‹ Une nouvelle figure du mondeChapitre 30 sur 36 · PENSÉE DE SCHOPENHAUER · texte numérisé non relu

PENSÉE DE SCHOPENHAUER

Extraits les plus caractéristiques de son œuvre, choisis et traduits par Pierre Godet, avec une introduction, une bibliographie, un index et le texte anglais correspondant.

Un vol. in-i6 10 fr.

2 ivre fort bien compris et exécuté ; il comprend les extraits les plus c.%f aetéristiqueB de l'œuvre d'Arthur Schopeuhaner, groupés et traduits *▼•* beaucoup de goû! et d'exactitude.

(fteuue critique d'histoire et de littérature.)

cation dans le monde physique. Cette expression doit avoir un caractère d'universalité puisqu'on en déduira une loi la plus générale possible. Elle doit donc mettre en jeu une influence s'exerçant à la fois sur tous les corps (c'est-à-dire apparaissant liée à la matière) et indépendante des propriétés particulières de ces corps. La gravitation est, dans l'état actuel de nos connaissances, la seule influence possédant ces caractères.

Le fait d'être arrivé à l'expression de la loi universelle cherchée, cette réussite étonnante, permet de croire que les relations de mesure ont bien leur véritable raison et leur signification dans les conditions de la gravitation. Celles-ci changent pendant le mouvement relatif des corps et il n'est donc pas possible de parler d'une géométrie euclidienne ou non, invariable et préétablie.

D'ailleurs, et ainsi que le dit très justement Freundlich,la nouvelle théorie de la gravitation ne se construit pas, comme la mécanique newtonienne, sur une loi élémentaire de la force de la gravitation, mais sur une loi élémentaire du mouvement d'un corps dans le champ de la gravitation. C'est ce qui explique que le groupe lorentzien convienne là-même où ne convient pas le groupe galiléen ; par exemple, dans le cas du mouvement des électrons. En effet ce mouvement est totalement libéré de l'attraction des

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masses et constitue une épreuve gênante et d'ailleurs catégorique pour une mécanique fondée sur l'interprétation de phénomènes célestes où, an contraire, seule l'attraction des masses intervient. Nous pouvons donc dire que ces expressions qui seraient à désigner dans la nouvelle théorie comme celles de la force de la gravitation ne jouent qu'un rôle subordonné dans la construction de la théorie (comme en général la conception de la force dans la mécanique, qui ne se peut considérer que comme conception accessoire, si on regarde la description pleine de lacunes des événements du mouvement comme l'objet de la mécanique).

La théorie d'Einstein ne cherche pas non plus à expliquer l'essence de la gravitation ni à donner la représentation mécanique de l'action de deux masses ; cela constitua l'objet des différentes théories fondées sur l'éther par l'emploi de grandeurs hypothétiques. Elle nous donne le moyen d'atteindre, par les procédés particuliers du calcul différentiel absolu, aux domaines où la mécanique de Newton s'est révélée d'une insuffisante approximation.

Je ne m'attarderai pas sur la signification philosophique des théories einsteiniennes. Tout au long de cet ouvrage, et dès le premier cha-

itre, j'ai été conduit à montrer sous tous leurs âpects les notions qu'elles nous offrent de l'esace et du temps. J'ai cru devoir faire remaruer qu'il s'agit d'un espace et d'un temps nentifiquesen indiquant toutefois la remarque 'Einstein : le temps qui intervient dans l'expéience fondamentale de Michelson et Morlay est ien le temps vulgaire, le temps non scientifique; t cette expérience d'où tout se déduit nécessite our s'expliquer l'hypothèse de la relativité. Eintein n'a pas tort et il n'a pas raison. Je laisse ux métaphysiciens subtils le soin de tirer de et argument des interprétations qui enrichiront )ut le monde ; quant à mes conclusions, je les i données à toute occasion et je n'y reviens pas. Je désire seulement en terminant signaler à les lecteurs deux points intéressants. Le prelier est l'aspect nouveau de l'intuitionnisme onsidéré du point de vue de la relativité. On .'ignore pas que M. Bergson conçoit toute mahématique comme portant sur un ensemble de dations simultanées qu'il nomme l'espace ; et l y rattache la logique classique. Nous savions Léjà que les mathématiques pures, par l'intervention de la notion d'ordre, ne sont plus uni- [uement spatiales et que la logique moderne loit envisager des rapports irréversibles, de iliation par exemple, où apparaît le temps, tfais les théories de la relativité, poussant plus oin qu'il le fut jamais le parallélisme entre l'es-

paee et le temps, fait apparaître comme plus inexacte encore l'opposition bergsonienne entre la durée psychologique et l'espace mathématique. M. Bergson conclu ra-t-il à une nouvelle spatialisation du temps, à une confusion entre le temps et la durée, le temps scientifique et le temps réel, les coïncidences et l'écoulement? Sans doute ; ce philosophe sera donc amené à nous donner son interprétation personnelle de la remarque d'Einstein donnée plus haut. Nul doute qu'elle ne soit pleine d'originalité et d'intérêt.

Le second point que je voulais indiquer est la distinction entre la relativité philosophique et la relativité scientifique. L'une implique un doute purement subjectif ; l'autre exprime une relation entre des faits objectifs. Il n'y a qu'une parenté de mots. Je n'insiste pas sur cette chose si simple : le lecteur m'en voudrait ; mais il vaut mieux qu'il y ait réfléchi.

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