‹ Une mission médicale en KabylieChapitre 33 sur 44 · IS · texte numérisé non relu

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Noos avd09 pu ob«er?er la teigne sous toutes ses formes et à tous les degrés d'intensité.

Bien souvent, nous trouvâmes la léte complèiemenl envahie par des excavations de la superficie d*une pièce d'un à deux francs, remplies d'une couche épaisse de matière soufrée. Chez les adultes surtout, la teigue, remontant à de longues années, s'accompagnait toujours d'alopécie plus oo moins étendue.

Tel est le traitement que i.ous avons employé généralement et qui nous a réussi.

Séance tenante, nous administrions un purgatif; nous ordonnions ensuite d'enlever, aussi bien que possible, les cheveux, puis d'appliquer matin et soir, deux oo trois jours durant» on cataplasme de feuilles de mauve ou de morelle. Chaque réapplication devait être précédée d'un lavage soigné avec le savon. Après les cataplasmes et le lavage, on appliquait une couche de pommade soufrée qui devait rester deux jours. Après ce terme, on enlevait, ou lavait, on appliquait un cataplasme et on recommençait la pommade. Nous donnions à la fois de la pommade pour trois applications. Après deux visites, la guérisoo était généralement avancée. Parfois, nous avions le plaisir de la voir complète, mais rarement. Comme nous l'avons déjà fait observer, les Kabiles reviennent peu quand ils voient la guërison prochaine.

Chez quelques sujets, nous avons trouvé la teigne traitée par le goudron.

Nous avons observé la lèpre sur on homme et sur une femme.

Mohammed el Arbi, de Tikidount, des Ouacif, âgé de 60 ans, est affecté depuis trois ans. L'invasion débuta par la clavicule et envahit tout le corps. A part la face, les coudes et les genoux, toute la superficie cutanée est d'un beau blanc. Les articulations sont douloureuses: la tète est le siège de démangeaisons. Le malade nie toute complication syphilitiqoe.

Gbn 11 femiM, âgée da 35 ans, Finvition renMiait à l'enfance.

Noos avons obsenré chez nn de nos malades nn cas d'affeclion de la peao qoe noas croyons detoir censigner Id.

Rsmdhan ben Meddour, des AissI de l'Ooed Saliei, âgé de âS ans, est perievr, depols sept ans, d'une éruption tuberculeuse qui envahit tout le corps, tronc et membres, et occupe au moins le tiers de toute la superficie cutanée. Chacun ée ces tubercules est, en moyenne, de la grosseur et de la forme d*une moitié de pois, et entoure généralement la base d*on poil. A la partie supérieure de Tavant-bras gauche, sur le cubitus, est une tumeur du volume d'un craf, paraissant contenir une matière façonnée en forme de vermicelle ci en* kystée. Chez les Arabes, me dit le malade, cela s'appelle kU(may et chez les Kabiles Hgzeli^ expressions qui, dans l'une et l'autre langue signifient m», rognon. Cette maladie se ga* gne en mangeant des rognons d'animaux.

Quand un ménage Icabile tue un boue ou un mouton, si quelque enfant veut manger les' rognons, pour le préserver de la maladie on prend les précautions suivanles : on fait venir l'oncle maternel (kkal)^ et l'enfluit agenouillé, les mains derrière le dos, saisit avec la bonche le rognon placé sur les pieds de son oncle. De cette manière, il n'y a pas ài craindre la maladie.

Variole et InoculatioB.

La variole, en kabile tazerzeitt ne figure pas dans nos tableaux nosologiqnes, et en voici la raison. D'abord, le malade nepomvaot venir à la visite, nous n'en tenions pas compte; ensuite» i)Os soins furent très-peu réclamés pwir les varioleux ; s'ils le furent parfois, ce fut plutôt pour les oomplications» les affeciions oculaires en particulier, que pour la variole elle-même*

Nous pûmes, cependant, en observer un certain nombre fto

«as, BOUS ëtasi fend* dans desx Ttltoges où sa préseDce itoasavaîl é«« signalée. Peidant Thiver de 1957 à 18^, la vamie sévîl à Taourtrt-Tamaeraftt, gros village d'an millier d'habHanis. Pins lard, elle se manifesta an vHkge d'Afenson. La variole faii de nombreuses victimes parmi les Kabiles^ et de ceux qui lui échappent un grand nombre perdent un ou deux yeux.

Nous allons résumer en quelques mots ce que nous avons dit ailleurs de Tinoculation que les Kabiles emploient comme préservatif.

C'est vers Tâge de trois ou quatre ans qu'ils la pratiquent.^ 0» fait une légère incision entre le ponce et l'index, on enlève du pus d*un bouton varioliqne et on le dépose dans la plaie. Nous avons observé des centaines de jeunes Kabiles, et chez presque tous nous avoirs trouvé les (races de l'inoculation, c'est-à-dire une cicatrice myrtiforme.

Cette pratique n'est pss, du reste, spéciale aux Kabiles. On la trouve aussi chez les Arabes. £n IS57, nous avons constaté des cicatrices pareilles sur plusieurs enfants de Kola, près de Mascara.

L'expérience locale prouve que l'iaocniatlon ne jouit pas, à beaucoup près, d'une aussi grande efficacité que la vaccination.

Au printemps de 1858, nous essayâmes de substituer Tune à l'antre. Noas ne fûmes eomplètenient accueillis qu'à Taourirt-Tamocrant^ qui avait tout récemment souffert de ta variole. Nous y pratiquâmes une vingtaine de vaccinations.

AiUeiirs, on reçut le plus sonvent nos offnès avec indifférence, et nous ne pratiquâmes pins qa^ine disaine environ d'antres vacelnations.

Les Kabiies ne comprenaient pas la sapériorité de notre pratique sur la leur. De plus, ils paraissaient prévenus, peutélFC parles opérateurs. On disait que Ton voulait marquer les Kabîtes, on disait même qn'on les rendait ainsi impuissants^ C'était les prendre par leur faiM<^.

Parmi les Jeunes gens de Taoorirt-Tamocranu dont les vaccinations réussirent» nous en fîmes venir deoi au Fort pour vacciner de bras à bras, soit des enfants, soit des lou»ves. Nous attend! mes du lempsetde inexpérience l'extinciion des préjugés locaux.

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