‹ Une philosophie nouvelle: ce qu'elle doit être devant la scienceChapitre 66 sur 141 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

( 2»* édition )

Si j'ai placé l'écrit très avancé qu'on vient de lire, en tête d'une seconde édition de la Synthèse druidique, c'est que les idées nouvelles qui sont émises dans cet opuscule, sont en pleine conformité avec les opinions de nos ancêtres Gaulois, excepté sur un point que j'ai relevé plus bas : la rétrogradation de la monade psychique à la monade zoîque, de l'homme en un mot à l'animal. C'est là une erreur capitale sans doute, mais elle nous parait la seule. Sans doute encore les Druides ne se sont pas élevés à tous les aperçus que nous avons signalés dans une Philosophie nouvelle ; ils n'ont pas montré la même précision, la même netteté, mais ils n'ont rien qui y répugne; tout au contraire dans leurs doctrines semble y préparer et s'y acheminer.

Parle mot Ânnwfn, l'abîme, ils entendent à la fois l'état chaotique et nébuleux des monades, et leur passage par la vie minérale où elles s'associent, se désassocient, d'après leurs affinités, pour arriver ensuite aux végétaux, aux animaux inférieurs et aboutir, dans nos bas mondes, aux suprêmes degrés de l'animalité où elles forment une association indissoluble, sous la direction d'une monade supérieure

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et prépotente, centre de l'individualité et de l'unité personnelle.

Ce qu'il y a aussi d'infiniment remarquable chez les Druides, c'est leur conception du Ceugant, inaccessible à notre connaissance. C'est ce qu'on appelle l'ensoph, le dieu caché, dont nous ne pouvons rien dire que comme nécessité logique de notre pensée, et monade absolue. Se demander si elle est une ou multiple, si elle est personnelle, quelles sont ses qualités, sa nature, ses attributs» c'est peine perdue.

Le Ceugant est à jamais interdit aux êtres contingents. Par là les Druides coupaient court à toutes les disputes oiseuses, à toutes les naïvetés absurdes, et les contradictions sophistiques des théodicées. Ils résolvaient, comme nous le dirons plus loin, toutes les antinomies dans l'absolu qui n'en contient pas, à la condition qu'il ne sera pas expliqué par les cerveaux humains; car ceux-ci n'ont que la notion empirique et antinomique.

Puis quelle belle théorie de l'être renferme la philosophie des Druides ! Être infini en lui-même — fini avec le fini — en rapport constant avec le développement des êtres particuliers, ce sont ses trois nécessités.

La conception contemporaine des grands penseurs sur l'Être ne diffère que par les mots. Léon Brothier et Charles Fauvéty disent que Dieu (l'Être universel) est à la fois infini, fini et indéfini. Ce sont presque les mêmes termes que ceux des Druides, car l'indéfini est-il autre chose que le développement des êtres, le devenir à jamais continuable et inrayable du cosmos? ttenouvier, que nous dirons déjà cité avec hon-

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neur, sans vouloir donner le nom d'êtres et de substances aux représentatifs et aux représentés, n'avoue-t-il pas* qu'il y a 1° des phénomènes permanents, 2° des phénomènes transitoires, 3° des phénomènes développables indéfiniment? Donc encore, c'est la même théorie sous des appellations différentes; et quand nous disons aussi qu'il y a un ordre essentiel pour tous les êtres (ce que de Strada nomme le nécessaire) , un ordre borné et actuel le fini), un ordre tendantiel (l'indéfini, le Yerden des Allemands), n'est ce pas encore la même chose, dite par un philosophe qui n'a pas la prétention d'être un grand penseur? Nous croyons pouvoir affirmer que toutes ces conceptions sont identiques. On se croit séparé par l'idée ; allez au fond, et vous reconnaîtrez qu'il n'y a souvent qu'une querelle de mots*

Voilà pourquoi nous avons assez estimé nos. ancêtres les Druides, pour avoir composé ce frontispice devant leur philosophie déjà grande et même sublime, frontispice écourté sans doute, peint à la détrempe, et où certaines lignes, ne sont pas assez accusées, mais qui repris et tracé par de vigoureuses mains, telles que l'avenir prochain en fournira, pourra devenir immortel, même à l'égard de nos successeurs les plus reculés, qui y ajouteront et iront tous les jours plus loin.

La première édition de la Synthèse des Druides (Bardes druidiques) date de 1865, or nous allons vite dans les temps broyés où nous vivons; il y a donc, au milieu des ombres, des scories, des voiles dont nous avons cru devoir nous envelopper, des parties même de cette œuvre que nous n'écririons

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pas aujourd'hui sans 7 faire des changements. Devions-nous les refaire à nouveau ? Gomme ils étaient peu considérables, no us avons préféré réimprimer textuellement le livre, sauf à faire précéder de quelques observations cette réimpression. Ceux qui ont acheté le premier ouvrage, et c'est là un devoir de conscience que négligent trop souvent les auteurs, pourront se procurer séparément les additions faites à la première édition. Ce parti que nous avons dft adopter nécessite quelques explications qui seront d'ailleurs très courtes.

Sur le premier chapitré intitulé Synthèse des Druides, Aucune observation, excepté celle que Ton a lue plus haut touchant une publication nouvelle d'Henri Martin, le Mystère des Bardes de Bretagne, mais nous persistons, à dire que ces documents sont moins anciens, moins importants que ceux de M. Pictet, et surtout qu'ils ne sont que du druidisme altéré.

Sur le second chapitre, nous disons uniquement que nous n'aimons pas le terme de création employé si souvent par Pecqueur et même par nous. Dans un langage plus exact nous l'avons déjà exprimé ; nous devons, philosophes de l'avenir, remplacer ce mot par celui de réalisation et de développement des êtres du cosmos* Quant aux critiques faites de la doctrine de Pecqueiir par le profond Renouvier, . nous ne les ignorions pas lors de notre première édition, mais nous disons à l'un et à l'autre : vos querelles sont oiseuses, vous avez tous raisonné comme si les contradictoires étaient dans l'absolu, vous n'avez compris ni les sublimes aperçus de Pythagore mentionnés plus haut, ni le Geugant de*

Druides, ni l'Ensoph des cabbalistes, ni ce que Wronski nomme l'archi-absolu, ni F état préantinomique de Strada ; c'est le cas de vous renvoyer dos & dos au magnifique et splendide livre, Théorie de Vétre, de ce grand penseur [ultimum organum, tome 1"). '

Quant au y et au 4 e chapitre, nous confessons que nous avons trop ajouté foi à l'influence des ancêtres se manifestant par les médiums. On peut rabattre beaucoup de ce que nous en avons dit, en comparant avec notre chapitre de la Philosophie nouvelle l'Agent universel, nous sommes convaincu que le plus souvent la médiumnité n'est qu'un reflet de nos propres pensées surtout latentes et inconnues, de nos propres désirs, de notre orgueil et de notre amour-propre (0.

Nous maintenons cependant avec la plus grande énergie, la communion non seulement possible, mais réelle des vivants de la terre avec les extra-humains ou les surhumains ; nous l'avons dit à propos de l'ouvrage récent de Louis Figuier qui affirme aussi les mêmes croyances.

Nous expliquons avec Louis* Hénard, Fustel de Goulanges, Durand de Gros et une foule d'autres, la

(1) Nous avons vu quatre médiums se disant secrétaires du Christ et se combattant réciproquement comme étant les seuls véridiques. (h 1 , ces prétendues dictées étaient toutes contradictoires. — Lors de la guerre avec les Prussiens, presque tous les médiums annonçaient le triomphe de la France, l'écrasement des Allemands; la généralité des prétendus Esprits nous entretenaient dans ces faussetés et ces illusions ; c'est que les médiums puisaient dans l'agent universel ou même dans l'intime de leur être, le reflet de leurs propres désirs et de leurs idées chauvinistes.

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constitution des cités antiques par le culte et l'intervention crue ou supposée des ancêtres. Bien plus, nous répétons depuis dix ans que là est la clé dune partie du merveilleux dans les histoires et dans les religions, et nous croyons l'avoir solidement établi dans les journaux et les articles cités. (A)

Nous maintenons toutes les doctrines, toutes les affirmations, toutes les idées que nous avons soutenues dans la Vérité de Lyon, l'Avenir de Paris, ÏUnion de Bordeaux et dans d'autres revues en insistant toutefois sur ce fait, que nous n'avons jamais enseigné, comme certaine école, 1° les réincarnations fréquentes sur cette terre qui ne sont que l'exception pourcei*x qui ont mal vécu, qui ont quelque attache terrestre, ou qui y reviennent pour une mission. Nous avons môme dit : Il n'est pas normal pour r homme de vivre deux vies terrestres. Mais nous croyons vraies les existences successives et les réincarnations dans les globes de l'univers, ascensionnelles, stationnaires ou inférieures quelquefois. 2 Ô Nous n'avons jamais cru à l'identité des esprits évoqués et qui répondaient ou semblaient répondre. 3° Le plus souvent il n'y a intervention d'aucun être surhumain. Nous l'avons déjà expliqué plus haut (voir Agent universet et notre important article Critérium des apparitions, dans r Union bordelaise).

Ces réserves étant faites et bien comprises, nous déclarons croire à la pénétration, à la communion réciproque de toutes les monades, de tous les mondes, de toutes les humanités, et à la solidarité universelle de tous les êtres.

La page 121, ligne 11 , a besoin d'une explication;

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