‹ Une Nouvelle Opération pour la Cure de l'Hallux ValgusChapitre 18 sur 18 · DIRE · texte numérisé non relu

DIRE

Au cours de la marche plantigrade, le gros orteil joue également un rôle d’étançon qui maintient le pied et l'empêche de s’éverser en dedans.

Il a un rôle capital dans la fonction digitigrade, en particulier dans la course, le saut, la montée et la descente. Toute lésion portant sur lui gênera principalement cette fonction.

De ces données, nous pouvons déduire qu’une bonne cure d’hallux valgus doit respecter le système du gros orteil, c’est-à-dire l'articulation métatarso-phalangienne, la tête métatarsienne, les sésamoïdes.

III. — Il faut opérer tous les malades atteints d’hallux valgus, qui souffrent. Les lésions d’arthrite métatarso-phalangienne sont la seule contre-indication. En dehors de ce cas, les déformations les plus accentuées sont réductibles.

IV. — Les principaux procédés employés pour la cure de l’hallux valgus sont :

1. La résection de la tête. Elle a l’inconvénient de supprimer le talon antérieur ; de toucher à l’articulation métatarso-phalangienne. Elle donne des résultats esthétiques excellents ; des résultats fonctionnels plus discutables.

2, L'opération de Reverdin : elle corrige mal les lésions car elle élargit le pied : elle ne peut donner de bons résultats que complétée par un traitement orthopédique.

3. L'opération de Juvara est une excellente intervention ; mais d’une grosse difficulté d'exécution. Elle a l’inconvénient de compor:ter une ostéo-synthèse.

V. -—— La cure de l’hallux valgus par le procédé exposé nous paraît en tous points satisfaisante.

Elle corrige la déformation et redonne au squelette sa forme anatomique.

En effet, elle raccourcit le métatarsien.

Elle le ramène en dehors et diminue l’espace interosseux entre le premier et le second métatarsien.

Elle corrige également la rotation en dedans de la tête métatarsienne et remet les sésamoïdes en position anatomique, à la face plantaire de la tête métatarsienne (Observations V et IX).

Du fait du raccourcissement de la tige cunéo-métatarsienne, les tendons cessant leur traction, le premier orteil se remet dans le prolongement du métatarsien.

Le résultat esthétique est, bien entendu, parallèle au résultat anatomique et les opérés se montrent pleinement satisfaits.

Reste le résultat fonctionnel. Sur les quelques opérés éloignés et revus (Observations I et II) : le pied ne paraît nullement avoir perdu sa force ; le patient ne souffre aucunement ; la montée et la descente des escaliers lui sont faciles. Un de nos malades opéré d’hallux valgus bilatéral par des procédés différents,

s’'appuye pour la montée et la descente sur le pied traité par notre procédé (Observation II).

Les cas les plus accusés peuvent être réduits par la reposition de la tête (Observation VI).

Nous faisons de grosses réserves pour la déformation compliquée d’arthrite chronique (Observ. IT) ; mais aucune intervention m'est raisonnable devant cette éventualité.

Une contre-indication existe : l’ostéite raréfiante qui rend notre procédé impossible. On aura la ressource, lorsque la tête ne peut être creusée, de terminer par sa résection, seul acte chirurgical possible.

Vus Vu :

Le Doyen, Le PRÉSIDENT, ROUSSY PROUST.

Vu et permis d'imprimer Le RECTEUR DE L’'AGADÉMIE DE PARIS,

S. CHARLETY.

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