‹ Une nuit au sérailChapitre 31 sur 48 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

RACAHOUT, LA Femme voilée.

RACAHOUT, se frottant les mains.

Allons, allons, ça marche. Je suis sûr que je vais toucher une bonne gratification, et force complimens par dessus le marché ; car j'ose me flatter que ma marchandise... (Il s'approche de l'esclave; en ce moment elle lève son voile et Racahout recule stupéfait , en reconnaissant lady Montaigu.) Ah! mon Dieu! Quevois-je!

LADY montaigc , riant.

Eh bien ! est-ce donc le diable que tu as vu ?

RACAHOUT

QiK»i ! mylady ! madame rambassadrice. . . j vous. . . c'est vous que j 'ai amenée ?

tADY MOSTAIGU.

IS"psl-ce pas, que le tour a Hé bien joué?

RACAHOCT.

Je suis un homme perdu ! où me cacher? où fuir? (Il fuit le mouvement de fuir et tombe assis sur un divan.)

LADY MONTAIGL'.

Me voici donc au sérail!.,, quel charmant séjour !... Mais je veu\ voir en détail l'appartement des femmes. Allons, Racahout , lève-toi, mon garçon, et conduis-moi chez la sultane Fatime...

BACAHOCT.

Moi , vous conduire?

LAHY MONTAIGC.

Oui , elle sera charmée de me voir; elle attend ma visite ; et quand elle m'aura bien promenée dans le sérail, je retournerai à l'hùlcl... Allons, dépêchons-nous.

RACAHOCT.

Vous retournerez à l'hôtel?... Ah! bien oui! Vous croyez que cela s'arrange comme ça ici ? On entre , on sort , on va voir la sultane, on retourne à l'hôtel... (Criant.) Le cordon , s'il vous plail !... .le vous en souhaite!... Et d'abord , quant à sortir maintenant du sérail , vous ne^ devez plus y songer. Les portes sont fermées jusqu'à demain... Elles ne s'ouvriraient que pour les ambassadeurs des puissances étrangères.

LADY MONTAIGC.

Que dis-tu?

RACAHOCT.

La pure vérité. Moi-même, moi qui vous parle, mylady, je suis obligé de passer la nuit au sérail , dans le quartier des gardiens, avec mon honorable ami Mastouf , à qui je comptais faire faire un petit souper à la française; mais maintenant , comment songer à gobcloter, quand la foudre est suspendue sur nos têtes ?...

LADY MOKTAIGU.

Allons , rassure-toi , les choses se pa.'^scront beaucoup mieux que tu ne penses. Le sultan est absent.

RACAHOCT.

Autre erreur, mylady? Api)rcnez que le départ du sultan, pour sa maison du Bosphore, n'est qu'une frime, et que dans un instant il sera

LADY MONTAIGC, troublée.

Ici !

RACAHOCT.

Ici 1 et à votre intention encore.

LADY MONTAIGC.

Comment?

RACAHOCT.

Eh! oui. C'est pour vous qu'il revient... Quand je dis pour vous , c'est-à-dire pour la fi-mme que vous représentez.

LADY MONTAIGC.

Cette jeune Grecque ? Ah ! je comprends mainlenanl.

RACAHOCT.

Vous comprenez que la situation est peu gaie, n'est-ce pas? Il y va pour le moins de mes oreilles...

LADY MOTAIGC.

Est-ce que tu y tiens?

RACAHOCT.

Si j'y tiens!...

LADY MONTAIGC.

Il n'y a pas un instant a perdre... reconduismoi, vile...

RACAHOCT.

OÙ ça?

LADY MONTAIGC.

Vers la porte du sérail.

RACAHOCT.

Quel entêtement!... Quand je vous dis, mylady, que les verroux y sont ..

LADY MONTAIGC.

Je saurai les faire ouvrir... j'ai de l'or... et puis je me fie à ma bonne étoile... Allons, viens ! (Ils font un mouvement vers la porte; au même instant, Mastouf rentre précipitamment.)

OOCOOOCaOCCQOOOOSOOOOCOOOOOOOOOOSOOOOCvOOCOOOCOOOOO

SCÈiNE VI.

Les Mêmes , MASTOUF.

MASTOCF.

Sa Hautesse entre au sérail.

LADY MONTAIGC et RACAHOCT.

Ah ! mon Dieu !

MASTOCF, à Racahout.

Vous , mon bon ami , conduisez cette belle enfant auprès du visir... Il l'attend pour lui parler avant sa présentation au sultan.

RACAHOCT.

Mais...

MASTOCF, à lady Montaigu.

11 paraît qu'il a de grands projets sur vous.

LADY MONTAIGC.

Ah!...

MASTOCF, montrant la droite.

Par-là... hàtcz-vous...

LADY MONTAIGC.

Que faire?...

RACAHOCT, à voix basse.

Allons , mylady... un peu de courage... quand il n'y a pas moyen de faire autrement... Sauvez mes oreilles...

MASTOCF, qui a remonté la scène pour regarder au fond.

Et vite, et vite, nous n'avons pas un inslani à perdre...

LADY MONTAIGC, sortant par la droite avec Racahout.

Oh ! maudite curiosité:

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