‹ Une nuit au Louvre, drame en trois actesChapitre 57 sur 65 · SCENE VW · texte numérisé non relu

SCENE VW

êtes le plus fort, et je me confesse vaincue... Tout le monde vous aime ici... j'ai voulu faire comme tout le monde !

HENRY

Àh ! madame... c'est ma plus belle, ma plus précieuse victoire !

CATHERINE

Ma fille n 'est-elle point avec vous?

HENRY

J'ai laissé ma belle épousée chez le roi, son frère... elle n'a garde de quitter sitôt la partie... C'est à qui la comblera de présens, et je lèverais une armée avec les pierreries dont on charge ma douce Marguerite.

CATHERINE

Vous ne serez point oublié dans tant de munificence, mon beau gendre... je sais que Charles a l'intention de vous faire un don précieux, et auquel vous ne vous attendez pas.

HENRY

Je le sais, madame ; on a parlé d'un manuscrit latin des plus curieux, sur l'art de la vénerie, d'un livre à fermoirs d'or et de rubis qui a appartenu au roiCharlesle-Sage... Quelqifindigne que je me sente de posséder ce trésor, je l'accepterai avec joie, car il me sera un témoignage de l'estime et bonne amitié de mon gentil frère Chariot.

CATHERINE

Sans parler d'une chasse aux flambeaux donnée en votre honneur, et que sa majesté ve.ut conduire en personne.

HENRY

Et, comme vous le voyez, je viens me préparer pour m'y rendre...

CATHERINE, COniMC Ile g Uf) 61)1171071 1 .

N'a-l-on pas arrêté que la chasse se dirigerait du côté du bois de Vincennes?

HENRY, de même.

Non, non, sa majesté elle-même a décidé que l'on

chasserait dans la forêt de Saint-Germain.

CATHERINE

Oh î Saint-Germain ou Vincennes, il n'importe guère.

HENRY

Cela revient absolument au même. . . Cependant, M. le Grand-Veneur prétend que Saint-Germain vaut mieux pour débusquer le sanglier.

CATHERINE

Que je ne vous trouble pas dans vos apprêts de chasse... je me retire...

HENRY

Du tout, belle reine, restez donc... Attendez, du moins, Mmc de Navarre.

CATHERINE

Vous l'aimez, Henry, n'est-ce pas?

HENRY

Si je l'aime î... j'en suis affolé!... j'en perds la tête... Voyez, pourtant... comme un jour change de face les choses... et combien on a raison de dire que la nuit apporte conseil... Hier, n'étiez-vous pas mon ennemie?...

CATHERINE

Hier, Henry, j'avais d'autres yeux sans doute, je ne voyais dan* cette union qu'un mariage politique et malheureux , arrêté et conclu contre ma volonté; hier, je vous croyais méprisant et dédaignant ma fille... aujourd'hui, vous paraissez l'aimer avec tendresse ; et moi, je vous aime, Henry, parce que vous aimez ma fille.

HENRY

Excellente mère!

SCENK IX. 75

Catherine, dît ton le plus caressant.

Cher Henry!... soyez sûr que nulle rancune ne me reste au cœur... croyez que ma sincérité...

HENRY

Comment donc î...

CATHERINE

Vous êtes l'époux aimé de ma chère Marguerite; me voilà rassurée, heureuse... Adieu, Henry... adieu, mon gendre... à bientôt... vous ne partirez pas pour la chasse sans avoir une nouvelle preuve de notre affection...

Elle lui présente sa main à baiser.

henry, lui baisant la main.

Sans adieu donc... au revoir, belle et chère maman !

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