‹ Une philosophie nouvelle: ce qu'elle doit être devant la scienceChapitre 64 sur 141 · ORGANISME VIRTUEL. LXXXI · texte numérisé non relu

ORGANISME VIRTUEL. LXXXI

ganique qu'il est venu prendre et informer ; ce dernier, grossier et visible, qui lui sert de relation avec les objets de la terre.

Le somnambulisme serait un état dans lequel le corps virtuel serait dégagé en quelque sorte du corps organique, mais non complètement séparé de lui. La séparation complète n'a lieu qu'à la mort.

À la lueur de cette h y pa thèse, les phénomènes du somnambulisme s'expliqueraient.

On concevrait parfaitement, en effet, comment l'âme est en relation avec les objets sensibles, par d'autres moyens que ceux de la sensibilité ordinaire. Puisque ce n'est plus le corps organisé qui entre' en action, mais bien le corps virtuel, que signifie alors l'objection des physiologistes, que les yeux ont été donnés pour voir et les oreilles pour entendre, ce qui n'est vrai que pour l'état de veille? On expliquerait très bien par là les phénomènes de vue à distance : et selon des lois inconnues à la physiologie, qui n'a pu comprendre dans ses études que le corps organique, le seul visible et perceptible. Nous en dirons autant de la faculté de prévision.

Par cette hypothèse, on rendrait raison également de l'absence de souvenir qui se remarque fréquemment. Une fois que le corps virtuel rentre par l'état de veille dans ses relations avec le corps organique, les liens grossiers de ce corps forment un obstacle invincible au souvenir. Mais, dès qu'il retourne au somnambulisme, la mémoire lui revient avec le dégagement qui s'opère. Par là se découvrirait manifestement l'illusion de» deux moi, qui a trompé Maine de Biran. Ce serait, en effet, le même moi dans un c s pourvu de son corps organique -et perdant avec lui la faculté du souvenir: dans l'autre cas, agissant avec son corps virtuel dégagé des éléments grossiers de l'organis ne, et retrouvant la mémoire de ce qui s'est passé à l'accès précédent.

On comprend, d'ailleurs, qu'il y aurait des degrés à ce dégagement, qu'il serait plus ou moins complet, que quelquefois il n'aurait lieu qu'à demi, ce qui expliquerait la mémoire de certains faits chez les somnambules. Puisqu'ils auraient agi, dans quelques cas, à la fois, avec leur corps organique et avec leur corps virtuel incomplètement dégagé, les sensations pourraient laisser

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