‹ Une nuit orageuse comédievaudeville en deux actesChapitre 26 sur 31 · ACTE L · texte numérisé non relu

ACTE L

MADAME GRANDIN, A SOU mari.

Vous l'ontendez I

MATHILDE, de même.

Ob F je sais qu'à Paris, il n'y a pas de garçon qui n’ait eu quelque inclination.

GRANDIE

Des inclinations I

mathildb, continuant.

Il faut avoir passé par là pour faire un bon mari ot nous devons accepter les faits accomplis.

GRANDIN, rivement.

En politique I mais on amour...

MATHILDE, appuyant.

C'est la règle. 1 r *

GRAKDIN.

Et qui tous a dit cela, mademoiselle?

MATHILDE

C’est une dame.

MADAME GHANDIN, étonnée.

Une dame f

GRANDIN, à part.

Ab I mon Dieu serait-ce...

MATHILDE

Une damo qui était ici tout à l’heure, qui connaît beaucoup mon père.

MADAME GRANDIN

Une dame, M. Grandin, qui vous connaît beaucoup?

GRAKDIN, a part passant devant les deux femmes.

Le ciel me frappe dans la personne do mon enfant !...

MATHILDE

Et elle paraissait très-instruite... elle disait qu’un honnête homme doit toujours avoir fait de études.

Alf : En vérité jt mi te dis.

Mwn«n il fu* «voir appria,

Cala B’cM-il pu ntfc««Mirt ?

Yatil-on Un «vocal, notaire,

Maman il Tant avoir appri».

Or, une jeoneaae oragenar Sev! plna tard d'Aeolc mi maria.

Cet pour rendre aa femme beuramw.

Mon pfre U faut avoir appru.

MADAME grandin, scandalisée.

Silence F mademoiselle... silence I (à (l rondin passant à lut) Mais quelle est donc cette dame, monsieur, que vous connaisse* beaucoup, qui vous a parlé ? qui donc? mais qui donc ?... grandin. embarrassé.

Ab F c’est...

C’est...

MADAME GRANDIN

grandin, de même.

C’est bien simple I va F... c’est bien simple ! ( voyant entrer Georges par le fond) mais plus lard, nous no sommes pas seuls... ( A part ) Celte fois, il arrive à propos.

sebn xiz.

Les Mêmes, GEORGES, puis SERBONET.

GEORGES

Ahl M. Grandin, j’éprouvais le désir de vous serrer la main.on m’avait dit que vous étiez indisposé.

GRANDIN

En effet... je l’ai été légèrement... ça va mieux.

Georges, souriant.

Vous savez que jo suis un pea homéopathe (Il lut tâte le pouls).

grandin, à part.

tloméopalho t II ne sait rien... je rdspire I SERBONET, entrant .

Patron, patron, il y a là une espèce de domestique qui vous demande.

grandin, étonné.

Moi I et que veut-il?

t t SERBONET.

Il dit qu’il vient recevoir 3,000 francs, quo monsieur saura ce que c'est.

grandin, de même.

Trois mille francs.

Georges, à part.

Sa dette de jeu... Roselina ne s’était pas trompée.

SERBONET.

Faut-il faire entrer l’homme... il vous expliquera, (fl remonte).

GRANDIN, vivement le retenant.

Non, non, inutile. (A part). Serait-ce encore une des conséquences do cotte nuit fatale I Je tremble, jo n’ose interroger ce domestique. ( Pour faire cet a parte, il est descendu de quelques pas vers le milieu... Georges est passé à gauche derrière lui... Serbonet est remonté au fond.

GEORGES, à part.

En présence de sa femme... de sa fille.

MADAME GRANDIN

Ce ne peut être qu’un malentendu... il faut voir... Serbonet, faites entrer F

Georges, vivement.

C'est inutile, madame a raison... ce ne peut être qu'un malentendu, et jo crois deviner... c'est sans doute une traite qui concerne ma maison... une traite de nos correspondants de Strasbourg, Bricr et Rilter, vous savez, M. Grandin t

grandin, absorbé.

Moi... je sais...

GEORGE8

Us ignorent sans doute que je vous ai succédé... ou bien encore... l’habitude...

grandin.

Mais alors vous avez dû être avisé?

GEORGES

Probablement... et j’aurai oublié... (à Serbonet) Attends, je vais te donner un mot pour le caissier (U se met à la table et écrit).

GRANDIN, à part.

Et moi, qui allais m’imaginer... (à sa femme) Dis donc, ma bonne, c’est une maison bien tenue... il dit qu’il a oublié de noter une traite de 3,000 francs... conçois-tu cela?.. Et voilà cependant l’homme à qui tu voulais donner ta fille.

GEORGES, remontant à Serbonet , pour lui remettre ce qu'il vient <f écrire.

Tiens, conduis cet homme, et qu’il attende.

SERBONET.

Bien, M. Georges. (/I sort par le fond).

BCÈKT XIII.

Les Mêmes, moins SERBONET.

GEORGES, redescend à droite et cause avec Mathilde *.

grandin, a part

Ab ! que je voudrais donc savoir ce qui s’est passé cette nuitl

MADAME GRANDIN

A quoi songez-vous donc?

GRANDIN, préoccupé.

Je songe que cette nuit (s’arrêtant tout à coup ) ob I qu’est-ce quo jo dis là F

MADAME GRANDIN, inquiète.

Plalt-il?.. cette nuit?.. Expliquez-vous? Je ne vous ai jamais vu comme cela, moi ? ( bas et d’un ton soupçonneux en le menant à gauche) M. Grandin, est-ce que vous auriez quelque chose do honteux à vous reprocher?

GRANDIN

Moi!.. Obi madamo Grandin...

Georges, a Mathilde.

Eh bien! je ne partirai pas, mademoiselle, je vous le promets. { Mathilde descend à sa mère ).

GRANDIN, à Georges, passant à lui *.

Il parait, monsieur, que décidément vous êtes plus fort sur la tenue d’épée que sur la tenue de livres... Oublier d'in^criio une traite de 3, QuO francs... c'est fort...

GEORGES, surpris.

Quoi... monsieur... vous croyez...

GRANDIN

Si j’ai un conseil à vous donner, c’est de prendre garde à ce jcu-Ia et à celui dos danseuses?

GEORGES, à part.

C’est lui qui me raille...

Uftii MUÜ' ORAGEUSE,

scfora xrr.

Les Mènes, SERBONET.

serronet , au fond.

Patron, patron !

MADAME GRANDIR

Eh bien ! qu’est-ce encore ?

. SERBONET.

C’est undiomme... un autre... pas le même... il dit comme ci qu’il apporte la facture de la voiture...

madame grandir, étonnée.

La facture de la voiture !

matiiii.de, de même.

La facture de la voiture I

GRANDI», de même.

La facture de la voiture ! (A part, ne souvenant. ) Ah! mon. Die» 1 ., cette femme... tout à l’heure... je me souviens I... ah I cette fois... ie suis perdu I c’est Uni I f En disant ces derniers mots il est allé tomber sur la chaise près du guéridon.)

MADAME GRANDIR

Qu'est-ce que cela signifie ?

GEORGES, à part.

Le coupé de chez Bender... {Haut. ) Ah I très-bien... Je sais...

MADAME GRANDIR

Comment f comment?

grandir, se levant.

ilein ? qu’esl-ce qu’il dit? qu’ewt-eo qu'il dit?

Georges, embarrassé.

Mon Dieu oui... C’est... c’est une nouvelle erreur... {Il cherche. ) Mes affaires prennent chaquu jour plus d'extension... et j’ai cru devoir acheter uu cabriolet.

MADAME GRANDIR

Ah! vous avez...

GEORGES, virement.

Oui, madame ; je pense... je crois que je n’aurai pas à regretter cette acquisition. . et puis... la concurrence...

Oui... oui... il y en a tant... et laut de cabriolets... (A part, frappé. ) Ce rapprochement ! e*-ce qu’il saurait?... oh 1 non, c’est impossible ! il n’y a que Dntaillis el moi... ol encore, moi... [Haut et railleur a Georges.) Ali! ah! vous vous donnez un cabriolet, mon cher successeur... la mode du jour...

Air « Je «l’ai point r* en bosquets.

En «èrllè l'intention mp jüilt, «

Gc ne ton! plu* le* nojri'n* urilin«lrw;

Si c**s memleor* tout nn c*lirlnlr«,

GV»t pour A-utner 4* rrMori au* «f foire* t Voiture* «1* tout* «aiaon,

Que de hmangr* rnu*ont facal Grèce a cette c<imMnai*o«.

Le* afiaire* 4'fton m»i*ua Se trouvent plu* (Ai *u*pcnduca !

GEORGES, à part.

Encore ?

grandir, à Serbonet qui est descendu à droite.

Eh bien ! que fais-tu là, toi ?

SERBONET.

Dam I... patron, c’est que... jo no sais pas co que cela veut dire, ruais il y a aussi la trois personnes qui vous demandent et qui roulent absolument vous parler...

GRANDIR Ct MADAME GRANDIR.

Trois personnes t... (Elle passe d étant Mathilde.)

J’ai répondu que monsieur était malade et ne pouvait recevoir.

MADAME GRANDIR

Sans doute...

SERBONET.

Alors, l’un des trois s’est avancé ; vous lui direz, qu’il m'a dit, que c’est M. de Saint-Germain et deux de ses amis... ( H remonte. )

grandir, à part.

Do Saint-Germain ! ô ciel !... pour le coup I c’est fini I

Madame grandir.

Mais nous ne connaissons pas...

serbonet, redescendant,

Jo ne sais aussi ce qu’ils m’ont chaulé qu’ils avaiant attendu uno heure a la porte Millot...

CRARDIR.

Maillot... imbécile... (il part. ) Je lais ce que c’est...

, SERBONET.

EnGn... ils veulent entrer A toute force. (Il remonte au fond.) GEORGES, a part.

De Saint-Germain... ceci est plus sérieux. (Il descend un peu a droite. ) '

madame grandir, à son mari.

Eh bien! vous restez là?... mais allez donc I Voyez co dont il s’agit.

Oui, bonne amie, oui. (,4 part aire résolution. ) Allons, capitaine Grandie, 1" compagnie, st bataillon, 3» légion.

Georges , arrêtant.

Eh bien I y pensez-vous?., encore souffrant ! Non, M. Grandm, restez, je vais voir moi-même.

GRANDIR, tiennent.

Du tout! je iro souffrirai pas... part. ) Il ne sait pas ce qu on attend de moi !

georgks, le retenant.

Puisqu’on a dit que vous étiez malade.

MADAME GRANDIR

En effet!... puisque Serbonet a répondu.*.

GRANDIR

Mais I

MADAME GRANDIR

Si vous vous obstinez, ma fille et moi, nous vous suivrons p .urètre témoins...

grandir, vivement.

Témoins !... c’est ce que je ne veux pas !

MADAME GRANDIN

Voyez, voyez, M. George».

grandir, à Georges.

Permettez, permettez...

geükges, à Grondin, qui veut sortir.

Restez.

MATHILDA, de même.

Oui, mon père ! restez I

MADAME GRANDIN, de même.

Restez donc I

serbonet, barrant la porte.

Restez, patron.

Air : Bruttu UcKt César.

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