‹ Une philosophie nouvelle, Henri BergsonChapitre 27 sur 121 · V évolution créatrice, pp · texte numérisé non relu

V évolution créatrice, pp

êtres organisés. Le naturaliste rapproche en effet les uns des autres les organismes qui se ressemblent, puis divise le groupe en sous-groupes à l'intérieur desquels la ressemblance est plus grande encore, et ainsi de suite : tout le long de l'opération, les caractères du groupe apparaissent comme des thèmes généraux sur lesquels chacun des sous-groupes exécuterait ses variations particulières. Or, telle est précisément la relation que nous trouvons, dans le monde animal et dans le monde végétal, entre ce qui engendre et ce qui est engendré : sur le canevas que l'ancêtre transmet à ses descendants, et que ceux-ci possèdent en commun, chacun met sa broderie originale *. » Il est vrai qu'on peut se demander si la voie de filiation permet d'aboutir à des écarts aussi grands que ceux dont nous fait témoins la variété des espèces. Mais l'embryologie est là pour répondre en nous montrant les formes les plus hautes et les plus complexes de la vie atteintes chaque jour à partir de formes très élémentaires; et la paléontologie, à mesure qu'elle se développe, nous fait assister au même spectacle dans l'histoire universelle de la vie, comme si la succession des phases que traverse l'embryon n était qu'un souvenir et un raccourci de tout le passé dont il est issu. Au surplus, les phénomènes de

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