‹ Une nichee d'Arlequins comedie melee de chant en un acteChapitre 5 sur 17 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

ZERBINETTE, THOMASSIN, tu habit, dt voyage arec une talise.

THOMASSIN. Comment, personne! Zerbinetlc !

zerrinette. Ah ! mon Dieu ! est-ce bien possible! Mais non... mais si... C’est lui!

mon parrain!... Dites-moi donc que c’est bien vous I

tiiomassin. Mais oui, per Dio! et zo m’en vante.. . Si zc zouis moi ! Ah çà I quelle scène /ours tu là ? Tou a» l’air cloué au sol. .. Estce que tou ne vas pas bientôt m’embrasser?

zerrinette. Vous embrasser ! Vous n’étes donc pas mort?...

Tiiomassin. Mort ! Je te donne ma parole d'honneur que non.

zerrinette. Ah! quelle joie! quel bon heur! Mais tout le monde ici vous croit défunt. (Elle l'embrasse.)

thomassin. Dis-tou vrai?.,, Diavolo! diavolol ai tout lu monde il le dit... il y a peut-

être qualche cosa di mi... Mù... pourtant le bras il remoue, la gambe elle la

tête elle va bien; et décidément, tara Zcrbiuctte, ze souit vivant... el bien vivant.

ZKRB1 NETTE. Que je suis donc heureuse!

et comme ils nuit être désappointés de vous revoir ! '

thomassin. Désappointés!... Qui ça?. .

■ Sau^odemi! U* aes oune logogiiphc... oune çaratle...

zliibinkti e. Eli bien, vos chers cousins, donc ! qui sont installés ici tlepuis hier, St* partageant tout, faisant l’inventaire de tout.

THOMASSIN. Ah halil ceshrati coosins qui me méprisaient tant! Ils ne jc sont pas crus damnés, en venant dans la maison d’oune baladin, d'ounc paradiste, comme ils m'appelaient...

ZERBl NETTE. La mort est comme le feu...

elle purifie les héritages.

TflOMASSiN. Ois ! san^odemil ils ne tiennent pas encore le mien ! Des égoïstes, des orgueilleux. qui m'ont défendu di porter le nom di Vicentinü. .. le nom de mon père. ..

que ze déshonorais, disaient-ils; qui m’ont chassé de chez eux. Ob I qualic différence, Zcrbinettc, avec l'accueil que j‘ai reçou en France ! cara mia ! à Paris 1 Rcccrcé des ' pious grands seigneurs, invité à lmr table, , ma cère amie!... Et ici même... Imazinetoi que tout à l’heure, sur la graude route ou n équipage à quatre chevaux at roce ma ciiaise de poste. .. la renverse... patatras]...

zebbinette. Ah 1 mon Dieu! el vous ne vous êtes rien cassé?

thomassin. Si, je me soub cassé oune essieu... à oune de mes roues... Quant il moi... Arlequin leste et preste, ze n'ai fait qu'un bond par la portière, et me suis trouvé devant quil... Tu lie devinerais pas qui?

ZERIil NETTE. Quelque Anglais sans doute, il y en a toujours sur les grandes roules. ..

thomassin. Pas du tout... Devant le gouverneur de Bcrgamc loui-méme.. . C'était le gouverneur qui m'avait fait l'honneur de ui accrocer et qui avait eu la bonté de me renverser sur la grande route... En apprenant qui ze souis, il m’invite à faire oune collation dans oune auberze où l’on fait les raviolis... Ah ! ma cère, les bous raviolis! ze l’en feiai manger. Il a promis de me venir rendre visite... cez moi.,, ici! !.e gouverneur de Bergame ! hein ! que diront mes cers parents, qui u’onl jamais voulu ml recevoir cez eux !...

zk r hl NETTE. Oh I ne me parlez pas de ces vilains êtres-là... le podestat surtout; il est future plus affreux que les autres... Croiriezvous, mon parrain, que tout à Meure encore il défendait à son (ils Carlo de m'aimer, parce que, disait -il, je suis lalilleuled'uu histrion.

thomassin. Carlo? Ah oui !... et on luui défend de t’aimer?... et lui, ça ne t’arrange pas... Je commence à comprendre... Etloui, que dit-il de tout cela ?

ZERMNETTE. Lui ? En apprenant que je voulais partir et ine faire Colombinc, il a juré qu'il me suivrai, et qu'il se ferait Arlequin plutôt que de me quitter.

thomassin. Benè ! Il y a dou sang d'ar-

liste dans les veines de ce garçon-là; il ne vient pas comme les autres per mordre 5 | mon héritage. Per Bacco ! si je pouvais une bonne fois me venger de leur insolence.

ZEBBINETTE* Je les aperçois au bout de l’allée; ils viennent de ce côté. Comme je vais rire... en leur annonçant que vous êtes ressuscité!

thomassin. Attends... non! Ze te prie de ne rien dire encore... tou m'entends.. . et surtout ne t’étonne pas di ce qui va se passer... Reçois les cousins comme si j'étais toujours défunt ; dis-leui* seulement qu'oune personne arrive de Paris tout exprès per les entretenir de la souccession de Thomasssin.

Tou entends?

ZEBBINETTE. Oui, mon parrain. Je ne devine pas ce que vous voulez faire; mais comme il s’agit sans doute de leur jouer quelque lion tour, vous pouvez compter sur moi.

thomassin. Oui, à bientôt !. .. Les drôles, ils ne .savent pas ce que c'est qu’oun Arlequin en colère, qu’oun Arlequin qui rage, qu'oun Arlequin qui se venze, saugodemi!

ZEBBINETTE. Lis voilà; partez!

ENSEMBLE

Ai» iln Barbier.

L*or iotoliruce,

Leur suffisant*)

Recevront une recoin pense.

Mais patience,

. IQS

A ^ vengeance Les ingrats N'échsppcront pas.

Page 1