‹ Une page d'histoire [microforme]Chapitre 13 sur 22 · AUX ROM. X · texte numérisé non relu

AUX ROM. X

aux Romains, choses : croire os actions.

à prière faite voir montrée , grâce, sans

il faut croire eront-ils (les nt pas ? Et ils n’ont pas

devait présider empêcha,

“entendu parler ? Et comment en entendront-ils

“parler, s’ils n’ont pas de prédicateurs qui le leur ‘ annoncent ?

“ Mais comment les prédicateurs le leur annorce- “ ront-ils (c’est toujours S. Paul qui parle), s'ils ne “sont envoyés par celui qui est l’auteur et le maître “ de l'Evangile ? En effet, Jésus-Christ a envoyé “ses apôtres par toute la terre, selon qu'il avait été “ prédit par ces paroles d’Isaïe : Qu'ils sont beaux “ les pieds de ceux qui annoncent le salut ! ”

Avant de monter au ciel, Jésus-Christ à envoyé aux différentes nations du globe ses apôtres par excellence, ceux qu’il avait lui-même formés À la prédication de l'Evangile. Ceux-ci À leur tour et leurs successeurs, eten particulier le Pontife Romain Son Vicaire ici-bas, le gardien de ses enseignements, n’ont pas cessé d'envoyer des prédicateurs, des apôtres à toutes les nations, À tous les peuples, à toutes les tribus de la terre.

Le commandement donné par le maître et l’auteur de l'Evangile : Æuntes docete omnes gentes, a été fidèlement exécuté et continuera de l’ôtre jusqu’à la fin des temps.

Non seulement les évêques, mais tous les prédicateurs de l'Evangile, même au milieu des peuples chrétiens, sont des envoyés de Dieu ; ils ne peuvent prêcher sa parole qu’en vertu de leur mission ; tous,

24 À LA BASILIQUE

par conséquent, dans un sens, sont apôtres, Mais ceux-là méritent surtout ce titre qui sont envoyés aux nations infidèles. C’est À eux que s’appliquent spécialement les paroles du prophète Isaïe reproduites par S. Paul : “ Qu'ils sont beaux les pieds de ceux qui apportent la bonne nouvelle dela paix et des vrais biens que Jésus-Christ a procurés à tous les hommes ! ”

C’est pour obéir aux prescriptions de notre mère la sainte Eglise que la cérémonie présente paraît plus un deuil qu’une réjouissance, Tant que l'Eglise wa pas déclaré qu'un serviteur de Dieu est en posession de la gloire du ciel, nous ne pouvons pas lui rendre un culte public, bien que nous soyons convaincus de sa sainteté et que, privément, nous puissions l’invoquer.

Vous vous rappelez, mes Frères, quelle joie ce fut pour Québec lorsque, en 1878, les restes du fondateur de l’Eglise du Canada apparurent de nouveau à la lumière du jour ct furent portés triomphalement. dans les rues de notre cité. Eh bien, nous avons actuellement devant nous lès ossements de trois religieux de l’illustre Compagnie de Jésus qui ont été contemporains du Vénérable François de Montmorency-Laval. Comme lui, ils furent des apôtres et des fondateurs dela religion surle sol du Canada. Grâce au patriotisme et à la générosité du gouvernement de la province de Québec, leurs noms sont

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du gouverne- ’S OMS sont

gravés sur le marbre, et un superbe monument a été élevé en leur honneur dans l'église des Dames Ursulines. Sur ce monument nous lisons les paroles suivantes, abrégé de leur vie apostolique

“ [ci reposent dans le Christ trois membres de la Compagnie de Jésus, dévoués champions de la foi catholique,

“ L'un, Jean de Quen, né à Amiens, explora le premier Ja région du lac St-Jean, se fit pendant, vingt-cinq ans l’apôtre des Algonquins, puis périt à Québec, l'an 1659, à l’âge de cinquante-neuf. ans, victime de son dévouement aux pestiférés,

“ L'autre, François du Peron, français et prêtre, consacra viñgt-sept années de sa vie à évangéliser les Hurons. Il mourut au fort St-Louis, sur ja rivière Richelieu, en 1665, heureux d'aller jouir au ciel de la récompense de ses fatioues.

“ Le troisième, Jean Liégoois, originaire de la Champagne et frère coadjuteur, aida pendant dixneuf ans les Pères de son zèle intelligent et de ses travaux. Il était à Sillery, protégeant cet encouragcant les nouveaux convertis, quand, le 29 mai 1655, il tomba mort sous les coups des Iroquois, qui lui transpercèrent le cœur, lui enlevèrent la chevelure etluitranchèrent la tête. Il était âgé de cinquantequatre ans. ”

La relation de 1655 fait l'éloge du Frère Liégeois

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dans un style qui rappelle celui du martyrologe romain : ‘ Ce bon religieux, dit-elle, était homme de cœur tout plein d'amour pour les pauvres sauvages. La charité qu’il leur portait lui a causé une mort passagère pour lui donner une vie éternelle,”

Je crois entrer dans l'esprit de cette cérémonie en me renfermant dans les paroles de mon texte : “Qu'ils sont beaux les picds de ceux qui annoncent la paix, de ceux qui annoncent lesalut !” et en vous montrant brièvement que devant Dieu, devant l'Eglise et devant la société civile, le missionnaire est grand,

1; Devant Dieu le missionnaire est grand.

Mais, me direz-vous, peut-il y avoir quelque chose de beau, quelque chose de grand devant Dieu ? N'est-il pas lui-même toute beauté et toute grandeur ? Que sont devant Dieu les actions que les hommes appellent éclatantes, les exploits des grands capitaines et des conquérants ? Que sont les découvertes des savants et les productions des hommes de génie ? Tout cela peut-il exciter la louange et l’admiration de Dieu, attirer ses récompenses ? Nullement.

Mais que la charité se trouve dans un cœur, qu’elle porte l’homme le plus petit, le plus ignorant, à donner un verre d’eau froide à son frère, et tout de suite Dieu l'aime, fait son éloge ct lui réserve une

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les hommes grands capis découvertes nes de génie ?

Padmiration ement.

S un cœur, lus ignorant, e, et tout de réserve une

récompense éternelle, Ah ! mes Frères, c'est par le cœur et par l’amour qui y règne, que l’homme est grand devant Dieu et qu’il force son adiniration.

En face de ceux qui, pour son amour, conservent leur esprit ct leur cœur dans la pureté, il s’écrie : O quam pulchra est casta generatio ! ” Devant les êtres sortis de sa main toute-puissante, aux jours de la création, il s’était contenté de dire : « C’est beau, e’est bon ! ” Mais en présence des œuvres de la charité et de l'amour, ce grand Dieu se ] aller aux transports de l'admiration : “ Q pulchra est casta generatio ! ”

alsse

quam

Egalement, mes Frères, devant les messagers de la bonne nouvelle, devant les missionnaires qui, suivant les expressions de l'Ecriture, volent à la conquête des Âmes comme des #èches lancées avec vigueur, comme les nuées emportées par le vent, Dieu s’écrie par la bouche du prophète Tsaïe et de l’apôtre des nations : “ Quam speciosi pedes evanyelizantium pacem, evangelizantium bona ! ” Qu'ils sont beaux les pieds meurtris, déchirés à la poursuite des Îmes, qu’ils sont beaux !

Cette exclamation à li vue des pieds du missionnaire nous montre quelle doit être l'admiration de Dieu pour les battements de son cœur, pour les élans de sa volonté, pour les aspirations de son intelligence, excités et mis en mouvement par Île zèle de sa gloire ct par l'amour du prochain,

A IA BASILIQUE

Se séparer de ses Parents et de Sa patrie, affronter tous les d les souffrances, n’est rien Pourquoi ? Pi

angers, endurer toutes pour le missionnaire.

irce que, comme Jésus-Christ, il aime Jusqu’à l’immolation. C’est ce qu'ont fait saint F ançois-Xavier, saint Claver ; c’est ce qu'ont fait aussi leurs dignes Émules, les missionnaires et les apôtres du Canada, Lisez les Relations des Pères de la Compagnie de Jésus dans notre P verrez passer sous vos yeux tout c l’homme est Cape

ays, et vous e que le cœur de d'entreprendre et les et la gloire de

ible de concevoir, dexécuter pour le salut des infd Dieu.

Pour bien comprendre la g

‘andeur du missionnaire devant Dieu, il faudrait pouvoir connaître tout le

brix des âmes et le désir ardent que Jésus-Christ a de leur salut, L'âme du sauvage le plus ignorant, comme celle du plus grand savant ou du plus puis- Sant monarque, vaut le sang un Dieu, « Allez, allez, disait une sainte personne partait de France pour les gouttes du perdent.”

à sa compagne qui le Canada, allez recueillir

sang de Notre-Scigneur qui se

Aux yeux de Dicu, non seulement le missionnaire recueille les Souttes du sang de Jésus-Christ, mais, Comme son Fils, il est sauveur. C’est pour

echerche des Ur appliquant le fruit

ainsi dire son Propre Fils courant À la r âmes créées À son image ct le

ses amis, abandonner

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plus force mêm confi

mis, abandonner endurer toutes e missionnaire, Christ, il aime Pont fait saint ce qu'ont fait »nnaires et les ons des Pères C pays, et vous que le cœur de ntreprendre et ct la gloire de

ü missionnaire iaître tout le Jésus-Christ a lus ignorant, du plus puisieu, ‘ Allez, ‘oMmpagne qui lez recucillir iour qui se

le mission- J ésus-Christ, C’est. pour echerche des ant le fruit

de la rédemption. Sans doute, les apôtres formés par Jésus-Christ furent plus parf saints, la Sainte Vicrge et occupent dans la gloire un r n'y à pas de témérité À dire que ceux qui ont marché sur leurs traces, qui ont partagé leurs travaux et leur zèle dans la Propagation de l'Evangile, Partageront aussi au ciel, dans une

certaine proportion, leur gloire ct leur bonheur.

aits que tous les Joseph exceptés, ot ang spécial, Mais il

Sur la terre, ils ont été grands devant Dieu, et ils le seront aussi dans la patrie céleste,

IT

Si les missionnaires sont grands devant Dicu, ils ne le sont pas moins devant leur mère, la sainte Eglise. L'Eglise militante est compa armée dans laquelle la subordination et l’obéissance aux chefs légitimes fidèlement observées font la force ct la beauté, lui assurent

AI

rée À une

des conquêtes nouvelles, des sucer : sans cesse renaissants dans sa divine mission, qui est de prêcher l'Evangile à toutes les nations,

Dans une armée, même la mieux disciplinée et la plus vaillante, tous les soldats n’ont pa

8 la même force, la même

bravoure, la même ardeur et le même entrain ; aussi la garde du drapeau n’est pas confiée à tous indistinctement.

930 À LA DASILIQUE

nr mines thermes ann ammneanenginnnanaménine ms « ent tnt mme

Il ÿ à des troupes d'élite, des soldats sans peur ot sans reproche, qui tombent mais ne se rendent pas. Faut-il livrer un assaut dangereux, escalader une citadelle réputée imprenable, la tâche est assignée aux plus braves, qui partent comme l'éclair, Ils tomberont, mais leurs Corps eutassés serviront de ponts pour franchir le fossé.

Ainsi, dans l'Eglise militante, il y a des Ames fortement trempées, des soldats d'élite. Ce sont ces chrétiens qui, au lieu de dépenser leur jeunesse dans les plaisirs énervants, l'ont employée À la pratique de la vertu, à la méditation des grandes maximes de l'Evangile, et qui ont compris que le salut d’une me va it mieux que la conquête d’un royaume. Ils ont fait un long apprentissage de l’obéissance et de la mortification ; ils ont prêté l'oreille à cette parole du Sauveur : “$Sji quelqu'un veut venir après moi, qu’il se renonce lui-même, qu'il prenne sa croix ct qu'il me suive!” Ils ont ouvert leur cœur à la divine charité, qui en a fait comme un brasier ardent, dont la flamme tend à s'échapper ct à se répandre au loin,

C'est parmi ces braves que l'Eglise choisit les missionnaires et les apôtres pour les envoyer jusqu'aux extrémités du monde à l'assaut des citadelles de l’infidélité et du paganisme. C’est à eux qu’elle confie la garde de l’étendard de la

croix ct leur ordonne d’aller le planter sur tous les

co

ats sans peur et se rendent pas.

escalader une 1e est assignée e Péclair, Ils ‘8 serviront de

y à des âmes lite. Ce sont leur jeunesse mployée À la 1 des grandes ompris que le ‘onquête d’un rentissage de ils ont prôté “Si quelqu'un ice lui-même, ve!” Ils'ont qui en a fait amme tend à

e choisit les les envoyer l'assaut des me, C’est à ndard de la

sur tous les

continents, dans toutes les îles, à l’orient, au couchant, au midi, au septentrion.

Par leur dévouement, leurs travaux, leur charité, l'effusion de leur sang, les missionnaires surtout

prouveront jusqu’à la fin des temps que l'Eglise est sainte et apostolique,

Lorsque nous chantons “Je crois l'Eglise sainte et apostolique,” nous n’entendons pas seulement qu’elle a produit des saints dans le passé, dans les premiers siècles de son existence, que la doctrine qu’elle nous enseigne vient des apôtres qui l’ont fondée ; mais nous professons encore qu’actuellement l'Eglise est sainte et apostolique, qu’elle seule produit les saints et les apôtres, qu’elle seule sait engendrer ces hommes au cœur large et généreux, comme étaient ceux dont les cendres sont sous nos yeux ; comme était le premier évêque de Québec, et toute cette légion d’âmes héroïques qui ont présidé à l’établissement de la foi catholique dans nos vastes contrées,

Gloire À ces héros ; gloire à ces familles religieuses dont les enfants ont porté le nom du Christ jusqu’à l'extrémité de la terre ! Nous devons les honorer et leur rendre grâces. Tout en prouvant la sainteté de leur mère, ils ont, par leurs mérites, grossi le trésor de l’Eglise, amassé ces richesses spirituelles qui, en vertu de la communion des saints, composent le Patrimoine commun de tous les fidèles.

A LA BASILIQUE

Ah ! mos Frères, c’étaient de

8 Saints, c’étaient de M ati véritables apôtres ces enfants de saint Ignace dont | De les noms sont présents à votre mémoire ct se pressent H (Qu sur Os lèvres. Ajoutons qu'ils ont été des martyrs. D fat Tous n’ont ras eu la gloire ctle ponheur de verser M cal leur sang pour le Christ et pour la diffusion de son 1 au Evangile comme Garnier, Brébeuf, Lallemant, M mi. Daniel et Jogues ; mais tous, devant Dieu et devant 4 Phi

l'Eglise, ont recueilli la palme du martyre par le

désir ardent de sacrifier leur vie ; tous ont été des . martyrs par les souffrances, les fatigues et les priva- dèn tions de toutes sortes, D on [ya deux ou trois siècles, traverser les mers nn 7 était déjà une rude épreuve. Elle n'était cependant MN pot que le prélude de celles qui attendaient le mission- nn naire sur notre sol couvert de forêts et habité par | n des peuplades barbares, enfs prot Avec nos moyens si faciles de communications, unic TOUS AVONS peine à nous figurer les atigues et les vos. dangers éprouvés par les missionnaires dans leurs E courses apostoliques sur un territoire immense, Que inconnu, où, à chaque pas, se rencontraient des À obstacles et des ennemis, ct tout.

Que dire surtout des voyages accomplis pendant À apôt l'hiver, au milieu des glaces et des neiges, À travers 1. les bois sans chemins b

attus ? Et, après une journée vers de marche forcée, quelle était l'hôtellerie qui des

its, C’étaient de t Ignace dont 'e et se pressent té des martyrs.

heur de verser ffusion de son f, Lallemant, Dieu et devant iartyre par le sont été des s et les priva-

rser les mers ait cependant it le missionet habité par

imunications, tigues et les s dans leurs re immense, ntraient des

plis pendant es, à travers une journée tellerie qui

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attendait le pauvre missionnaire tre De quelle nourriture pouvait-il réparer ses forces ? Quelle couche recevait ses membres brisés par ] fatigue ? Pouvait-il même se reposer dans cette cabane étroite, habitée par une nombreuse amille, au milieu d'une atmosphère remplie de famée et de miasmes ? Comment se défendre du troid pendant l’hiver ?

mpé de sueurs ?

ni

Ce n'est pas seulement une nuit, faut passer ainsi dans la compagnie des sauvages, dont les plus humains sont d’une grossièreté repoussante, ce sont des mois ct des années. Car ce n’est que par un séjour prolongé que le mis pourra apprendre ces langues étranges qui varient suivant les tribus et les bourgades ; ce n’est que par un séjour prolongé qu'il parviendra À instruire ces enfants de la forêt et À gagner leur cœur, en leur prouvant qu’il ne recherche pas leurs biens mais uniquement leur Âme, Mon Juærimus vestra sed

vos. (IT Cor, XII—14.)

un jour qu'il

sionnaire

Ecoutez le récit d’une des courses du Père Quen. Ce n’est pas la plus pénible, par est faite pendant la belle saison.

toutefois une idée apôtres,

de ce qu’elle Elle nous donne des fatigues supportées par ces

Le Père de Quen est à Tadousac. Il vers le septentrion, sur des Européens,

apprend que les bords d’un lac inconnu quelques chrétiens sauvages sont

34 A LA BASILIQUE

malades ct désirent un missionnaire, Il prend deux indiens pour le conduire, s’embarque dans un petit canot d’écorce et, cinq jours durant, ils travail lent, depuis le point du jour jusqu'au coucher du solcil,—c’était au mois de juillet, —} remonter les rivières et les lacs, ramant toujours contre des

courants où contre des torrents qui leur faisaient

bander tous les nerfs du Corps pour les surmonter,

suivant l'expression du Père de Quen lui-même.

Ils rencontrent dix rapides

S où dix portages qui les obligent à débarc ucr dix fois pour : asser d’une 8 ÿ

rivière à l’autre, ou d’un courant trop rapide À une autre partie de la rivière plus navigable,

Dans ces portages, dont quelques-uns ont une lieue et demie, ils prennent sur leurs épaule leur tôte et le bateau et tout ce

marchent par des chemins où n'on des bêtes sauvages, tant ils sont pierres, d'arbres renversés e franchissent des montagnes esc cachés dans l’abîme des forêts

8 où sur qu'il contient et t jamais passé que affreux, couverts de t de broussailles ; ils arpées et des précipices

Enfin, ils arrivent sur le bords d’une grande nappe d’eau, terme de leur voyage,

Remarquez que cette visiter des chrétiens.

fois le missionnaire venait 68 sauvages, dit la Relation, le premier leurs terres.

sortent de leurs cabanes pour voir Français qui ait jamais mis le pied sur

mi.

car cro dai ven

( de] aur diff leur hon

y de 1 rega com:

enfai venu êtes robe lui-m

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ire, Il prend barque dans un rant, ils travailau coucher du à remonter les rs contre des leur faisaient les surmonter, lui-même.

Portages qui passer d’une rapide À une le,

-Uns ont une paules ou sur | contient et 1ais passé que , Couverts de >ussailles ; ils des précipices

une grande

naire venait la Relation, le premier leurs terres.

PANÊGYRIQUE PRONONCÉ PAR MGn PAQUET 95 —————— me

C'était le 16 juillet 1647. Grâce au Père de Quen, le lac Saint-Jean était découvert e

t la route frayée aux Européens.

En arrivant sur le bord de ce lac, le généreux missionnaire éprouva une bien douce consolation : car ce qui frappa tout d’abord sa vue fut une grande croix plantée sur un promontoire élev dans les caux et au pied de laquelle venaient prier,

6, qui s’avance les chrétiens

Ces bons chrétiens s’étonnaient, dit la Relation, de l’entreprise du missionnaire, ne croyant pas qu’il aurait jamais eu le courage de franchir tant de difficultés par amour poureux, Ils le recurent dans leurs cabanes comme un tre supérieur, comme un homme venu du ciel

Vous avez raison, bons néophytes, braves : riens de la nation du Porc-Epie, vous avez raison de regarder le missionnaire c comme un homme :

enfants de la forû venus du ciel où hab êtes les frères (

mme un être supérieur,

du ciel. Mais vous aussi.

vous êtes des Ôtres supérieurs, :0 notre père commun, Vous Jésus-Christ, Que dis-je ? Pour cette robe noire, pour cet apôtre, vous êtes Jésus-Christ lui-même !

Le missionnaire porte gravée dans son cœur cette parole de son divin maître : “ Tout ce que vous ferez au plus petit d’entre les miens, c’est À moimême que vous le furez. ” Ne vous étonnez donc

A LA BASILIQUE

| en {| 1 pas des travaux qu’il a supportés pour venir jusqu’à

Vous ; Ch Vous pressant sur son cœur, c’est Jésus qu'il tient dans ses bras et il s

€ trouve assez récom- 4 , pensé,

Le missionnaire ne se plaint pas de souffrir de la faim, de la soif, de la chaleur eu du froid, de

eoucher en plein air sur la terre humide ou glacée, de n’avoi

| r aucune consolation, aucun soulagement | de la part des hommes.

Au contraire, son cœur déborde de joie. Comme S. François-Xavier, il s’écrie : « Seigneur, Seigneur, encore davantage, encore de nouvelles croix !” Ou, avec le même saint : « Assez, Seigneur, assez ! ”

Quoi, assez ! assez de souffrances ? Non, assez de Joie, assez de consolation, 1

a mesure cst pleine et déborde,

Même lorsqu'il n’a pu atteindre la brebis poursuivait, ou que sa parole n’a pu la convaincre, le cœur du missionnaire est dans la joie : il sait que Dieu le voit et que le zèle n’est jamais inutile, Jamais les œuvres de dévouement et la parole de Dieu ne reviennent vides. Souvent, comme le grain de froment, les sueurs de l’apôtre et la parole de Dieu demeurent cachées dans la terre, mais tôt qu tard elles portent leurs fruits. Les missionnaires ont sans (loute recueilli de belles moissons ; mais leurs successeurs récoltent pendant bien longtemps encore sur le champ ensemencé par ces héroïques pionniers.

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; Mais leurs temps encore les pionniers.

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Devant Dieu les vrais et seuls grands hommes sont ceux qui étendent sa gloire et son règne, font connaître et adorer son nom ; CEUX. qui recucillent les gouttes du sang de son Fils.

Dans l'Eglise militante, les héros sont les saints, les missionnaires, les apôtres et les martyrs : ils composent l'avant-garde de l’armée du Christ. Ces hommes au courage indomptable, à 1 charité ardente, sont civile,

a foi vive, à la grands aussi devant la société

Depuis la fondation de l'Eglise, ils ont été et sont plus que jamais, à l'heure présente, en Afr l'extrême Orient, en Océanie, en Amér les pionniers de la civilisation.

ique, dans ique, partout,

L'histoire des apôtres de notre pays fournit un exemple frappant de leur action civilisatrice et des fruits versés sur la société civile,

À qui devons-nous de n'avoir p longtemps la lutte contre les différentes nations qui peuplaient le Canada ? N'est-ce pas aux missionnaires bien plus qu’à ln force des armes ? En les Convertissant au christianisme, ils les civilisèrent ct les transformèrent ; de ces hommes farouches, fourbes, cruels et sanguinaires, ils firent des hommes doux et pacifiques. Tout en conservant leur vie

as soutenu plus

RE PA 38 A LA BASILIQUE

nomade, leurs habitudes de chasse et de pêche, ils abandonnèrent leurs mœurs barbares, devinrent ce que sont encore aujourd’hui leurs descendants, des citoyens paisibles et religicux.

Grâce en grande partie aux missionnaires, pour l'honneur de notre pays et de notre race, ils n’ont pas été comme ailleurs, chassés du sol ou détruits, mais ils ont été conservés et civilisés.

Ne sont-ce pas aussi les missionnaires qui, par Jeurs courses apostoliques, leurs écrits, leur long séjour au milieu des tribus sauvages, ont fait promptement connaître notre vaste Pays, ses fleuves, ses lacs, ses rivières, ses montagnes, ses vallées fertiles, ses richesses forestières ct minières ? A qui devonsnous la connaissance des langues et des coutumes de ces peuples ? Qui a écrit les premiers dictionnaires et les premières grammaires dans les différents idiomes de ces nations ?

En parlant devant l'auditoire le plus catholique que l’on puisse réunir, je suis parfaitement compris quand je dis que le missionnaire est, par excellence, le promoteur du progrès véritable et de la civilisation, et qu’à ce titre, comme à bien d’autres, il est grand et mérite la reconnaissance,

En cffet, mes Frères, pour le chrétien, pour le catholique, où se trouvent le vrai progrès et la véritable civilisation ?

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ramené és.

Sd D PANÉGYRIQUE PRONONCÉ PAR MGR PAQUET 99

Dans le développement du commerce, de l’industrie et de la culture du sol ? Dans le perfectionnement des machines ? Dans les moyens prompts ct faciles de se transporter d’un bout du monde à l’autre ou d’y chVOycr sa pensée ct sa paro!e avec la rapidité de la foudre ? Dans les découvertes scienti-

‘fiques et leurs applications aux arts mécaniques ou au soulagement des infirmités humaines ? Dans la culture des sciences ct des lettres ?......... Oui, tout cela constitue un progrès, une civilisation, mais ce n'est pas le Progrès et la civilisation dans toute l'étendue du mot, Le vrai progrès, la véritable civilisation doivent embrasser l’homme tout entier,

SON Corp. : 5 Âme ct ses destinées éternelles, La vraic civilisat : brasse le monde visible et lc monde invisible : l’homme est fait pour les deux. L

a véritable civilisation apprend à l’homme À regarder le ciel, sa patrie ; elle le détache de la terr

e et l'élève jusqu’à Dieu, sa fin dernibre.

Voilà ce que fait le missionnaire catholique. A ses Jeux, il n'y a pas de distinction entre le juif et le gentil, entre le noir ct le blanc, entre le sauv du Canada ct l'habitant de Paris.

d’origine, de destinée et de r les hommes, il la proclame par son dévouement, au prix même de son sang. Cette civilisation fondée sur la foi tend, pour le bonheur des peuples, à régénérer le monde entier dans tous ses éléments.

age Croyant À l'unité édemption pour tous

En même temps qu’elle pénètre

de principes

A LA BASILIQUE

Surnaturels et éclaire les elle communique harmonie d’où dé

dépositaires du pouvoir, à tout le corps social cette parfaite pend la félicité des nations.

La cérémonie de ce jour est pleine d'instruction et de consolation : elle est tout à la louange du peuple canadien-fran çais. La présence, autour de cette tombe, des chefs de l'Eglise et de l'Etat, de tout ce que notre ville renferme de plus illustre dans la magistrature, dans les professions libérales et dans le Commerce, les différentes sociétés de Québee, ct, en particulier, la Présence de la société Saint-J ean-Baptiste, wardienne vigilante de nos traditions et de nos gloires nationales, montre que l’on sait reconnaître ct honorer la véritable grandeur et que le missionnaire n’est Pas seulement grand

devant Dieu et devant l'Eglise, mais qu’il est encore grand devant la société civile,

Les membres de Ja Société de Jésus me permettront bien d'associer aux noms des religieux de leur illustre Compagnie ceux de quelques personnes qui, comme les enfants de saint Ignace et ceux de saint François d'Assise, ont été missionnaires et apôtres dans nos contrées et ont bien mérité de Dieu, de l'Eglise et de la société.

Je mentionne en premier li

eu les enfants de Monsieur Olier et ceux de M

arie Immaculée.

Ces derniers ont e

ontinué dans notre siècle et sur

es du pouvoir, il cette parfaite nations,

> d'instruction a louange du Ice, autour de : de l'Etat, de

plus illustre sions libérales 8 sociétés de

de la société e de nos tradiontre que l’on e grandeur et ment grand vil est encore

me permetzieux de leur ersonnes qui, eux de saint :s ct apôtres de Dieu, de

enfants de ulée.

siècle et sur

notre sol la série des hommes hér

oïques des siècles précédents.

Dans la famille des apôtres du Canada, l’épiscopat est largement représenté. Les évêques Blanchot, Demers, Provencher, Taché, Grandin, Faraud, ont consacré toute leur vie à la prédication de l'Evangile au milieu des tribus sauvages ct reproduit le zèle,

le dévouement ct les vertus du Premier évêque de Québec.

D'autres ont employé aux missions infidèles les plus belles années de leur existence. Vos regards se portent sans doute sur le vénérable évêque des Trois-Rivières, et votre mémoire n’a pas oublié Mgr Poiré, Messieurs Thibault, Langlois, Bourassa, et le prélat distingué, Mgr Bolduc, qui, il y a deux ans, descendait dans la tombe, riche de travaux et de mérites, pleuré de tous ceux qui avaient eu l'avantage dele connaître, d'apprécier les qualités de son esprit et de son cœur, laïssant un

vide immense dans le cercle de ses nombreux amis.

parmi les

Qu'il me soit permis de rappeler que, dans la dernière partie du XVII siècle, le séminaire de Québec était seal chargé d’évangéliser les nations de Acadie, du Mississipi et de ses affluents.

Guidés par la Providence, il y a des choses merveil-

leuses que les hommes accomplissent sans dessein

prémédité. C’est ainsi que Québec, berceau de la

A LA BASILIQUE

nationalité canadienne-fra

nfaise, où tant de cœurs | © généreux ont battu, centre de ralliement d’où tant M v de braves s’élancèrent À la conquête des Âmes, ville le illustrée par les vertus d’un gi

grand nombre P ient un reliquaire où

telles des prédicateurs

d’apôtres et de martyrs, dev l’on réunit les dépouilles mor

dé de l'Evangile avec celles des fondateurs de notre Q patrie. gl Il est säins doute regrettable que les restes des éc apôtres de Quen, du Peron ct Liégeois ne puissent pas demeurer à l'endroit même où ces vaillants À 1e athlètes passèrent une partie de leur vie et où ils EL À reposèrent pendant plus de deux siècles. Mais, | consolons-nous, leurs cendres vont se rapprocher de tra celles d’autres apôtres, leurs Contemporains, Elles am vont reposer dans l'antique église des Ursulines, frè SOUS la garde de ces femmes admirables qui adi continuent, dans l’enseignement et l'éducation de la jeunesse, l’apostolat de leurs devancières ; À côté des fondatrices de ce monastère qui furent, elles Le aussi, des missionnaires et des prédicateurs au 1ojL

milieu des S&uvages. À l'approche de ces restes précieux, les ossements de la Vénérable Mire Marie ji de l’Incarnation, de Madame de la Peltrie, de la 1 Mère St-Augustin et de tant d’autres qui ont été nourries des enseignements des P

ères de Quen et du Peron, vont tressaillir d’allégresse,

Reposez en paix, cendres des martyrs, des apôtres

tant de cœurs ment d’où tant des Âmes, ville grand nombre n reliquaire où es prédicateurs éeurs de notre

les restes des ois ne puissent 1 ces vaillants r vicet où ils siècles, Mais, rapprocher de orains, Elles e8 Ursulines, mirables qui éducation de ières ; À côté furent, elles dicateurs au de ces restes Mère Marie eltrie, de la qui ont été > Quen et du

, des apôtres

et des saints de mon PAYS, reposez en paix sous les voûtes de cette Basilique, sous les voûtes de toutes les églises de la cité de Champlain.

Reposez en paix et soyez nos protecteurs,

Quand la trompette du Jugement sonnera le réveil] de tous les morts, de quel éclat brillera le rocher de Québec ! Tous ces corps d’apôtres ressusciteront glorieux et le couronneront d’une Ît éclatante que celle du soleil.

Qu'il sera nombreux le cortège de teurs qui s’avanceront de Québec ver éternelles !

imière plus

S triomphas les demeures

Efforçons-nous, mes Frères, de marcher sur les traces de ces héros, de faire vivre dans nos cœurs leur amour pour la gloire de Dieu et pour le salut de nos frères, afin qu’au jour. de la résurrection nous soyons admis dans leurs rangs. Ainsi soit-il.

Les élèves du Petit Séminaire chantèrent ensuite le Libera, et Sa Grandeur M gr Fabre, une seconde fois, récita les prières de l’absoute.

A la chapelle des Dames Ursulines-—1.e monument.

Après le Libera chanté à la Basilique, la procession

se reforma (ans le même ordre qu'auparavant, pour aller au monastère des Ursulines, où l’inhumation devait se faire. Lorsqu'on y fut arrivé, la fanfare Militaire exécuta la marche de Saül, pendant que la foule pieuse s’agenouillait autour du catafalque, entouré de lumières ct recouvert de draperies funèbres, où les porteurs Ilurons déposèrent les cercueils. Sa Grandeur Mgr Duhamel, archevêque d'Ottawa, donna l’absoute, et les dames religieuses chantèrent le Zibera avec accompagnement d'orgue, Alors les cercueils furent descendus dans le caveau, au-dessous du chœur, et Son ITonneur le lieutenant- Souverneur dévoila, À tous les regards, le beau Monument érigé dans la chapelle à la mémoire des missionnaires, par le gouvernement provincial,

Ce monument, dessiné dans le goût c

lassique,

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