SCÈNE XI II. I
lU.ESSY.
ANTENOR, DUl>
DUPLESSY 5 entrant. Ah ! vous voilà , monsieur!..
ANTÉNOR . ci part. Malheur sur l'importun... {Haut.) Mon zèle vous étonne?
DUPLESSY. Non, non... je ne suis pas sui-pris de vous trouver ici..,
AM'i^:\OR. Vous venez me donner ma première leçon î ce n'èlait pas pressant, j'aurais nllendu ave(; patience.
DUPLESSY. Moi , monsieur, je suis moins patient que vous .. il faut que j'éclate... {Lui montrant sa lettre ) Connaissez-vous celte lettre?
A!^lTK^'OR. Fnfer! mon épître entre vos mains?
DUPLESSY. Ah! vous convenez donc qu'elle est de vous?..
ANTÉx^oR Eh hicn! oui , mon cher Duplessy... j'adore celte femme; dites-moi est-elle vraiment mariée?..
DUPLESSY. Certainement, monsieur...
et avec un homme respectahlf.
AXTÉîVOR. Malédiction... le mariage est consommé !
DUPLESSY. Que signifie une question aussi hurlesque ?
ANTÉXOR Du})lessy ne me parlez pas de cette façon ou vous allez me faire grincer les dents... d'aprè'* ce que je vois, cette personne est une de vos parentes... j(.' ne vous propose pas de me servir auprès d'elle. Les hommes de votre trempe sont farcis de préjugés plus ou moins absurdes. Mais croyez-moi, ne vous mel<;z pas de cette intrigue, ne vous mette/, pas en travers de mon amour... C'est un torrent qui vous roulerait dans tm précipice.
DUPLESSY. Je vous trouve charmant...
vous aimez ma femme, et vous ne voulez pas que je me mette en travers?
AXTÉNOR. Ta femme!
DUPLESSY. Oui. monsieur... cette personne est ma femme !
ANTÉ?:OR. Ta f... et tu oses me l'avouer, et tu ne crains pas que je ne te brise le crilne !
DUPLESSY. Voilà qui est un peu violent par exemple.
AlV^TÉKOR.Ta femme!.. Ils croyent avoir tout (lit, quand ils on dit : C'est ma l'..'inme!.. Et si je te disais aussi : e'est ma femme!.. qu*aurais-tn à répondre...
DUPLESSY. Oh !
AMTÉiMOn. Oh? ah! oh ? Eh bien , je te le dis : c'est ma femme...
DUPLESSY.
Air (tu Jit'ou.r malade.
Grands dieux ! iuell« ame depravéel Vcus n'a\rz d.> ■" r foi. ni loif
ANTK-';»K.
Oui . c'est elle eue i'aî rCvée»
UNE r/iSSIOlV.
Elle n'a pu rêver qne moi!
J'en suis sûr son creur se soulève Quand elle aperçoit ton regard ; Ah! c'est moi seul qui suis son rêve Et tu n'es que son cauchemar !
DUPLESSY. Cauchemar!..
ANTÉXOR. Oui, cauchemar!., elle m'appartient, je la veux... rends-la-moi, ou je te pulvérise...
DUPLESSY. Qu'est-ce que c'est qu'un pareil éner^^^umène?. . Savez vous bien q:îe je suis sur le point de me mettre en colère ..
ANTÉIVOK. Ah ! tu t'exapères , vieillard récalcitrant... à la bonlieur, car je vois que nous tournons dans un labyrinthe dont nous ne pouvons sortir que par une porte.
DUPLESSY. La voilà la porte et dépêchezvous !..
AKTÉiXOR. Non, non!.. îi y en a une autre... et cette autre, c'est une catastrophe!..
DUPLESSY. Vous crovez m'effrayer avec vos fiimnds mois!
AA'Tl':.\OR, le prenant aiL collet. Peintre! je n'en ai qu'un à te dire, il me faut ta femme ou la mort!..
DUPLESSY. Voulez-vous me lâcher mon habit?
AXTÉ\OR. Je saurai bien te l'arracher, i DUPLESSY. Sors d'i<;i, assassin !.. ou je crie à la ^arde î
A\TÉX0R. Ne nous emportons pas...
nous nous reverrons dans peu...
DUPLESSY. Ne t'avises jamais de remettre les pieds chez moi...
AXTÉNOR, se retirant. Ta femme... où la mort !
Jî sort par Je fond.