‹ Une mine de souvenirs: pour être exploitée par mes chers compatriotes sous la protection de Marie ImmaculéeChapitre 21 sur 22 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Laïfor ce expansive des Ù proteclorais

ep 7 OYONS ce qui a été fait pour la e &\ création de cinquante-deux pa:

roisses et missions dans la Saskatchewan, en peu. d’années.

I y a dans la Saskatchewan des centres qu’on appelle “Les centres allemands” et qui s’appelaient autrefois “la prairie”.

Le mouvement colonisateur est venu

des pères bénédictins du Minnesota. Ceux qui connaissent un peu l’histoire de l'Eglise savent qu'il n'y a pas une seule commü- “mauté religieuse qui ait plus fait pour la conversion de nos ancêtres barbares que l'Ordre des Bénédictins, qui a donné plus de 50 papes à l’Eglise, des milliers de prètres et d’évêques, et.dont les monastères ont été les premiers monuments des principales villes de l’Europe. Chaque monas- . tère était une maison d'éducation. Les en-

fants des premiers défricheurs de l'Europe

- venaient s "y instruire dés sciences profanes et religieuses. Ces Pères sont venus faire dans la Saskatchewan ce qu'ils ont fait dans l'Europe 500 ans après Jésus-Christ. .

Les Pères Bénédictins ont accompagné en Amérique les premiers émigrants d’Al- + 27 :

lemagne qui venaient demander aux Etats- . Unis un morceau de terre, une seigneurie pour leurs enfants. Comme chacun le saït, les Allemands catholiques émigrent en bande, en paroisse. La première chose qu’is font est de construire une école qui, le dimanche, sert de chapelle. Ces premiers habitants ont tôt fait de devenir riches, car toute la famille travaille au champ: hommes et femmes, garçons et filles. Les Allemands catholiques-se sont répandus dans l'Ouest. Le diocèse de St- ‘Cloud, Minnesota, est presqu’entièrement allemand. Bientôt la population devint dense; les paroisses ‘étâient remplies. ' On ne- voulut pas laisser la jeunesse païtir à la bonne aventure. On s’organisa pour al-

*: ler former des paroïsseés dans de riches

. terres nouvelles. Des connaisseurs vinrent visiter, la Saskatchewan, le gouvernement canadien réserva un terrain aux Allemands, et: aujourd’hui les Bénédictins ont vingtdeux chefs-lieux de prière. Tous ont le grand bonheur d’avoir gardé leur foi. Mais leur grand succès dépend ‘de ce que les riches ont aidé les pauvres dans'les premières années. Et cela sur un simple billet promissoire, avant même que fussent oc- -troyées au débiteur ses lettres patentes.

Un banquier de Saint-Paul, Minnesota, qui .

avait aidé plusieurs amis, m'a dit qu’il n’avait pas encore perdu un sou-et qu’il avait

établis seigneurs, “landlords” , plus‘de vingt . colons de son sang.

Le mouvement allemand s’est répandu dans toute la Saskatchewan. Les: Pères Oblats desservent vingt-et-une paroisses ou missions, les prêtres séculiers ont dix paroisses. Quelle joie pour l’Église catholique de constater que le royaume de Jésus s'établit dans les prairies par les Allemands, les Galiciens, Polonaïs et. Ruthènes, les Canadiens, et aussi, quoique moindrement, par lès Irlandais et les Ecossais.

‘Nous espérons, amis lecteurs, que vous unirez vos prières à celles de Nos Seigneurs les Evêques, des membres du clergé et des communautés religieuses pour demander le triomphe social du règne du Sacré-Coeur, à l’anéantissement duquel les radicaux “veulent pousser les gouvernements. Pour eux, l'Eglise catholique n'avance pas, elle

. s’obstine toujours à à faire croire aux peu- - ples qu'il y a un ‘enfer. Quelle arriérée, n ‘est-ce pas?

"Le système de protecteurs qéé nous

En proposons est le même que'je proposais il

7" y.a 38 ans, en 1881. Comme vous allez voir

‘le. bénéfice, des protecteurs est basé sur la

Li plusivaluérdes terres, l'augmentation d’un capital. placé. sur le - sol. ‘

Fe Un colon 4 qui veut être colon trouve un

prétecteur ou une sotiété” patriotique ert

-attion lui en trouve un. Il va choisir un lot

- a ce .È n le 2 5 . DR

dans les limites” d’une futlre paroisse où il y a des chemins carrossables qui sont à se faire; il est intéressé à y travailler luimême. Il va trouver son protecteur et Jui pose le marché suivant: “J’ai 100 acres de terre; je vais vous en céder 40, avec lequel vous pourrez former un bel établissement.

J’en ai assez de 60 acres que je ne pourrai pas tout cultiver avant 20 ans. Je vous demande de m’aïder les premières années, et voici comment vous pourrez le faire.

“Je vais vous défricher 10 acres de

terre à $100 l’arpent, ce qui va me faire subsister les premières années; j’aurai le produit entier de tout le terrain défriché d’une manière cultivable, pendant 7 ans.

Vous me paierez par arpent au fur et à mesure du défrichement, excepté pour le premier arpent où vous voudrez bien me fournir les $100 tout de suite. Si vous pouvez vous passer de l'intérêt pour sept ans, vous le retrouverez certainement plus tard dans la vente de votre terre. /

“Vous aurez une belle terre à veñdre avec 10 arpents en culture, au milieu d’un district habité, ayant un bon chemin pour aller au marché et'à l’église. Si vous aimez mieux la garder, vous y établirez peut-être votre fils, un neveu ou un bon serviteur.

Dans tous les cas, vous:n’aurez rien perdu, car votre terre vaudrà plus que l'argent que

vous m’aurez avancé. Je me procurerai:

nd

LN

aussitôt que possible mes lettres patentes.

Vous en jouirez pour la possession de votre lot, car j'espère en même temps faire quelques arpents de terre sur mon lot et me bâtir quelques édifices temporaires. Ce faisant, monsieur, vous ferez deux heureux et vous donnerez une famille de plus à la patrie.”

Le protecteur bienveillant lui répondra : “J’accepte le marché parce que je suis content de faire deux heureux et parce que j'aime ma patrie de tout mon coeur. Je l'aime non seulement en paroles, non seulement le jour de la Saïnt-Jean-Baptiste, mais en actes.et tous les jours de ma vie.

J'aime surtout à aider les jeunes gens à conserver leur foi.

“Tu me dis, cher protégé, que je donne une famille à la patrie. ; Permets-moi de dire qu’en regardant dans le passé, je vois que notre population catholique de moeurs pures, craignant Dieu, se double à chaque 25 ans. 14,000 familles françaises (70,000 âmes) ont produit trois millions en 150 ans, de 1761 à 1911, c’est-à-dire 220 sujets chacune à la patrie terrestre, et à celle du Ciel, espérons-le. Si nos 5,000 voyageurs des boïs qui bûchent pour enrichir les autres voulaient bûcher pour eux, en imitant nos ancêtres, ces 5,000 chefs de famille auraient une postérité canadienne de 1,100,000 ‘avant même que le Canada soit sorti de l’enfance.

Si nos 200,000 familles qui sont aux Etats-

Unis étaient à travailler dans les prairies

de POuest, quelle force nous aurions pour :

propager par le moyen des” paroisses l’enseignement de Jésus-Christ hors duquel il n'y a pas de salut pour les nations.

“Sois assuré, cher protégé, que je t’aiderai à t’'établir d’une manière permañente dans une nouvelle paroisse.”

H est inutile de dire que ce protecteur peut faire des arrangements encore plus avantageux pour le colon. Le but proposé est celui-ci: aider le colon à s’établir d’une manière stable sur son lot.

J'ai à vous dire, amis lecteurs, qué.ce système de protection n’est pas nouveau.

Le célèbre économiste français / Claudio Jeannet a bien voulu me faire connaître dans une lettre écrite de France que ce système était vieux de 1,000 ans, qu’il avait décroché la médaille du succès conférée :

par l’expérience; que pendant le 9me ‘ét le 11me siècles, le défrichement s'était fait

de cette manière en Europe et que les travaillants devenaïent par ce moyen pro-

priétaires, et rachetaient leur liberté.

Que de mercenaires dans notre pays pourraient racheter leur liberté s’ils avaient un protecteur charitablement intéressé!!

Quel immense bien pourrait faire un syn-

dicat de patriotes qui -exploiterait le bois

marchand des colons en échange du défri-

s chement d’une partie de leurs lots. Un tel syndicat s’enrichirait et rendrait heureux des milliers de colons.

Sans doute le colon aura à travailler, mais pas plus qu’il ne le ferait dans un autre. métier; il travaillerait certainement beaucoup moins le dimanche. Il pourra se reposer dans un spacieux chantier plus salubre.que les maisons de pierre de nos villes. Dans son chantier où il est plus confortable que dans un palais étranger, le colon mangera trois fois par jour, aussi souvent que le roi d’Angleterre et peut-être de meilleur appétit On ne peut pas dire d’un colon qui est assuré de ses trois repas par jour, .de ses habits et de son gîte, qu’il est pauvre. Ï n’est pas nécessaire d’être vêtu de soie et d’avoir un piano dans sa maison pour être un vrai seigneur canadien dans toute la force du mot.

Nous résumerons en disant: “Toutes les forces politiques de la nation doivent s’unir pour obtenir .d’abord des chemins.

Toutes les sociétés Saint-Jean-Baptiste ou de colonisation qui ne veulent pas être des zéros en fait de patriotisme pratique, doïvent se mettre à la recherche de protec-

teurs. Ils en trouveront beaucoup parmi les

pères dé famille qui deviendront les protecteurs de leurs enfants pourvu qu ils puissent se rendre en voiture à leurs lots et à la chapelle.

Que l'agent du gouvernement ne livre

des billets de location que sur des lots de ‘bonne terre arable. On a déjà trop essayé

à coloniser sur du sable et des roches pour le malheur du pays et degrands colonisateurs ont manqué sur ce point. Que l’on complète une paroisse avant d'ouvrir un autre canton. ‘

À ces conditions l’oeuvre de la colonisation est assurée, je croïs; car n'oublions pas que notre peuple aime la terre, qu’il a toujours devancé les chemins, et cela au prix de très grands sacrifices de temps et de travaux héroïques pour s'établir Sei- .

gneur sur Sa terre.

N'oublions pas que lors de l’émigration en masse aux Etats-Unis, après la guerre de Sécession, nos compatriotes partaient le coeur bien triste en laissant leurs églises et leurs morts derrière eux. Ils vendaient leur roulant maïs gardaïent leur terre, avec l'espérance de revenir à leurs foyers, une fois leurs dettes payées. Mais les ‘délices de Capoue les ont séduits. Ils se sont établis en terre étrangère, mais nos prêtres les ont suivis et ils’ont gardé leur foi. Que Dieu en soit béni! Mais la patrie les pleure: —,

Maintenant que l’on cultive avec plus d'intelligence, il y a espoir que nos nou- ‘velles colonies se maïintiendront, que de nouvelles paroisses se formeront nombreu-

‘ ses, que de nouveaux diocèses s’établiront

Page 1