VI DEDICACE
Bouillon, mais eut au moins le mérite d'être la première protectrice de la Fontaine. On ne peut la comparer qu'à Laure Mancini , si parfaite, suivant les contemporains, que son mari, le duc de Mercœur, inconsolable de sa perte, entra dans les ordres, et à sa sœur, Laure Martinozzi, duchesse de Modène, femme de tête et de vertu, très-Française par le cœur,
La princesse de Gonti d'ailleurs a fait moins parler d'elle, et il serait même difficile de raconter sa vie, si le temps n'avait respecté une précieuse correspondance qui met en pleine lumière son âme toute de foi, de dévouement et de passion. A ce titre, c'est une fig'ure originale au milieu du dixseptième siècle, où les g-randes dames ne brillèrent pas précisément par de gTandes démonstrations d'amour à l'ég^ard de leurs maris. C'était une femme douée de tous les dons enviables et dont ses contemporains ont unanimement loué la vertu : « G'étoit une sainte, » a dit M"* de Sévig-né; jug'ement que formula pareillement Massillon en prononçant l'oraison funèbre du prince François- Louis, son second fils.
Je souhaite que vous pensiez comme moi qu'une pareille femme méritait d'être tirée de l'oubli, et