‹ Une passion, vaudeville en un acteChapitre 5 sur 30 · AUGUSTIN!:, LILIA · texte numérisé non relu

AUGUSTIN!:, LILIA

LILIA, qui f^est rapprochée de la fenêtre. C 'est fini, il ne se montre plus...

AUGUSTIJ«E. Allons, te Yoilà encore à cette croisée.

LILIA. Je regarde si ce jeune homme rapnraît à sa tenôtre.

AlKiUSTlNE. Ce que tu fais là n'est pas bien, Lilia; tu as tort'.

LILIA. Kt toi lu as raison... mais c'est plus fort que moi.

ALGUSTINK. Est-ce que tu le connais?

LILIA. Moi, pas du tout... il y a si peu de temps qu'il est notre \oisin.... Je sais seulement qu'il s'appelle Anténor.. . et qu'il a de la fortune... Il se met très bien,rastu remarqué?

AlîGL'STîNE, Il me semble l'avoir aperçu. Je trouve sa mise un peu exagérée.

LILIA. Il n'y a pas de mal. . . quand on ne veut pas ressembler à tout le monde.

AUGUSTINE. En effet, je le crois un peu original.

LILIA. C'est II dire, qu'il n'est pas commun, que ses gof.ts n'ont rien de vulgaire, il sort pei!, il aime la solitude, et la lecture est son plu? grand plaisir, ses dépenses se bornent à acheter des livres, des romans, des brochures, tout ce qu'il y a de plus nouveau, à (haque instant, j'en vois apporter .ch( A lui

AIGUSTIKE. Mais, n'a-t-il pas un état, une piofession ?

LïLL\. Il est jeune et riche, c'est un état qui «tonne assez d'occupations... D'abord, il passe une partie de la journée à sa fenêtre, ensuite, il se promène dans sa chambre d'un air agité , et toujovns un livre à la main. Enfin, le soir, toutes les fois que le temps le permet... il regarde la lune, et il soupire...

ALGUSTIKE. Voilà un temps bien employé.... Mais tout-à-l'hcure tu disais ne pas leconnaître, et pourtant tu n'ignores aucun détail do sa vie.

LILIA. Voilà ce que c'est que d'observer, et pul^ Raphaël , qui c.-?!: très lié avec son domestique, me tient au courant de ses actions.

AUGUSTiNE. Eh ! mon Dieu ! à quoi cela te .servi ra-t-il?

LILIA. Je n'en sais rien encore.... mais

je m'infotmvv *.oujours ça ne peut pas

nuire... ce ^cnne nomme regarde Boutent «le cç côté ttvei. une Mtcotionii fingulièrç»

AUGUSTiNE. Ne vas-tu pas imagijw»' qu'il est amoureux de toi.

LILIA. Ça nem'étonnerait pas du tout...

AUGUSTINE. Est-ce qu'il te plairait?

LILIA. Il est assez bien!

AUGUSTIIVE. Cliacunsa manière de voir; moi ce n'est pas la mienne.

Air -.Depuis tong-tempsy etc.

Oui, la nature envers lui fut avare.

LILIA

Tu l'as vraiment mal examiné ;

AIICrSTINE.

Il uie paraît sombre et bizarre ;

LILIA

11 me paraît tendre et passionné.

AîJGUSTINE.

Kêvantsans doute un but imaginaire,

Ses yeux au ciel vont toujours s'égarer»

LILIA

C'est que peut-être sur la terre

Personne encore n'a pu les attirer.

AUGUSTiNE. Tu le défends avec une chaleur. . .

LILIA. Parce que tu es injuste... Moi, je l'avoue, il meplaît; il doit avoir une conversation vive et origale... son domestique prétend qu'il s'exprime si bien, qu'il est impossible de le comprendre...

AUGUSTINE. Prends garde de t'abuser, de faire des châteaux en Espagne.

LILIA. Ce n'est pas l'embarras, j'en aî bien peur... il y a une chose qui m'inquiète et que je remarque tous les jours... c'est qu'il ne paraît jamais à sa fenêtre que pendant l'heure de la classe.

AUGiSTlNE. Oui, je comprends ton inquiétude... c'est sans doute une de nos élèves qui aura fail impression sur lui.

LILIA. Je le crains! mais, qui ça peut-il être? tu ne devines pas?

AUGUSTINE. Je n'en ai pas la moindre idée.

LILIA. Dieu ! que c'est contrariant.

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