‹ Une paroisse de langue française aux États-Unis [microforme]Chapitre 23 sur 29 · DIX ANS DE PROSPÉRITÉ GRANDISSANTE · texte numérisé non relu

DIX ANS DE PROSPÉRITÉ GRANDISSANTE

Nous avons dit les progrès de la jeune paroisse Saint-Mathieu de Central Falls du Rhodes Island, dans les dix premières années de son existence, au point de vue temporel, et nous avons aussi fait connaître, bien sommairement il est vrai, sa vie religieuse et intellectuelle.

Commencée avec 300 familles, la paroisse en compte aujourd’hui plus de 500. D'abord bien isolée au sommet du triangle formé per les rues Dexter et Lonsdale, l’église-école a vu venir à elle du sud et de l’est, les deux côtés où la paroisse puisse se développer, bon nombre de familles qui ÿ ont construit de jolies habitations.

Dès maintenant on peut entrevoir qu'avant bien des années une belle église sera construite pour mieux répondre aux besoins et aux aspirations de la paroisse qu’elle dominera et semblera protéger. Il le faudra pour répondre aux développements de l’école, qui aura besoin de nouvelles salles de classes.

À un autre point de vue, qui témoigne bien de la vitalité religieuse de la paroisse, il faut rappeler que les paroissiens de Saint-Mathieu s’honorent d'avoir donné déjà quatre prêtres à l'Eglise et gardent l’espoir bien fondé de lui en donner bientôt un autre.

Ces quatre prêtres sont par ordre d’ordination :

SYOY 2 ve

MM. les abbés Ernest Olivier, vicaire à Manville ;

J.-B. Messier, vicaire à We

bster, Mass, Oscar

Forest, vicaire à Crafton, Mass. : Alfred Jetté,

qui vient d’arriver de Ror-:,

où il a passé six ans

pour faire ses études phuosophiques et théologiques tout en acquérant la connaissance des lan-

gues italiennes et portugaises

+ M. l’abbé Oscar

Normand accomplit actuellement sa troisième année de théologie au grand séminaire de Montréal.

M. l'abbé J.-B. Messier, fils de M. Édouard Messier et de Marie Lange, est né le 24 juin 1885, à North Smithfeld, R. L., et fut baptisé à l’église du Précieux-Sang de Woonsocket. Après avoir été élève des Sœurs de Sainte-Anne de Central Falls, il fit ses études classiques aux Trois-Rivières et ses études théologiques partie à Valleyfield et partie à Rochester, N. Y. Il fut ordonné prêtre le 8 juin 1912 et fut depuis lors vicaire à Webster,

Mass.

Le révérend M. Ernest Olivier, dont le père ha- E bite la paroisse Saint-Mathieu, est né à Ste-Élisa- { beth de Joliette, fils de M. Arthur Olivier et de dame Georgiana Desrosiers, le 25 juillet 1877. Il entra, en septembre 1891 au Séminaire de Joliette où il fit tout son cours classique. Après son grand séminaire à Montréal, il fut ordonné prêtre

le 24 mai 1902 par Sa Grandeur Mgr Bruchési.

Professeur un an à Joliette, deux ans vicaire à St- Cuthbert et deux autres années à Saint-Gabriel de Brandon, il vint ensuite aux États-Unis où il arriva le ler juillet 1907. Sa Grandeur Mgr Harkins voulut bien le nommer alors vicaire à Saint-Jacques de Manville, où il exerce encore le saint ministère

M. l'abbé Oscar Forest, est né à Harrisville, R.I., le 27 juillet 1887, de M Camille Forest et de Dame

Emma Massé. Élève de l’école des Sœurs de Ste- Anne à Central Falls, il fit ses études classiques au séminaire des Trois-Rivières. Après ses études théologiques au grand séminaire de Montréal, il fut ordonné prêtre aux Trois-Rivières par S. G. Mgr Cloutier, le 27 avril 1904. Professeur un an au Séminaire des Trois-Rivières, il fut ensuite vicaire à Ste-Geneviève de Batiscan, puis à Shawinigan. En 1906, il passa aux États-Unis et fut nommé vicaire à Grafton, Mass., où il exerce actuellement le ministère.

M. l'abbé Alfred Jetté, le plus jeune des prêtres dont les parents demeurent sur la paroisse Saint- Mathieu, est né le 23 novembre 1888, à Spencer, Mass. fils de M. Clément Jetté et de dame Virginie Boisvert. Il fit ses études primaires à l’école des Sœurs de Ste-Anne de Central Falls et ses études classiques à St-Hyatinthe et à Nicolet. Admis au diocèse de Providence en 1911, il fut envoyé à Rome, au Collège Américain du Sud, ét suivit pendant six ans les cours de philosophie et de théologie de l’Université Grégorienne. Il fut ordonné prêtre à Rome, le 10 août 1917, par Son Éminence le Cardinal Pompili.

Un bon nombre de religieuses sont aussi issues des familles de la paroisse Saint-Mathieu.

Mentionnons :

Chez les Sœurs de la Providence : Sœur Marie- Raphaïlde (Rose-Alba Richard), à Vancouver ; Sœur Alméride (Aldéa Richard), à Mont-Laurier ; Sœur Marcella (Anna Parizeau), à Grouard, Alberta. Deu. novices de Saint-Mathieu sont aussi à se-préparer dans la même commun. uté.

Chez les Sœurs du Bon-Pasteur : Sœur Margue-

rite du Sacré-Cœur (Nativa Beauregard), à Parc Laval, Montréal.

Chez les Sœurs de Sainte-Anne : Sœur Marie Ursulina (Maple Gendron), à Worcester.

Chez les Sœurs de l'Immaculée-Conception, missionnaires en Chine : Sœur Marie de la Purification (Berthe Girard).

En septembre 1916, M. le curé Laliberté, d’ac-

La fête du 30 novembre fut très agréable, toute empreinte de cordialité et de bienveillance entre tous ceux qui y prirent part ou y assistèrent, Voici comment la Tribune, de Woonsocket, en fait le

La célébration du 10e anniversaire de la fondation de la paroisse St-Mathieu, coïncidant jeudi avec le jour d’Action de grâces, iera mémoire d’une page très précieuse dans les annales de la paroisse St-Mathieu.

Commencée le matin Par une des plus solennelles manifestations religieuses dont ait été témoin le temple de la paroisse, elle se terminait le soir par

bu 0 DS SO AP NO CE ‘ii :

DL DT EES EP vercememeers

Phaneuf et J. Geoffroy, comme diacre et sousdiacre : cérémoniaire, l’abbé E. Olivier, vicaire en la paroisse St-Jacques de Manville : thuriféraire, l'abbé Oscar Forest, vicaire à Grafton, Mass.,

sanctuaire, M. le curé A. Graton, de la paroisse St-Jean-Baptiste de Woodlawn, M. le curé J.-H. Béland, avec ses vicaires les abbés S. Grenier et J.- A. Belisle, de la paroisse Notre-Dame du Sacré- Cœur, M. le curé W.-A. Prince et son vicaire l’abbé Laliberté, de la paroisse St-Louis de Woonsocket, M. le maire et Mme Eugène LaBrosse, de Central

alls, occupaient des sièges près de la balustrade.

Le chœur de chant Paroissial, grossi de chantres

chanta avec beaucoup d’unisson la messe en musique Ste-Cécile par J.-E. Turner. Les solistes furent Mlles Lucia Jacques, Laura Bérard, Bertha Lagacé, MM. N.-L. Campeau, Raoul Le-

constance fut donné par l'abbé J.-A. D’Amours, qui prit pour texte les paroles adressées par Dieu à Moïse : “ Facient mMihi tabernaculum et habitabo in medio eorum. Ils me feront un labernacle et J'habiterai au milieu d'eux. (Exod. 15, 8.)

“Le prédicateur développa les pensées et réflexions qui suivent :

“Comment Dieu se choisit son peuple: l’histoire de la vocation du peuple hébreux, du tabernacle, de l’arche d'alliance.

“Dieu ne veut pas seulement des âmes, il veut des

na

ag NN os

peuples : ceux-ci pour celles-là : il veut s’unir aux unes et aux autres.

“Et Dieu nous a appelés à êtreson peuple, à être apôtres par l'exemple, par la vie, par le culte, par la paroisse. Notre histoire le prouve, et cette histoire vous la continuez.

‘I Comment vous avez répondu à l’appel de Dieu.

“ Pour rester dignes de Dieu et dignes de vousmêmes, vous avez fait une demeure à Dieu. Vous l’avez faite avec votre générosité, avec le fruit de vos sacrifices, sous la conduite du chef, nouveau * Moïse, que Dieu vous £. assigné.

“ Vous n'avez pas fait à Dieu seulement une demeure matérielle, mais aussi une demeure spirituelle qui est la psroisse elle-même. la réunion des âmes et des familles sanCtifiées, assemblées par la charité. La paroisse remplit et anime l’église qui la protège et la rassemble. Devoirs envers la paroisse : amour, estime, charité pour tout ce qui la compose. Elle est notre tabernacle, notre arche

alliance que nous emportons avec nous partout où nous allons, que nous fixons au milieu de nous partout où nous voulons nous établir, où nous voulons vivre. Notre paroisse est ainsi temporelle et spirituelle, comme toutes les œuvres que ieu a faites pour nous, conformes à notre nature.

“IT. Comment Dieu, accomplissant sa promesse, reste avec nous, dans la paroisse.

“Il nous y instruit, âmes et peuple, dans l’église et dans l’école, nous indiquant la voie à suivre, la vertu à pratiquer, vertu privée et vertu publique.

“Il nous y unit à lui et à son Église, il nous unit entre nous: il continue d’unir notre âme catholique et notre âme française, celle-ci à celle-là, dans une alliance publiquement professée et proclamée,

selon une glorieuse

et vieille tradition qui est la

nôtre. Notre Paroisse devient ainsi le résumé,

qui garde notre race en

ifie par les sacrements, par la prière publique, liturieu, plus efficace. Survie de notre peuple, qui leu nous a gardés et

ses auxiliaires de

M. le curé A. Graton, de

étre l'abri, de notre vie intellectuelle, morale, artistique, pee nationale, L’union qu’elle opère assure his- vivance par l’aide de Dieu d lui gardant sa foi et son idéal.

. “Il nous y fortifie et sanct par la présence réelle, vdi gique, plus agréable à D . vance spirituelle et temporel] de vit de sa foi, de son idéal. Di nous garde comme miraculeusement. Règle générale, ceux qui abandonnent Dieu et l’Église, s’a-

zS bandonnent eux-mêmes et abandon

sd idéal. Domine, in simplicitate cordis mei lœtus se obtuli universa.

. “Le prédicateur termina en offrant ses félicita- L tions et ses vœux au curé et à i

: toute la paroisse. Quelle belle œuvre et quel bel : exemple !

at “A l'issue de la messe, les paroissiens rentrèrent sé dans leur foyer, mais se réunissaient de nouveau à 7.30 hrs. du sc r dans la sall

. Pour jouir de nouveau de quelqu

Le . mpagnées °

> musical. Au Premier rang de l’audience l’on co

;: tait la présence de M. le curé Laliberté, les abbés

D’Amours et Phaneuf,

j Saint-Jean-Baptiste de Woodlawn, M. Je curé De-

; quoy, de St-Étienne de 1

fit aux accords d’

E. LaBrosse. L'entrée des membres du clergé se

Thomas E. Fournier, après quoi M. Napoléon Campeau, avec de bonnes paroles de bienvenue,

par l'assistance, Mile Fox, de Pawtucket, rendit un premier morceau de piano avec une telle pré-

dia Rhéa Fournier lui succéda au milieu des applaudissements prolongés. Aussi gracieuse qu’aimable cantatrice, elle sut régaler ses auditeurs de

“M. Campeau vint ensuite présenter à l’auditoire le spirituel causeur qu'est l’abbé D’Amours. Dans d’intéressantes réminiscences de ses huit mois passés en la paroisse de Saint-Mathieu, il a rappelé la bienveillante hospitalité que lui fit M. le curé Laliberté et il ajoutait : “ Paroissiens de Saint- Mathieu, c’est à cette époque que j'ai appris à connaître votre curé. C’est un prêtre qui sait parler et sait se taire, sait agir et sait attendre, sait se faire aimer et respecter, sait souffrir et sait soulager la souffrance, sait entreprendre hardiment et achever parfaitement, sait consoler et soutenir ceux qui souffrent en souffrant lui-même patiemment. Oui, braves gens de Saint-Mathieu, c’est en revenant au milieu de vous que je constate votre caractère de dévouement, votre esprit de foi et les aimables relations que vous avez avec vos prêtres, qui sont bien attachés à vous.” Puis toujours sur le ton de causerie, il intéresse son auditoire en relatant certains incidents de l’époque où il fut vicaire à Saint-Mathieu: la messe au gymnase, les plaisirs du déménagement, la visite mensuelles, les consolations de la chapelle sous le toit,

les souvenirs de la première retraite, rrêchée par le P. Lalande, le souvenir d’un pique-nique où il tomba un peu d’eau. Plusieurs autres faits rappelés amusèrent et intéressèrent l'auditoire sans cesser de l’édifier. M. D’Amours, après une causerie de plus de 40 minutes, regagna son siège au milieu d’applaudissements prolongés.

“ Un numéro musical était encore réservé à l’auditoire, que devait remplir M. Georges Rainville, avec sa voix de baryton ; il chanta deux classiques romances, soulignées d’applaudissements. On désirait l'entendre encore, mais il déclina les rappels. M. le professeur Fournier accompagnait M. Rainville sur le piano.

“ Comme témoignage d'estime et de sympathie, envers le deuxième vicaire de la paroisse Saint- Mathieu, M. Campeau le présenta à l’auditoire dans la personne de M. l’abbé M. Phaneuf.

Ce dernier se dit très surpris d’être appelé à porter la parole, vu que dans ses correspondances avec le troisième vicaire qu’est aujourd’hui l'abbé J. Geoffroy, il était bien convenu qu’il ne venait ici que pour être témoin des démonstrations du jour.

M. Phaneuf continua en faisant l'éloge de M. le curé Laliberté et en louangeant les paroissiens qui en l’espace de dix ans ont construit un édifice qui leur fait grand honneur.

‘ Comme dernier orateur, M. Campeau invita M. le curé Laliberté, et en termes élogieux, il fit connaître le montant du chèque de $5,602.00 qu'il alla présenter à M. Laliberté.

“ Dans une allocution pleine de sentiments de vi-

ve reconnaissance envers ses paroissiens, celui-ci fit :

un résumé des dix années écoulées. A mon arrivée ici. la question qui m’inquiétait le plus, répéta-t-il, c'était la partie financière, mais grâce à votre géné-

rosité, nous avons fait honneur à nos engagements. J'ai même le Plaisir avec ce montant que vous . l :

billet promissoire que j'aie signé au nom de la Corporation de St-Mathieu. À l'instant, il déchi. rait le billet promissoire,

“M. Laliberté termina en renouvelant ses remer. ciements à ses Paroissiens, à MM. les membres du clergé, les abbés D’Amour: et Phaneuf, le maire et Mme » AUX personnes qui avaient bien voulu prêter leur COnCours au programme musical}, et à tous ceux qui avaient contribué au succès de cette fête de 10e anniversaire de la fondation de la

paroisse

C’est à l’occasion de ces fêtes du dixième anniversaire que fut décidée la publication de cette Monographie de la jeune paroisse Saint-Mathieu de Central Falls.

quelle autre, et qui peut espérer Poursuivre une grande et glorieuse destinée, sielle reste fidèle à ses

traditions de piété envers Dieu et envers son Église, à ses traditions de courage et d’honnêteté, à ses traditions de bon travail et de générosité pour tout ce qui doit la garder fidèle à elle-même.

nn nn

Te

Page 1