‹ Une minute trop tardChapitre 10 sur 14 · RÉCITATIF · texte numérisé non relu

RÉCITATIF

Sitôt que le sommeil aura fermé tes yeux, Je saurai si tu mens ou si je dois te croire, Et je vais m assurer, brigan 1 astucieux. Que tou adroit récit ti'éfait que balançoire. (Anténor se met à ronfler.) Air :

Ah! bravo, tout va bien.

Il ronfle, le vaurien,

Comme une contrebasse;

Je vais pouvoir enOn,

Si c'est bien mon gredin,

Sur lui taire main basse

(Anfénor fait un rnouvcTtient comme s'il se réveillait.) Ton œil est murne et ton front soucieux ; Quelques instants, enfant, sommeille encore. Et pui?ses-tu d'un lonfl'jmeut sonore Accomjiosner mes chants mélodieux.

Et toi, Morphée, ô Dieu que je révère. Sur ce bandit, répands tous tes pavots; 0 bon Morpliée, exauçant ma prière.

Fais-le dormir comme plusieurs sabots!

Silence! silence I

Voyons : (il prend dans sa poche un papier sur lequel est écrit le sîgna-

leni^fnt de Corbichard.) Chevcux chàtaius... les sicns sont blonds... mais on les teint si bien aujourd'hui; ma femme c^ui-a ies chev( ux du plus beau bloud^ « vous la voyiez -co m nte moi quand elle-frtit^a toi-tette du matin... Mais if ne s'agit pas de cela; yeux ordinaires... Tiens les siens sont fermés; front ordinaire, nez niNJinaire, Menton ordinaire, teint ordinaire, tout cela est de b |)lus scrupuleuse exactitude, signe nartirulier, u»)«-èeottàie.à...' Ah! bigre, si je pouvais adroitement... (u reiè*ft-<k*«««»ean«- ^iaa ^e ^ '<^^^'^^ la - r*«Uagote d'Antenor.) Oui, mais Ça serait trop difficile. Taille un ^ '^'"") mètre cinquante-trois centimètres... J'ai justement mon mètre

sur moi (u cherche à mesurer Anléuor, qui remue sans cesse.) Ah çà!

cet animal-là ne peut donc pas rester tranquille, voyons; allons, bon, je trouve deux mètres vingt-sept centimètres, ça n'est pas vraisemblable. Ça ne fait rien, mes soupçons se changent en

certitude et je vais... (u aperçoit un portefeuille dans la poche d'Antenor.)

Tiens, un portefeuille, il doit contenir ses papiers: une, deux,

enlevé, (u prend le portefeuille, Anténor se réveille ^

ANTÉNOR. Hein! (Arsène cache \ivement le portefeuille dans la poche

de côté de son habit.) Quel rêve ridicule! A\ez-vous vu le nouvel orang-uutaug du jardin des plantes?

ARSÉKE. Celte question?

ANTÉNOR. C'est que je rêvais que celte horrible bête se penchait sur moi et me volait ma montre.

ARSÈNE. Hcinl

ANTÉNOR. Ce qui m'étnnnait d'autant plus que ladite montre est au clou depuis bientôt deux ans.

ARSÈNE, à part. Une idée... si je l'arrêtais ! Il est maigre, je suis puissant...

AMÉNOR, qui a fouillé dans ses poches. Ah çà ! je n'ai pluS mon

portefeuille. Est-ce que par hasard... Mais au fait, j'étais seul avec cet homme... "Ah! nous allons voir.

ARSENE, à part. Tant piS, je me risque. (Us oiarchentrun vers l'autre. )

Voleur de bague!

ANTÉNOR. Voleur de portefeuille!

ENSEMBLE. Mousicur, permctlcz-moi de vous dire que vous êtes un voleur.

ANTÉNOR. Comment?

ARSÈNE. Ah ! c'est trop fort.

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