temps sur les deux tracés, et s'il y à un écart sur les graphiques, cela vient de ce que les deux styles n'étaient pas sur la même génératrice du cylindre enregistreur. La forme du sommet de la contraction est du même aspect dans les deux courbes, la ligne de descente suit la même direction ; si l'on n'est pas prévenu, On peut les confondre.

La différence d'aspect entre les deux tracés vient de ce que la ligne de pause entre les contractions n'a pas toujours la même direction, de ce que l'intensité des contractions ne paraît pas absolument identique dans l’un et l’autre, de ce qu'enfin l'influence des mouvements de l’enfant, des mouvements brusques de la malade — toux, soupirs, grandes inspirations — est beaucoup plus marquée sur le tracé externe que sur l’interne.

Deuxième objection : l'hystérographe provoque-t-1l des contractions anormales? Une des principales critiques que

l'on peut faire aux méthodes d’hystérographie internes,

outre, nous l'avons vu, qu’elles sont dangereuses pour les malades qu'elles peuvent infecter, repose sur les modifications de l’excitabilité du muscle utérin, qui résultent de l'introduction d’un ballon ou de tout corps étranger dans la cavité utérine.

Nous savons que tout corps musculaire, quand il se trouve en contact avec un corps étranger capable de l’exciter, répond à cette excitation par des contractions le plus souvent différentes de celles que lui imprime normamalement l’influx nerveux. Et le muscle utérin ne fait pas exception à cette règle.

Or ne pourrait-on pas invoquer contre l'hystérographe de semblables phénomènes? — De même que l’ampoule de caoutchouc du Tocodynamomètre de Schatz, de même que le ballon du Tocographe de Poullet et Polaillon, de même sans doute que la pelote de Schaeffer, l'hystérographe en place ne pourrait-il pas par son bouton d’ébonite déprimant assez fortement la paroi abdominale et par la ceinture qui le mainüent, exciter l'organe utérin *t modifier son rythme normal ?

Remarquons tout d’abord que si cette influence s'exerce, elle est au moins très atténuée, et se fait infiniment moins sentir qu'avec les appareils usités dans les méthodes d'hys térographie internes. Tandis qu’en effet avec ces derniers, le corps étranger qui en la circonstance est le ballon de caoutchouc, se trouve directement en contact avec le muscle utérin, sans interposition d'aucune couche musculaire ou cutanée, avec l’hystérographe au contraire, les muscles droits qui forment la paroi abdominale, la couche souscutanée qui les recouvre, le péritoine et le tissu cellulaire

sous périlonéal qui leur sont sous-jacents, forment un cous-

LÉSES VOLE Sinnet capable d'atténuer dans une certaine mesure l'in: me fluence de l'appareil.

La mise en place de la ceinture abdominale n’agit que faiblement sur l'utérus, et très souvent nous avons pu laisser celte ceinture en place pendant plusieurs heures sans provoquer l'accouchement, même alors qu'il existait des contractions. Les malades n’ont accouché que ASUS jours après la fin du tracé.

Cette influence se fait cependant sentir, et il est incontestable que pendant la grossesse l'application de lhystérographe est suivi d’une exagération de la contractilité utérine, et sur certains tracés nous avons pu relever cette exagération, se traduisant par des ondulations plus fréquentes et plus intenses. Mais après un certain temps qui peut varier siuvant les cas de 15 à 20 minutes, une demi-heure au plus, on voit les ondulations de la courbe s’espacer et diminuer insensiblement de hauteur, et bientôt le rythme utérin est redevenu normal.

Le même phénomène se produit pendant la période d’expulsion au cours de laquelle la ceinture agit comme tous les modes de compression de la paroi abdominale, c’eslà-dire qu'en s'opposant à la projection en avant de l'utérus, sous l'influence de la poussée, elle donne un point d'appui fixe à l'effort et ainsi aide à la progression du fœtus.

Pendant la délivrance cette action devient beaucoup moins nette, pour disparaître complètement pendant les suites de couches.

- Nous admettons donc la critique, mais en la réduisant à une exagération passagère de la contractilité dans les instants qui siuvent la mise en place de l'appareil. L'application de l'hystérographe ne modifie que dans des pro-

"robe portions très faibles la contractilité normale de l'utérus et l'inscription est prise dans des conditions qui Correspondent à la réalité physiologique.

Troisième objection : D'autres phénomènes s'inscrivent sur Les tracés en même temps que la contraction. — La pelote de Schaeffer, nous l'avons vu, enregistrail la contraction, mais n'enregistrait pas que cette contraction. En est-il de même de l’hystérographe? Ne pourrait-on pas invoquer que le bouton qui commande toute l’inscriplion, étant en rapport avec l'utérus à travers la paroi abdominale, on doit inscrire d’autres mouvements que ceux du muscle utérin et obtenir des tracés très difficiles à lire? — Notre maître affirme que semblable fait ne se produit pas, et dans bien des cas le tracé externe est d’une pureté qui étonne ; il suffit pour cela que la ceinture applique exactement l'appareil. Ce n’est pas tant la grande constriction qui agit qu'une immobilisation relative de la paroi : les lamelles métalliques placées sur les parties latérales de l'hystérographe sont destinées à obtenir ce résultat, qui est obtenu plus complètement encore en interposant entre lappareil et la paroi la plaque de plomb.

Quelquefois cependant el malgré toutes les précautions, les mouvements respiratoires s'inscrivent d’une façon persislante : la tension ulérine, dans les cas d'hydramnios par exemple, est alors souvent en cause. Le graphique est alors formé par une série de hachures dont l’ensemble reproduit les contractions utérines : en faisant varier la pression du ressort, on atténue cet inconvénient. La courbe reste malgré tout très lisible.

Les efforts, les mouvements des malades passent inaper-

us s'ils sont modérés et cela grâce à la légère élasticité

de la’ sangle : s'ils sont exagérés, ils s'inscrivent sous la forme d’une ligne verticale, très facile à distinguer à pre-

4 mière vue de l'ondulation qui traduit la contracuon. Les g de se trouvent reproduits sur certains :

tracés sous forme de brefs crochets. \

En résumé, l'hystérographe inscrit bien la contraction | utérine < il ne modifie que très faiblement et de façon | tout à fait passagère la contractilité du muscle ; la pré- sence, d’ailleurs rare, sur les graphiques d’oscillations représentant d’autres phénomènes, n'en gêne aucune-

ment la lecture. 2

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