FIN
min.
Pilié , Seigneur ! Pitié, pour notre pauvre France !
Nos malheurs n’ont-ils pas désarmé ta vengeance ?
A nos forfaits veux-lu mesurer ton courroux?
Tu nous as si souvent préservés du naufrage !
Veux-lu longtemps encor laisser gronder l’orage Qui s’est levé sur nous?
Dans notre histoire , hélas ! je connais de grands crimes Mais, pardonne aux bourreaux en faveur des victimes. Ne coinptes-lu pour rien le sang d’un Roi-martyr ? Daigne prêter , Seigneur, l’oreille à notre plainte,
Au nom de ces héros qui pour ta cause sainte Surent si bien mourir !
Oh ! je n’oserai pas accuser ta justice !
Sur le bord de l'abîme, endormi dans le vice ,
Ton peuple reste sourd aux appels de ta voix ;
Je sais que ta clémence à droit d'être lassée ,
'Que tu pourrais punir cette foule insensée Qui méprise tes lois !
Et pourtant ! Que de fois, au temple agenouillée ,
Ai-je vu des chrétiens la pieuse assemblée,
Rendre au pied des autels hommage à la grandeur!
Que d’hommes , du plaisir sachant oublier l’heure,
S’en vont, au malheureux dans sa froide demeure, Parler de toi, Seigneur!
Que de filles, de soeurs, d’épouses suppliantes T’adressent tous les jours leurs prières ferventes !
Que de mères surtout t’implorent pour leurs (ils !
Une femme a souvent apaisé ta colère!
N’est-ce pas une pauvre et timide bergère Qui nous sauva jadis?
Un monarque perfide aux mains de l’Infidèle A livré ton Pontife et la Ville Éternelle ;
De ce lâche abandon voudrais-tu te venger?
Au nom de Saint-Louis et de Charles-le-Sage , (1)
Au nom des rois Français, pardenne-nous l’outrage D'un César étranger .
Car nous sommes toujours de ta vaillante Eglise Les fils aînés, Seigneur. Quelquefois insoumise La race de Clovis n’a pas perdu la foi;
Souviens-loi de ces champs devenus légendaires Où de nouveaux Croisés combattirent naguères Et moururent pour toi!
Ne vois-tu pas debout sur le pont d’un navire ,
Ces prêtres dévorés de la soif du martyre Qui, pleures des parents qu’ils ont laissés là-bas,
Vont au loin annoncer ta parole sacrée ,
Au sauvage habitant de quelque île ignorée Qui ne le connaît pas ?
Et de ton Christ , mon Dieu , les chastes fiancées Qui vers toi, dès l’enfance, élevant leurs pensées,
Ont au cœur un rayon de ton amour divin ,
Sœurs du soldat blessé qui demande sa mère,
Filles de ces vieillards restés seuls sur la terre ,
Mères de l'orphelin?
Au nom de nos martyrs , de nos vierges chrétiennes ,
Chasse les ennemis qui dévastent nos plaines,
Dieu des combats , îetuL-nous la paix et le bonheur Au nom de Jeanne-d’Arc , au nom de Geneviève ,
Au nom de cet encens qui tous les jours s’élève Sur tes autels, Seigneur !
lidcembie ■ 170-
;t) CUai les V. dit la Sage, contribua puissamment à ramener les Tapes à Home , apres leur long séjour à Avignon.
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