‹ Une mission médicale en KabylieChapitre 29 sur 44 · XVIII. — Araphroduib · texte numérisé non relu

XVIII. — Araphroduib

Dix-huit individus se sont présentés à nous pour le fait |i*iinpuissauce exclusivement. En dehors de la visite, un aussi grand nombre au moins nous ont accusé le même fait et scU licite des remèdes.

Parmi ces impuissants, il y avait des catégories diverses.

Les uns étaient des jeunes gens, des jeunes mariés que Tabus avait énervés. Chez quelques-uns^ rimpuissancen*étai(

que relative : Tun d'eux nous accusait de Timpuissance avec sa femme seulement y un autre nous accusait une disposition précisément contraire.

Les exigences de la femme étaient quelquefois pour quelque chose dans ces démarches. L'un d'eux nous dit que sa femme lui reprochait de n'avoir pas plus de sexe qu'elle. Un jeune homme de 25 ans, des Yahya, nous demandait instamment un remède, craignant que sa femme ne vînt se plaindre au bureau et ne soUiciiât le divorce.

Bien souvent c'étaient des vieillards ayant atteint ou dépassé la soixantaine, aiïeciés parfois d'autres infirmités. Un Kabiie des Ouacif, âgé de 60 ans, atteint d'engorgement abdominal, nous demandait en même temps un remède pour ranimer ses faruliés viriles. Comme nous lui faisions observer son grand âge, il nous répondit que chez lui les cheveux seuls étaient vieux.

Généralement, en se présentant à n>us, les malades nous adressaient celte question : « As- tu un remèie pour le nefs? n Cette expression de ne/i^, qui signifie proprement esprit, âme, s'emploie aussi, dans la bonne société, en remplacement d'une expression triviale, dans le sens du mentula des Latins. D'aucuns se disaient vides, d'autres à sec.

Nous avons fait observer précédemment la diflérence que la religion et les mœurs établissent sous ce rapport entre les musulmans et les chrétiens. Ce qui chez nous serait du ridicule ou de la Toile, leur semble naturel. La religion consacre les jouissances charnelles comme objet du mariage. Le Prophète nous est donné comme doué, sous ce rapport, de facultés extraordinaires. Enfin, bon nombre de musulmans épousent des jeunes femmes et sont stimulés par la jalousie et Tamour-propre. Nous avons observé les mêmes faits chez les Arabes, et il n'est pas de médecin français et tant soit peu répandu parmi les indigènes qui n'ait subi les mêmes sollicitations.

Bon nombre deKabilés avec lesquels nous étions familiers,

ae concevaient pan notre refus de leur donner ce g^ge dV initié.

Coiisranimeni, en ces cas, noos nous sommes abstenu d'administrer des remèdes directs. Aux jeunes gen& énervés* nous coaseiilions la modération et les toniques ; aux vieiltards, nous prêchions la résignation.

Les propriétés des caniharides sont connues en KaJbUie» quelques-uns nous les ayant demandées d'emblée«

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