‹ Une nuit au sérailChapitre 46 sur 48 · ACTE II. SCENE XV · texte numérisé non relu

ACTE II. SCENE XV

Ai'.OMET, prenant lady Monlai^ii par la main , el la faisant passer et côté de loni 3Iontaigu. Elle se cache le visage avec son éventail en plumes. Oui , remcrcicz-la , mylonl, car elle a pris les

int(!ri'ts de l'Angleterre avec une chakur...

LORD MOJiTAIGU.

Permettez-moi , madame, de vous exprimer...

ACUMET.

La seule chose que j'aie à lui reprocher, c'est une sc^vt'rilé... une rigueur!...

LORD MONTAIGU

.\h! madame!... c'est mal... Pour un souverain aussi gracieux... on doit avoir quelques Ô4;ards... quelques bontés...

LADT MONTAIGU, se tournant vers lui.

Vous croyez, mylord ?

LORD MONTAIGD, Stupéfait.

A h ! mon Dieu ! . .. que vois-je ?. . .

ACH.MET

Qu'avez-vous donc, mylord?

LORD MONTAIGU

Ce que j'ai! ce que j'ai!... j'ai que... RACAliOCT, qui s'est approché doucement, lui présente un miroirqu'il a pris sur un des divans. Mylord oublie la leçon de ce malin?

LORD MONTAIGU, s'efforçant de sourire.

Par exemple , c'est que...

ACHMET

Vous parais.sez souffrant?

LADY MONTAIGU, à dcmi-VOix.

Un bon diplomate doit tout voir, tout entendre... sans que son visage...

RACAHOUT, lui présentant le miroir.

Voyez ! (Lord Montaigu cherche à composer son visage.) Plus serein que jamais.

ACHMET

Figurez- vous, mylord, la femme la plus originale, la plus spirituelle, la plus aimable... LORD MONTAIGU, faisant la grimace.

Ah ! (Racahout lui présente le miroir.)

ACHMET

:\'ais , je vous l'ai dit , d'une rigueur !

LORD MONTAIGU, avec joie.

Ah!

ACHMET

Cependant...

LOKO MO?(TAIGU

Quoi ?

ACHMET

Cependant , jtuisque déjà une fois vous avez su

' Achnipc, lady Montaigu, lord Montaigu, RacBliout.

tMK :iCIT AU SBBlIt..

la déterminer à venir au sérail . . j'espère, mylord, j que vous voudrez bien encore joindre vos instances aux miennes pour la décider...

LORD MONTAIGU

A quoi donc ?

ACHMET

A ne plus me quitter... à accepter le titre de sultane...

LORD MONTAIGU . avec explosion.

Ma femme sultane ! par exemple !

ACHMET

Sa femme !... (Sereloumant versiady Montaigu.) Quoi? lady Monlaigu, vous ?...

LADY MONTAIGU

Lady Montaigu...

ACHMET, à part. Ah ! je comprends tout mon bonheur!

LORD MO.\TAIGU.

Maintenant, madame, m'expliquerez-vous?

LADY MONTAIGU

Rien de plus simple, mylord. Vous m'aviez défiée, tout le inonde m'avait défiée d'entrer au sérail... eh bien ! j'y suis entrée... .Malheureusement vous êtes venu trahir mon incognito.

LORD MONTAIGU, à part.

Fort heureusement pour moi... (Haut.) Pourvu que Sa Haulesse n'aille pas se blesser de cette élourderie...

ACHMET, riant.

Moi? Pas du tout! j'aurais mauvaise grâce d'en vouloir à mylady... C'est une vi.'^ite dont je conserverai un éternel souvenir...

i^ORD MONTAIGU.

Votre Hautesse est trop bonne !

RACAHOUT

Gros diplomate , va !

ACHMET

Ce n'est pas tout , je vous dois un dédommagement, mylord (Mouvement de lord Montaigu.), pour la course inutile que je vous ai fait faire... Vous trouverez à votre hôtel le traité de commerce avec l'Angleterre au détriment de la Russie.

LORD MONTAIGU

J'ai fini par l'emporter. Allons, allons, je suis un très grand diplomate !

ACHMET

Etvou^, mylady, si vous voulez que voire visite au sérail soit cdiiiplcle, tontes les portes vous .^cront ouvertes, et je vous conduirai moi-même... LAOV utontaigu.

Non... j'en ai assez vu comme cela... Il ne faut pas nousser la curiosité trop loin...

KACAHODT.

C'est ce que noire mère Eve disait après avoir mangé la pomme... Oh! les femmes!... décidément, il faut se contenter d'en vendre.

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