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‘que les puissants, les nobles et les seigneurs ‘ confiaient l’histoire secrète de leur vie. Cétait ‘ de la bouche d’un Jésuite que les ; Jeunes gens des ‘classes hautes et moyennes apprenaient les “ premiers rudiments des études; Jusqu’à la rhétorique ‘et la philosophie. La littérature et la science, ‘ compagnes jusque-là de l’'incrédulité et de l’'hérésie, ‘se montrèrent les alliées de la foi orthodoxe. ‘ Devenue reine du sud de l'E “urope, la société de ‘ Jésus, victorieuse, se prépara à d’autres conquêtes, “ S’inquiétant peu cles océans ct des déserts, de la ‘ faim, de la peste, des espions et des lois pénales, ‘ des prisons et des tourments, des gibets et des ‘* haches, les Jésuites apparurent sous toutes les ‘: rar dans tous les pays ; on les vi à ln cour nostile de Suède, dans les vieux châteaux du ‘ Chester, au milieu des campagnes du Connaught : ‘ils disputaient, instruisaient , Consolaient, attiraient ‘‘à eux les cœurs de la jeunesse, remuaient le ‘courage des timides, et portaient le crucifix aux “ lèvres des agonisants ”.
Ajoutons à cet éloge impartial les belles pages échappées de la plume de Bancroft, l’habile historien des colonies anglaises, ct éelles de Parkman, et nous
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des catholiques, pour faire l'apologie ou la justification des Jésuites ; ils n’ont besoin, du reste, ni de l’une ni de l’autre.
Dans un grand discours sur la guerre aux Jésuites, prononcé le 81 août 1877, en l’église du Jésus, à Paris, le R. P. Félix disait : “ Depuis plus de trois cents ‘ans qu’il marche dans les orages de notre monde ‘ nouveau, le bataillon d’'Ignace n’a pu trouver un “ jour de trêve, ni une here de repos. On dit que ‘ le créateur de cette légion militante eut la vision “ prophétique de cette étrange destinée. Lorsqu'il “se rendit à Rome, pour obtenir du Saint-Siège la “ confirmation de son œuvre, le Sauveur lui apparut “ près de la ville, portant la croix sur ses épaules, et ‘illluidit en le regardant : “ Ignace, je te scrai “ propice à Rone ; Roma tibi propitius ero. ” Cette “vision donna au saint fondateur la double “ certitude qu'il surmontcrait tous les obstacles que “ son institution allait rencontrer à Rome même, et “ que cette institution, une fois organisée, elle aussi, “ porterait sa croix, ct que la persécution ne lui ‘“ manquerait pas. On ajoute même qu'Ignace “ demanda et obtint, pour les siens, ce singulier “ privilège : être attaqués et persécutés toujours, ”
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L'histoire a surabond mment prouvé que le vœu de saint Ignace s, réalisé à la lettre : la persécution x poursuivi ie Jésuite Jusque dans les coins les plus obscurs et les plus reculés du globe, persécution toujours, persécution partout. A peine est-il question que les Jésuites acceptent de passer en Canada, qu’un élément hostile ennemi-né, sorti des flancs du protestantisme, lève la tôte et met des obstacles sérieux à leur départ. Arrivés enfin à Québec, ils ne trouvent pas de place pour se logér. A l'instar du Fils de l’homme, ils n’ont point de pierre pour reposer leur tête, Ils acceptent la bonne hospitalité des Récollets, mais y trouvent-ils du moins la sécurité, la paix ?
Leurs premiers regards tombent sur un ignoble
pamphlet distribué à profusion au sein de la petite colonie : c’est un ramas de diatribes dirigées contre la Compagnic’ de Jésus. LA où ils s’uttendaient à ne rencontrer que des infidèles, voilà que lhérésic de Calvin, plus redoutable que l’infidélité, se dresse Menaçante devant eux, encouragée par des sectaires à gages.
Mais ce régime de persécution officielle ne pouvait durer longtemps. Champlain s’interposera bientôt, et, grâce À la fondation de la Compagnie de la
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{| Nouvelle-France, le catholicisme aura droit de cité en ce pays. La mission canadienne, livrée tout
entière au sage gouvernement des disciples de
Loyola, verra des jours prospères. Des résidences s'ouvrent aux Trois-Rivières, à Miscou, et à l’île du Cap-Breton. La robe noire pénètre au cœur des peuplades sauvages, etla nationalité française va s'implanter avec la croix du Sauveur. Le Jésuite sait leur inspirer du respect ; pour lui seul ils éprouvent de la confiance ; leur âme cède involontairement à l’ascendant de la charité. Après avoir converti à la foi la nation huronne, le Jésuite voit l’anéantissement presque complet de ces nouveaux chrétiens et la ruine d’une Eglise qui donnait les plus belles espérances. Terrible épreuve pour ces bons Pères qui voyaient crouler dans un moment
l’œuvre de vingt années de travaux héroïques.
Leurs regards se tourneront désormais vers un peuple resté jusque-là insensible à leurs efforts. L’Iroquois féroce voit un ennemi dans tout Européen, et tout ennemi e:t pour lui une victime àimmoler.
“ Cependant le Jésuite n’hésite pas devant l’orage. “ Dans les nombreuses Relations de cette lugubre
‘“ époque, on ne trouve pas, dit Parkman, une ligne ‘ qui donne occasion de soupçonner qu’un seul homme
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INTRODUCTION xi
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“ froide intrépidité, qui étonnait les sauvages et
“ imposait le respect. ?
. Les solitudes les plus sauvages apprirent Îles mystères chrétiens de la bouche de ces missionnaires hardis. Poussés par Cet esprit divin qui soufile les nobles et fortes inspirations dans les cœurs dont il U s'empare, les fils de Loyola traversent les rivières, gravissent les montagnes, fondent des églises, au ® sein de la grande confédération iroquoise. Les NU rochers de ces bourgades portèrent longtemps l'empreinte de leurs pas, et Satan, qui, depuis des siècles, avait exercé son empire sur ces peuples plongés dans les ténèbres de la mort, recula impuissant devant la croix du missionnaire. Mais auparavant il a, dans sa rage, désigné les soldats du Christ qui devront payer par le martyre la victoire à remportée sur lui. Jogues, Daniel, Buteux, Brébeuf, Garnier, Lalemant, Liégeoïs, tombent tour à tour victimes de leur héroïsme.
Tels furent les traits saillants de cette période qui vit accourir en Canada cinquante Jésuites, tous
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anxieux de donner leur vie en holocauste à Dieu.
‘Ceux qui font le sujet de ce livre sont les Pères
Jean de Quen, François du Peron ct le Frère Jean Liégeois. On n’a pas oublié avec quel bonheur fut saluée la découverte inattendue de leur, restes mortels, ni cet appareil funèbre, ni cette démonstration religieuse qui ont entouré leur sépulture dans les caveaux de Ja chapell: des Ursulines. L'Eglise de Québec, reconnaissant les services que ces héros d’un autro Âge rendirent à la religion, avait appelé ses enfants à venir encore une fois associer leurs hymnes à leurs prières autour de ces ossements bénits, Aujourd’hui ils reposent en paix à côté de la Mère de l’Incarnation, la vénérable fondatrice des Ursulines, ct ils n’en sortiront qu'au jour du grand réveil !
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