‹ Une nuit orageuse comédievaudeville en deux actesChapitre 8 sur 31 · GEORGES, GRANDIN, MADAME GRANDIN · texte numérisé non relu

GEORGES, GRANDIN, MADAME GRANDIN

MADAME GRANDIS. Cl fon MON.

Cette lettre ?

GRANDIS

Qu’est-co que je disais ?... Un rendez- vous! et ligné Rô*s-

Itna!

Georges, à part.

Ro3ciinal

GRANDIR

Est-ce clair ?

cror.or.s, à part.

Que peut-elle mo vouloir?

madame grandin.

Boselina i

E i-ce un nom de correspondant?... nous avons la maison Duneux, la maison Lansac •, la maison CbnpuU... Quant à la maison... Rosclma... connais pas.

Air de VApolhitatrt.

Ht!» rite doit. »act '•ortffjll.

Avoir buocwp 4o coaca rre oce ,

El .'raiKhca*»!, dam « m rréM,

M>4, j’innii pra àn maftaac*.

E*Aa, jio«r imiitier cria.

Et ■» BMirrr pla* etpI.rW I J'rnn*q«n cç«t* BiImb U,

A dA ionveat fine faillite.

Je Ils! (Il lit.) « Mon cher Georges... arrivée hier à Paris...

■ au retour de quelques représentations. (Parlé. ) C’est une « actrice!... (Il lit. ) « J’aurnw à vou-; entretenir d’une chose

■ importante... » (Parié.) Nous connaissons la chose. (U lit. )

• Il n agit d’un service que j’aUouds de votre alteclion. » (/forlê) de votre affection. ( Lisant . ) ■ Fixez-inoi un prochain reniiez -

■ vous. » (Perlé.) Ui rendez-vous I [Lisant.) « Yotrs amie i pour toujours I... Rostdina !.. • l'our toujours !.. et vous o oci me demander ma fillo!... à moi I

MADAME GRANDIN

A moi!

grandin, regardant la lettre.

Ah ! Post-scriptum ! (Il lit. ) « Adressez votre réponse me

• Grange Batelière, citez le Concierge do l'Opéra. » (Parlé.) C’est la danseuse I

matiuldk, qui a paru à la porte de gauche, h fer me et rentre en disatit :

Une danseuse !

grandin, à sa femme croyant que c'est elle qui a parlé.

Tu es indignée, n'est-ce pas? (Se retournant vers Georges. ) Eb bieu, monsieur?

GEORGES

Les apparences m’accusent, monsieur; mais je ne puis que le répéter... J ignore complètement lu service que celte damo attend de moi.

GRANDIN

Tenez. M. George?, tout à l'heure, peut-filro aurais-je consenti, plus lard... dans un an... deux ans... Je no suis pas pressé de marier mu fille... D:«'u merci! Mais maintenant n’y comptez plus et ne m’en pariez jamais... (Il lut rend sa lettre. ) Jamais! Une danseuse I... (// sort à droite. )

Georges, désespéré.

Ab I madame.

MAn.AMB GRANDIN.

Une danseuse 1 (Elle suit son mari. ) s ci VI vu.

GEORGES

Quelle idée se forment-ils donc d'une danseuse? Est-ce qu'ils croient qu'un jeune homme e?t perdu quand il s'approche de ces daim»! Je sais bien que ta stricte moral* no les proclame pas im-prochablcs... et cependant il en est... pas beaucoup... mais enfin, il n’y a pas de réglés sans exception... Mais par quelle fatalité cette lettre m'amve-l-elle aujourd'hui mémo t voila plus de dix-huit mois que je n'ai entendu parler de Rose* iina I Le rendez-vous qu'elle me donne, justifie en quelque sorte la rigueur des principes du H. Grandin Ah ! ma CMIS Mathilde, au moment ou voire cœur semblait louché do mon amour.»*

ONB NUIT ORAGEUSE.

scranc vm.

ROSELINA, GEORGES.

roselina. «ifranf vivement par la porte du fond et apercevant Georges.

Ah! c'est heureux! on vous trouve enfin 1

* ceorces, se retournant effrayé.

Roselina I

roselina, tfcscem/ernt

Elle même, mon brave chevalier Georges!

GEORGES, infiuet.

Ah! mon Dieu! il no manquait plus que votre présence! Quelqu'un peut entrer, vite, descendons... Si l’on vous voyait. ROSELINA, souriant.

Il mo semble que je suis bonne a voir,

GEORGES

Trop bonne, vraiment! Mais descendons d'abord... je vous expliquerai.

roselina, étonnée.

Hein? voilà commcut vous me recevez... vous Clés aimable. ( Elle chante. )

b Ce aaton en à mon çré.

■ M 'y voici, j'y réitérai. •

(Elle s'assied tranquillement sur la chaise de gauche).

On voulait me faire attendre, en bas, mais jn suis pressée, et quand j'ai su que vous étiez ici, jo suis montée.

GEORGES

Descendons, je vous en prie, et ensuite...

ROSELINA.

Vous oubliez, mon cher Georges, que vous êtes fabricant et quo vous appartenez au public I J'ai une commande à vous faire sérieusement... et je représente une cliente à laquelle vous devez égard et considération... Il me semble d'ailleurs que je n’ai pas le mot danseuse écrit sur le front... Avez- vous reçu ina lettre ?

GEORCES.

Oui, pour mon malheur!

roselina, surprise.

Ah çàl mais... qu’avez-vous donc?., que se passe-t-il? Vous me recevez comme uue averse dans un jour de fête.

GEORGES

C'est que vous avez amoné l'orage qui renverse mon bonheur à venir... Vous venez, sans lo savoir, do ruiner mes plus chères espérances.

ROSELINA se levant vivement et avec intérêt.

Est-il possible !.. Comment, mon cher Geoiges, mais ceci est sérieux, parlez?

GEORGES

J’aime la fille de M. Grandin, mon prédécesseur, chez lequel vous êtes en ce moment... J'espérais obtenir la main de ma chère Mathilde, lorsque M. Grandin, instruit, je ne sais comment que jo vous connaissais, et que j'avais eu uu duel pour vous, a cru devoir me refuser sou consentement.

ROSELINA.

Oh ! le père barbare I refuser pour gendre un intéressant jeune homme comme vous I

GEORGES

Cependant j'espérais oncoro vaincre son obstination, lorsque votre lettre est survenue, et mon mariage est maintenant tout à fait impossible.

roselina, avec sentiment.

Oh! mon ami, je suis désolée... (Changeant de ton). Mais c’est donc un patriarche que votre prédécesseur... ou est-il?., à quelle heure le nionlre-l-ou?.. Oh! il faut que vous me lo montriez !

GEORGES

Laissons cela... Quel service attendez-vous d« moi?

roselina.

Voici. . moi aussi, jo vau» mo marier.

GEORGES, surplis .

Ahl

Cola vous étonne ?

GEORGES

Non... tous n'avez jamais eu beaucoup de goût pour le théâtre...

ROSELINA.

Et pour la chorégraphie dans toute l'acception du mot? C’est vrai... (Ai^nl). La sanction obligée du corps diplomatique a, jusqu’à présent, manqué a ma gloire .. et je ne m’en répons pas... J ai toujours passé pour une bégueule parmi les danseuses de l’Opéra, qui, en général, ont ce défaut en horreur! Et vous, qui, sans me connattre, avez eu la générosité de me défendre, vous savez si la résistance est mon coté faible? Malheureusement, il n’y a pas plus loin de la reconnaissance à l'amour que... de votre beau-père futur à un original... Vous aviez été chevaleresque, mon cœur devait être reconnaissant... Mon départ pour Bordeaux mo rendit ingrate... Bref, dans mon dernier congé, j’ai achevé de tourner la tête à un provincial... qui n’en a pas une forte... il veut absolument m’épouser... j’ai réfléchi... et je mo laisse faire.

GEORGES

Vous quitteriez le théâtre ?

ROSELINA.

Je n'attendais qu'une occasion, et jo la saiais... au mariage..

Air : Démon de la nuit.

Ve- h* continue* bxjo caraclcru :

Je naine pat à m '«butor.

Hait d« io«t e* qui peut ne plaira,

Je uc «ait ilrn au réfuter.

Il ett ai dont, d'aioir aana cette,

Lu ntfi que l'ut doit ebèrir.

Et det caftait qaa l'un Cirrw,

Je «cum m'eu dooner ic piaùir.

Mon futur mari a acheté une maison de campagne près la ville qu’il habite, nous y vivrons une grande partie de l'année. A l’amo de mes jctés-baltus. j’ai donné dans ma vie pas mal do représentations au bénéfice des pauvres. Eh bien ! je donnerai là-bas quelques représentations dans le mémo genre... les malheureux n'v perdront rien, et ça me rappellera lo beau côté de ma vie d’artiste.

Georges, vivement.

Voas avez toujours eu un excellent cœur f

ROSELINA.

Vous vous en apercevez d'aujourd'hui?

GEORGES

Mais je ne vois pas en quoi je puis vous être utile?

ROSELINA.

Vous allez voir... Vous savez que le chapitre des informations est la préface obligée de tous les contrats do mariage... jo suis avertie oue mon curieux de fiancé, a chargé son notaire de faire secrètement une enquête sur ma vie intime, j’ai fait entendre quon pouvait s'adresser a vous.,. Je compte que vous ne refuserez pas de donner les renseignements demandés... Je ne désire que la vérité ?

GEORGES

Ce sera toujours un éloge.

ROSELINA.

Authentique I

C’est juste par-devant notairo.

Air ; d'IWci.

Je lui dirai qn'ane ffàee «crompüe,

A Y il# attraita «jouir ton pouvoir;

Je lui dirai que roua èiei jolie,

Et pour ne croira, il u’aura qui von voir.

Je loi dirai, deaaé-je roua iMp'aira,

Que voire ton en tout soit eiceller.

Que votre reprit tu toujours adr da plaira, l'our le prouver «oui alerta qu'à parler.

ROSELINA, riant.

Je parlerai... pour ne pas vous donner un démenti... Mfulur est arrivé ce matin , il ne me quille presque pas... c , : ce qui vous explique ma visite... (Elle lut remet une cavh Voici l'adresse du notaire.

grandin, en dehors.

Je no sortirai pas avant de l’avoir vu , co cher ami.

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