SCÈNE XL
BERNERET, CORIOLAN (2).
BERNERET. Dépêchez , Monsieur, dépêchez!
{S'attendrissant.) Et surtout ne me parlez plus de mon neveu Berneret... il y a de la barbarie à prononcer ce nom-là devant sa veuve et sa tante... {Pleurant.) Xh\ ah! ah!
CORIOLAN. Voyons, petite mère, voyons...
BERNERET. Je suis deiuoiselle... {A part.) Il me prend des envies de lui donner une volée!...
CORIOLAN. Vous me direz, du moins...
BERNERET. Pardon, Monsieur... si jo m'assieds... j'ai mes crampes d'estomac! (A part.) Mais un capitaine!...
coiiiOLAN, s'asseyant près de Berneret qui recule sa chaise. Vous me direz quel est le drôle qui vous escortait.
BKRNERET. Un drôlc!... quel drôle?... je ng connais pas de drôle, Monsieur!..
CORIOLAN. Si fait!... le drôle qui m'a donné un soufflet.
BERNERET, éclatant de rire. Un soufflet!... vrai!... ha! ha! ha! vous avez reçu...
conioLAN. Mademoiselle!... vous riez... mais je le tuerai, le gueux, je le...
BERNERET. Ha! ha! ha' petite mauvaise léle!.. ' vous tuerez... qui?.., qui?...
CORIOLAN. Cet homme qui portait votre malle.
BERNERET. Un Commissionnaire.
CORIOLAN. Un commissionnaire!
BERNERET. Un Auvergnat... à qui j'ai donné dix sous.
CORIOLAN. Un Auvergnat... c'est donc ça!
BERNERET. Et VOUS voulez le tuer; un gaillard qui se défendra. Ah mais!... il a la poigne forte!
CORIOLAN. Tenez, Mademoiselle, ne vous moquez pas de moi, ou je ferai quelque malheur! Il y avait Berneret sur votre malle... et ces bottes que j'ai trouvées ici...
BERNERET, cherchant à cacher les bottes en avançant sa chaise (I). Des bottes!
CORIOLAN. Les voilà.
BERNERET. Dos bottes! ah! cristi! des bottes chez ma nièce 1 {Il se lève.) La malheureuse! elle reçoit donc!.. Ah ! ah ! une Robichon ! je vais lui laver la tête. {Il va pour sortir.)
CORIOLAN. Mais, Madame...
BERNERET. Laisscz-moi !... laissez-moi!... des bottes!...
CORIOLAN. Ne vous fâchez pas!