‹ Une mine produisantChapitre 2 sur 19 · AA LS · texte numérisé non relu

AA LS

changer une vaste forêt en un grenier fertile, devant alimenter plus tard toute la Province de Québec.

Que chacun de vous se mette bien dans lesprit que tout ceci n’est écrit que pour la plus grande gloire de Dieu et le bien de notre Patrie commune. Rien de moins ne saurait être :e mobile des actions d’un missionnaire des sauvages, que vous connaissez et qui a déjà frappé à la porte de vos cœurs, pour attirer votre Commisération en faveur de ses enfants de la forêt. Je me rappelle votre générosité, et je crois acquitter une partie de la dette de reconnaissance que je vous dois en vous présentant ces notes qui, je l'espère, vous seront de quelque utilité.

Voyageur par état, fils d'un cultivateur, je connais le sol de mon pays d’un bout à l’autre. dJ’ai vécu avec vous autres, mes chers habitants ; je n’ai mangé le pain de boulanger que par exception; et le pain noir, quand j'en ai, est encore ma nourriture. de connais les fatigues du colon au milieu de ses forêts, et les mouches qui le tourmentent sont mes compagnes de vayage dans mes courses continuelles à travers les bois. Braves colons ! après une journée de fatigue, que de nuits nous avons passées sans dormir | Je connais la vie de nos marins, j'ai partagé leurs dangers ; j'ai mangé dans la gamelle du voyageur des chantiers et j'ai vu notre demi-million de Canadiens qui travaillent dans les manufactures de l'étranger. J’ai été le confident des Lo

rances et des déceptions de chacune de ces classes ; jen parlerai donc en connaissance de cause. Dans cette vallée de larmes, qu’on appelle la terre, je connais quels sont ceux qui en versent le moins et quel est le moyen de sécher celles que la perspective d’un triste avenir fait répandre. Ce moyen, je viens vous l'indiquer. Il a réussi à des milliers, pourquoi ne réussirait 1l pas encore ?

Je compte donc sur votre attention. Ne craignez rien, je serai simple, peut-être incorrect, mais je parlerai votre langage. Je suis de l'avis de ceux qui prétendent qu’il vaut mieux se taire que de parler sans se faire comprendre. D'ailleurs j'ai soumis mon livre à la critique. de l'ai lu à trois habitants, retranchant ce qu’ils ne comprenaient pas et laissant ce qu’ils trouvaient de leur goût. D'autant plus que j'ai lieu de croire que ce livre ne verra d’autres rayons que ceux de votre armoire. Cest là toute mon ambition. Au collége, je me rappelle avoir eu un accessit d’arithmétique : ce titre est trop faible pour me permettre de me présenter devant le monde littéraire. Si je pouvais seulement empêcher, par cet écrit, un de mes compatriotes de partir pour les Etats, je serais satisfait.

Vous lirez ces notes au coin du feu. Dans cette visite-ci, je vous entretiendrai durant trois veillées. Certains auteurs divisent leurs ouvrages en sections, paragraphes, alinéas pousse nous ne comprenons en Canadien jusqu'aux ongles, nous diviserons

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