Ü COLLÈGE DES JÉSUITES
devrait maintenant prend
re place dans les archives officielles du Départeme
nt des Travaux Publics ?
Croyez-moi, Cher Monsieur de Boucherville,
Votre bien dévoué,
(Signé) p, GARNEAU,
Commissaire.
Vraie copie, ERxEsT GAGNON,
Sec, Dép. T, P,
Boucherville, 14 juillet 1889.
L’honorable P. GARNEAU, DA LR LA Québec.
Mon Cher Monsieur,
J'aurais répondu plus tôt à votre lettr courant, mais j’ai voulu consulter m pour savoir si j'avais quelque
Taschereau sur le sujet que vous n'ai rien trouvé dans les li
'e du 8 du à Correspondance lettre de Mgr mentionnez. Je stes de lettres qui m’avaient été faites par M. E. Gagnon. Autant qu’il m’en
souvient, il n’y a Jamais eu de communication officielle avec Mgr Taschereau, et c’e
st de vive voix
(b LA DÉMOLITION DU COLLÈGE DES JÉSUITES
que je lui avais demandé son opinion, Sa réponse, après avoir consulté Mgr Conroy, fat qu’on pouvait démolir les casernes ; fut-ce de vive voix où par écrit que cette opinion me fut donnée, je ne me le rappelle pas. Je ferai encore des recherches et si je trouve quelque chose concernant les Jésuites, je me ferai un plaisir de vous le communiquer, quoique, à vrai dire, je n’en voie ni la nécessité, ni Putilité, Je vous prie de me croire,
Votre tout dévoué, (Signé) C.-B. de Bovonervize.
Vraie copie,
E, G., sec.
Cette correspondance nous indique clairement les principales causes de la disparition de ce souvenir vivant des temps les plus héroïques de la colonie, et nous prouve en même temps que la conduite de l'honorable M. de Boucherville en cette. circons-
tance ne mérite aucun blâme.
Sa réponse, von pouvait
voix où par
e ne me Île | erches et si 4 es Jésuites, s mmuniquer, nécessité, ni 4
HERVILLE,
clairement cesouvenir \ colonie, et onduite de tte. circons-
IT
La découverte de trois squelettes
Les démolisseurs se mirent donc à l'œuvre pendant l'été de 1877, et quelques mois plus tard le Collèce Ù ueiq £ des Jésuites n’existait plus.
En 1878, le gouvernement Jol y, qui avait remplacé celui de M. de Boucherville, fit déblayer le terrain des Casernes des Jésuites. Au mois d'août de cette année, la pioche de l’ouvrier mit À découvert des ossements humains, Suivant la Relation de M.
Faucher de Saint-Maurice, qui avait été chargé de diriger les fouilles ordonnées ar le gouvernement, ces ossements gisaient “ à vingt-trois pieds à l’est de la porte principale des Casernes des Jésuites et à douze pieds trois pouces du mur qui court parallèlement à la rue de l’ancien marché. Le crâne de ce squelette était recouvert d’une chevelure rousse, assez longue et encore adhérente. ” Sur la recommandation du docteur Hubert Larue, professeur
PAM theme D meséeq arret te let mer ER du {
| | à l'Université-Laval, ces ossements furent mis dans un cercueil et transportés au cimetière Belmont.
Le 81 août, les ouvriers découvrirent un nouveau squelette, sans crâne, ‘ à environ trois pieds trois pouces plus à l’est de l’endroit où avaient été
en porcelaine blanche, qui avait la forme d’une croix de Saint-André, était placée À l'endroit où manquait la tête. ” Ces restes furent placés dans une boîte en bois et déposés dans le Regimental Magazine, petite construction en pierre qui s’élevait sur le terrain des Jésuites.
Au mois de septembre de la même année, on mit encore à découvert des ossements humains. Ce squelette ‘ se trouvait à un pied neuf pouces À plus à l’est du dernier mentionné plus haut, ” et ‘à trois pieds un pouce du mur qui court parallèlement à la rue du marché. 11 était presque grosseur et par sa conservation. ” Ces ossements furent mis dans la même boîte que ceux qu’on avait découverts le 31 août, et enfermés sous clef dans le même entrepôt militaire.
Nous sommes donc en présence de trois squelettes trouvés sur le terrain de l’ancien Collège des Jésuites. Il s’agit maintenant de les identifier. Pour cela M. Faucher fit relever le site de l’ancienne chapelle des
trouvés les premiers ossements. . Une petite croix %
complet ; le crâne surtout était remarquable par sa A plet ; 4
égl ce f que J’an TL app nou méc Har suje sont n’hé mên Frar Liég nous Père de c
Le
ont mis dans Belmont.
un nouveau is pieds trois avaient été petite croix forme d’une l'endroit où placés dans Regimental qui s'élevait
e année, on ts humains.
neuf pouces s haut, ” et court paralait presque uable par sa S ossements ceux qu’on és sous clef
is squelettes des Jésuites.
our cela M.
chapelle des
Jésuites, ot constata que les ossements exhurmés par la pioche des démolisseurs reposaient dans les voûtes souterraines de cctte chapelle. Tous ceux qui ont étudié l’histoire affirment que c’est bien en cet endroit que s’élevait la chapelle de la congrégation des hommes qui servait aux membres de la Compagnie de Jésus, avant la construction de leur église en 1666. Personne ne cherchera à contredire ce fait si universellement admis et prouvé, Donc il n’y a aucun doute que les trois squelettes en question ont été recueillis sur l'emplacement de l’ancienne chapelle des Jésuites.
Un autre fait certain, c’est que ces ossements appartenaient à des personnes du sexe masculin, et nous en avons pour preuve les témoignages de trois médecins, MM. H. Larue, C.-E. Lemieux et A.
Hamel, qui ont exprimé la même opinion sur le sujet.
Il ne nous reste plus qu’à savoir si ccs squelettes sont ceux de trois missionnaires Jésuites. Nous n’hésitons pas À répondre affirmativement ct à ajouter même que ce sont ceux des Pères Jean de Quen et François du Peron, et du Frère coadjuteur Jean Liégeois. Pour démontrer cette dernière proposition, nous n'avons qu’à parcourir le Diaire des anciens Pères de Québec touchant la mort et la sépulture de ces trois missionnaires,
Le Frère Jean Liégeois fut enterré au bas de la
anses emnlende,
10 LA DÉCOUVERTE 3 | chapelle ; c’est là, suivant le rapport ofliciel de M. D | Faucher de Saint-Maurice, que, le 31 août 1878, 5 b les démolisseurs trouvèrent un squelette, De plus, WW 7 ce squelette était sans crâne ; or le Diaire nous Æ J apprend que les Agniers tuèrent ce frère et lui ) p coupèrent la tête, qu'ils laissèrent sur place. Le À à lendemain, les Algonquins trouvèrent son Corps et Æ l’apportèrent à Sillery, d’où on le transporta à ME » Québec pour l’inhumer. C’est done le squelette du 4 Frère Jean Liégeois qui fut trouvé, le 31 août 1878, Œ fu sur le site de l’ancienne chapelle des Jésuites. À qu 1. ; : HN le Nous savons, par l’histoire de sa vie, que le P, Fe François du Peron « été enterré dans le caveau de cd la Congrégation, vers le con fessionnal qui répondait ne à la rue, et qu'il ne restait plus de place que pour un corps. Or M. Faucher nous apprend que le squelette qu découvert au mois de septembre fut trouvé assez Le près du mur qui court parallèlement à la rue for
du marché et qu’il y avait, entre ce mur et le
cercueil qui contenait les ossements, un espace de trois pieds un pouce, ‘ c’est--dire qu'il ne restait che plus de place que pour un corps. ” Nous sommes ici "al: certainement en présence des restes mortels du P. dar François du Peron, du dar Quant au Père Jean de Quen, les annales du temps ru ne disent pas formellement que sa sépulture a eu lieu dans la chapelle des Jésuites, Cependant les EF
renseignements qu’elles nous fournissent suffisent mel
officiel de . M.
31 août 1878, ette. De plus, e Diaire nous e frère et Iui ur place Le nt son corps et transporta À e squelette du 31 août 1878, ésuites,
ie, que le P.
s le caveau de qui répondait e que pour un uc le squelette trouvé assez ent à la rue ce mur et le un espace de w’il ne restait IS Sommes ici ortels du P.
ales du temps pulture a eu 'ependant les ent suffisent
pour nous donner la conviction intime que c’est bienlà qu’il fut enterré. D'abord le Journal des Jésuites, en mentionnant sa mort, dit que le P. Jean de Quen fut enterré le 9 octobre au matin, præsente corpore, dictæ duæ missæ privatæ, in summo altaridum diceretur oficium : le corps étant présent, deux messes sont dites privément au maître-autel, pendant que l’on récite l'office. C’est dans la chapelle de la congrégation que se faisaient ces cérémonies funèbres, et c’est 1à que se trouve le Corps pendant que lon chante l'office des morts. Par conséquent les restes mortels du Père de Quen ont dû être inhumés dans les voûtes souterraines de cette chapelle ; car, suivant la coutume générale, on enterrait toujours les prêtres là où se chantait le service funèbre. A la suite de la citation latine que nous faisons plus haut, les éditeurs du Journal des Jésuites, MM. les abbés Casgrain et Laverdière, font la réflexion suivante :
‘“ Le P. de Quen fut sans doute enterré dans la chapelle des Jésuites, et c’est pent-être pour cette aison que l’acte de sa sépulture ne se trouve pas dans le registre de Ja paroisse, ?” Ainsi le corps du P. de Quen n’a pas été déposé ailleurs que dans le caveau de cette chapelle ; autrement, les registres en feraient mention.
En troisième lieu, le Journal des Jésuites n° mentionne que trois sépultures dans la chapelle
RE Le TE CR RE RUE mn,
de la Congrégation, et ces trois sépultures sont certainement celles des PP. Jean de Quen et Francois du Peron, et du FK. Jean Liégeois. Nous avons établi clairement les deux dernières, et nous cspérons ne laisser aucun doute sur là première, D'abord, à la mort du P. de Quen, l’église des Jésuites n'existait pas encore ; la première pierre de ce temple sacré fut posée le 31 mai 1666, et le découvreur du lac Saint-Jean mourut en 1659, c’est-à-dire sept ans auparavant. Mais la chapelle de la Congrégation existait, car les fondations en furent jetées le 11 Juillet 1650 ; et Je Journal affirme qu’en 1653 on disait les offices et l’on enscignait le catéchisme dans cette chapelle, C’est donc là que se faisaient les inhumations, mais pas avant 1650, puisque la chapelle n’était pas encore construite, ni après la mort du Père du Peron arrivée en 1665, parce que, lorsque ce Père fut enterré, il ne restait plus de place que pour un corps, et lorsqu'on a découvert ses restes mortels en 1878, “le cercueil qui les contenait se trouvait à trois pieds ct un pouce du mur qui courait parallèle. ment à la rue du marché; c’est-à-dire qu'il n'y avait plus de place que pour un corps. Du reste : l’église fut construite en 1666, et depuis cette date les Jésuites ont enterré leurs morts dans le caveau de leur nouveau sanctuaire. De sorte que l’espace laissé vacant à côté de la dépouille du Père du Peron ne fut jamais rempli,
tri co
épultures sont 1en et François . Nous avons res, et nous r la première.
n, l’église des nière pierre de 1 1666, et le rut en 1659, is la chapelle fondations en ét le Journal et l’on ensei- . C’est donc ais pas avant encore conseron arrivée ut enterré, il un corps, et tels en 1878, üvait à trois ait parallèle.
re qu'il n'y , Du reste :
is cette date ns le caveau que l’espace ère du Peron
DE TROIS SQUELEITES 13
Nous avons la certitude qu’il n’y eut que trois sépultures dans l’ancienne chapelle de la Congrégation, etque deux sont celles du Frère Licgeois et du Père du Peron. Or, comme le premier est mort en 1655 et le second en 1665, il s’agit de constater quels sont les Jésuites qui sont morts pendant cet espace de temps de dix ans, afin de démontrer d’une manière évidente que le troisième squelette est réellement celui du Père Jean de Quen. M. le Docteur :\.-E, Dionne, qui à fait une étude très approfondie de cette question, nous fait connaître les noms des Jésuites qui sont morts pendant cette décade. Voici ce qu’il dit :
“Les seuls Jésuites qui finirent leur carrière
apostolique en Canada, durant cette décade, furent au nombre de trois :
10 Le Père Léonard Garreau, inhumé à Montréal vers le 2 septembre 1656 ;
20 Le Père Réné Ménard, décédé vers le 5 août 1661, à cinq cents lieues de Québec. Il s'était égaré dans la forût, et son corps ne fut jamais retrouvé, du moins par Jes Français.
80 Le Père Simon Lemoine décéda le 25 novembre 1665, au cap de la Madeleine, et y fut enterré. ”
Il n’y a donc que le Père de Quen qui soit mort à Québec et enterré dans la chapelle de la Congrégation depuis 1655 jusqu’en 1665. Par conséquent
les ossements humains du sexe masculin, trouvés sur le site de l’ancienne chapelle de la Congrégation dans la première quinzaine du mois d'août 1878 ct transportés au cimetière le 14 mois, sont évidemment ceux Quen, décédé en 1659.
du même du Père Jean de
Les différents arguments que nous avons apportés à l'appui de cette vérité nous paraissent irréfutables, et ne laissent planer aucun doute sur l’authenticité
des squelettes qui ont été recueillis en 1878 sur le terrain des Jésuites,
Que devinrent ensuite les restes mortels de ces trois illustres membres de la Compagnie de Jésus ? C’est ce que nous allons voir.
Le K. P. Saché, alors supérieur de la résidence de Québec, prévenu de cette découverte, et ayant lui-même fourni les renseignements que nous venons de rappeler, prit toutes les mesures nécessaires pour donner une sépulture honorable aux restes vénérés de ces anciens missionnaires, Mais voilà qu'après bien des retards involontaires, le 9 mai 1879, quand il voulut se mettre en Possession des boîtes qui contenaient les cssements, on ne les trouva plus. Elles‘ avaient été enlevées, sans qu’on ait Jamais PU savoir qui s'était rendu coupable de ce vol.
Cependant, au mois de juin 1889, la nouvelle se répandit que les corps des anciens Jésuites avaient
sculin, trouvés de la Congrédu mois d'août Ce 14 du même Père Jean de
AVOns apportés nt irréfutables, r l’authenticité en 1878 sur le
nortels de ces nice de Jésus ?
e la résidence erte, et ayant le NOUS venons cessaires pour restes vénérés voilà qu'après 1 1879, quand 8 boîtes qui trouva plus.
n ait jamais ce vol.
nouvelle se rites avaient
été retrouvés dans un des charniers du cimetière Belmont. Le R, P. Désy, qui avait succédé au R. P. Saché, mort quelque temps auparavant, s’empressa, muni de toutes les autorisations nécessaires, de procéder À la sépulture des précieux restes dans le caveau de la chapelle des Dames Ursulines. Alors le gouvernement de Québec résolut d’entourer de tout le respect possible l’inhumation des dépouilles mortelles des premiers apôtres du Canada ; il voulut donner À cette solennité funèbre le cachet d’une démonstration À la fois religieuse et patriotique, ct réaliser une fois de plus la noble devise de notre province: “ Je me souviens ! * Son Eminence le cardinal Taschereau donna de grand cœur son approbation à ce projet. Mais de nouveaux retards, dont il nous est impossible de rendre compte ici, étant survenus, ce ne fut que le 12 mai 1891 que la cérémonie put avoir lieu, sous les auspices de la Socicté Saint-J can-Baptiste. Tous les Evêques de la province se trouvaient alors présents à Québec pour fêter, le lendemain, à la basilique, le décret de Rome qui accordait le titre de Vénérable À Monseigneur de Laval, premier évêque de la Nouvelle-France.