‹ Une page sombre de notre histoire [microforme]Chapitre 3 sur 5 · L’EXPÉDITION DU MARQUIS DE DENONVILLE · texte numérisé non relu

L’EXPÉDITION DU MARQUIS DE DENONVILLE

1686, et ont été transmis, l'un à La Durantaye et l’autre à Greysolon du Lhut, par le sieur Juchereau, leur commandant de fortifier deux postes, l’un au détroit du lac Erié et l'autre au portage de Toronto. Le père Enjalran, alors à Montréal, devra leur porter ses dernières instructions, Elles leur furent transmises, probablement par Tonty, dans un mémoire daté du 26 août 1686 et intitulé: Mémoire instructif des mesures que j'ai prises pour la querre résolue contre les Iroquois au printemps de l'année prochaine (1687) pour M.M. de Tonty, La Durantaye et du Lhut, chargés de rassembler les François qui sont dans les bois pour marcher avec les Sauvages amis qui se pourront ramasser. Co mémoire manque à nos archives, ainsi que la proclamation du 8 septembre 1686 aux commandants des postes, traiteurs et Sauvages alliés. M. Richard a ou l’obligeance de me fournir ce résumé. Ces documents sont à la collection Morcau Saint-Méry. (Série F. 3, vol, I.)

On voit par “l'extrait” de réponses, cité plus haut, que le roi permit au gouverneur de fortifier deux postes, à Niagara et au Détroit, “cependant qu'il observe de ne pas s'engager en de grandes dépenses ”. (Cor. gén., VIII, 76.) Ce fut sans doute pour cette raison, qu'il abandonna son projet de fortifier Toronto, (Cor. gén., IX, 42.) à

Le 10 novembre 1686, M. de Denonville écrit au ministre : ‘“ J'envoye à ME un mémoire particulier de l’estat des affaires et de ce que je crois nécessaire pour la guerre et pour la seureté du pays.” (Cvr. gén., VIII, 200.)

Le 16 novembre 1686, M. de Champigny écrit au ministre: ‘“ Monsieur le marquis de Denonville vous envoye, Monseigneur, un mémoire des raisons indispensables qu'il a de faire la guerre aux [roquois l'année prochaine.” ! (Cor. gén., VIII, 326.)

Evidemment, c'est du mémoire du 8 novembre 1686 que parlent ces deux lettres,

Le 30 mars 1687, le roi envoie à MM. do Denonville et de Champigny une dépêche dont le texte n’est pas dans la Correspondance générale, aux Archives du Canada, pour la raison expliquée plus haut? Les MN. Y. Colonial Documents en ant publié des extraits, dont je détache les passages suivants: “His Majesty has approved the conduct observed by said Sieur de Denonville towards the [roquois, and the measures he has commenced adopting in order to place himself in a position to wago war

against them with advantage. .

“ His Majesty has approved of Sieur de Denonville's calling the lroquois nations at Cataracouy, 80 as to effect the withdrawal of Father Lamberville, and in case this has not been accomplished, it is necessary to

1 Des extraits en sont publiés dans la Col. de M*5, vol. I, p. 271. ? Les Archives de Québec paraissent en avoir des extraits. Premier rapport de M. Langelier, p. 75; Col, de M, I, 394,

Sec. I, 1899, 7

adopt measures to prevent his remaining exposed to tho fury of the Savages, ...!

‘ His Majesty has seen the memoir sent by the said Sieur de Denonville respecting the measures he has adopted, and the orders ho has issued, for the next campaign, of which He has approved, and doubts not but success commensurate to his expectations will follow. . .. He expects to learn, at the close of this year, the entire destruction of the groatest part of those Savages. And as a number of prisoners may be made, who His Majesty thinks can be employed in the galleys, He desires him to manage 80 as to retain them until there be vessels going to France. Any who will have been captured before the sailing of those vessels can even be sent by the return of His Majesty's ships which will convey the troops.” (AN. Y. Col. Doc., IX, 322, 323, 324.)

Le 8 juin 1687, quelques jours avant son départ pour Cataracouy, M. de Denonville écrit au ministre qu'il a reçu les dépêches du 30 mars 1687, que les troupes sont arrivées de France, et qu'il s'occupe de l'organisation de l'expédition. ‘Je me suis avancé,” continue-t-il, ‘pour disposer tout pour nostre marche et pour diligenter les réponses que j'atendais des Iroquois par les pères de Lamberville ; le cadet est arrivé seul avec des lettres de son frère aisné, ... Tout cela me fait craindre que le pauvre père n'ayt de la peine à se retirer d’entre les mains de ces barbares, ce qui m'inquiete fort.” (Cor. gén., IX, 32.)

Parlant d’un manifeste au peuple, où il expose les motifs qui l'ont engagé à faire la guerre, il dit qu’il n’a été publié, avec le mandement ecclésiastique qui l’accompagnait, ‘que dans le temps qu'il a fallu assembler tout le monde.... Je suis bien ayse de ne rien faire dont vous n'avez connaissance, soit aprèz l'avoir fait ou avant de le faire. (Ibid., 32.)... Par les dernières lettres que j'ay eu l'honneur de vous escrire le mois de novembre de l'année dernière, je vous ay rendu un compte assez exact des affaires du pays.” (Zbid., 33.)

Plus loin il ajoute : “J'ai toujours publié que je n’allois qu’à l’assemblée générale projettée à Cataracouy, où je ne voulois pas être insulté, ny moqué. J'ai toujours tenu ce discours jusque au temps de la marche, que j'ai cru devoir publié le manifeste accompagné du mandement.” (Tbid., 36.)

Il faut bien observer que dans cette dépêche comme dans les autres, il ne dit pas un mot d’un festin à donner aux Iroquois à Cataraccuy. Il informe cependant la cour qu'il a convoqué ces sauvages pour conclure une paix générale, et l’on savait à la cour que le règlement de ces affaires était toujours couronné d’un festin. Un petit nombre, prit l'invitation au sérieux, car le gouverneur Dongan ne cessa de leur crier durant l'hiver de 1687 que c'était un piège. C'était le rapport que plusieurs

1 Cette recommandation à l'égard du père Lamberville a évidemment trait au mémoire du 8 novembre 1686, qui est approuvé dans cette dépêche.

Es,

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