‹ Une passion, vaudeville en un acteChapitre 3 sur 30 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

DUPLESSY, AUGUSTfNE, LILIA, ^ RAPHAËL.

DCPEESSY. Ah! j'ai enfin terminé mon portrait.

Al'GlSTINE. Déj.'i?..

DUPLESSY. Je l'ai a( hevc pendant la elasse.

AUGtSTlNE. Oui, mais vous n'avez pas seulement donné un eoup d*reil à vos élevés...

DIJPEESSY. Je irur ni donné 1 exrtnplc du ll•a^;^il; celle Irron en vaut Irieiî une nuire. iMaintenanl « ineadftn'îf'»^ j«t sutcW \o^ 'î»e d'avoir rotr? avig.

LE M.VGaSIN rii/:ATnâL.

AUfiUSTïNE. Voyons donc.

DUPLESSY. Hein 1 qu'en dites-vous ?

AUGUSTINE. C'est très bien.

LILIA. C'est parfait.

DUPLESSY. Non! je vous en prie, parlez-moi franchement.

RAPHAËL , qui est entré et qui s*est approché par derrière. Eh bien! franchement, c'est pas mal.

DUPLESSY. Qu'est-ce qui te demande ton opinion à toi, Raphaël?

RAPHAËL. Dam! monsieur, il est bien permis d'en avoir une, quand on a travaillé comme moi avec les plus grands maîtres.

DUPLESSY. Allons, c'est bien, retournez à vos occupations, imbécile.

RAPHAËL. Mais, monsieur...

DUPLESSY. ïaisez-vous, car je suis sur le point de me mettre en colère.

AUGUSTINE, examinant le portrait. Savez-vous bien, M. Duplessy, que ce portrait pourrait exciter mes inquiétudes; heureusement je ne suis pas comme vous portée à la ialousie.

DUPLESSY. Moi , de la jalousie , ma

chère Augustine... ce serait ridicule

après un mois de mariage.

LiLiA. Un mois! il y a tout au plus quinze jours.

DUPLESSY. C'est possible î depuis notre union, je vis deux fois plus; tous mes plaisirs sont doublés ainsi je ne doute pas

de ta tendresse.

AUGUSTINE. Et vous avez raison ; puisje oublier ce que vous avez fait pour, moi et pour ma cousine Lilia.

LILIA. Nous étions sans fortune... vous

nous avez donné des leçons gratuites pen-

lunt plusieurs années... et quand nos pa-

cns sont morts ^ vous nous avez recueil-

ieschezvous...

DUPLESSY. Dam! j'y étais bien un peu intéressé! Augustine était ma meilleure élève, et je l'ai épousée afin de continuer son éducation.

Air de Turenne.

^ " Slans izie flatter je fus ton maître

En peinture ainsi qu'en amour El par mes soins , il faut le reconnaître , Tu fais des progrès chaque jour, En peinture ainsi qu'en amour.

AVCrSTINE.

Des professeurs Toilà bien la conduite, Ils sont toujours jalonx de nus succès, Quoique sans eux nous fassions des progrès , Ils s'en donnent tout le mérite.

^H i'éioigMni du chevalet élit dcpou iOn mouchoit

DUPLESSY. Je te le répète, ma cnere ^ ifiuslinf, je suis parfaitement Iranquilb;?.. [A part.) ^e lui disons pas que ;'ai remarqué ce jeune homnx; qui lo^e eu face , et qui lorgne toujours de ce coté-ci.... Elle n'y aura peut-être pas fait attention.

LILIA, qui s* est approchée de la fenêtre d gauche, et d part. C'est singulier, il n'y est déjà plus...

DULLESSY. Il se fait tard, je vais m'habiller.

AUGUSTINE. Vous sortez?

DUPLESSï. Pour un instaïit.... le temps de livrer ce portrait cette dani'^î ne demeure qu'à deux pas; toi, llaphaël, n'oublies pas de me préparer une autre toile; une toile de vingt-cinq pour un paysage qui m'est commandé... Knsuite, dans la journée, tu passeras chez Babin et tu lui demanderas de mapartun costume d'odalisque...

AUGUSTINE. Et pourquoi faire?

DUPLESSY. Pour le mannequin! je lui avais d'abord mis une parure de mariée... dans la première joie de l'hymen, je ne voyais rien de plus beau qu'un voile et un bouquet nuptial... mes élèves parta^^^aient mon enthousiasme... mais elles ont fini ce matin... c'est voiirquoi il nous faut un autre costume pour la classe du soir... tu comprenJi, Kapl^aël?

RAPHAËL. Oui, monsieur, un eo-^tume d'odalixe... ça suffit.

DUPLESSY , d Augustine. Au revoir, mon ange!

Air : Vaudt ville des chemins en fer.

Acîien , ma chère , je tf laisse, Que nepuis-je, selon mongoCit, Auprès d»; loi resl<'r sans cesse Mais Ie,« afiTairrs .Tvnnt iont.

(A /jarf.) Cachons-lui mon itiquiétnde Car elle pourrait m'en punir; Et de peur de la certitude Aux soupçons il faut s'en tenir.

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