‹ Une princesse romaine au XVII[superscript e] siècleChapitre 38 sur 77 · Archives royales de Turin · texte numérisé non relu

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254 UNE PRINCESSE ROMAINE AU XVIIe SIÈCLE.

rait pas de se donner l'honneur d'écrire à V. A. R., mais qu'il lui ferait rendre sa lettre par don Maurizio. Il m'apprit qu'il avait été, ce jour-là seulement, donné part à ses parents et amis, et à l'ambassadeur d'Espagne, de l'éloignement de madame la connétable, et qu'il ne pouvait me dissimuler que tout le monde paraissait étonné, que V. A. R. connaissant le préjudice que faisait madame la connétable à elle, et au nom qu'elle portait, ne lui eût fait quelques légères violences pour la retenir pour V amour d 'elle-même. Je lui répliquai, encore cette fois, que V. A. R. n'avait pu ni dû manquer à une parole positive qu'elle avait donnée, d'autant plus qu'il s'agissait de traiter avec une dame. » — L'éloquence de Foucher ne parvint pas à calmer le connétable.

Pendant ce temps, notre héroïne s'avançait à grand pas vers Chambéry; elle quitta le carrosse du duc trouvant son allure trop lente, et prit une chaise roulante pour aller plus vite, car avec son impétuosité ordinaire elle voulait toujours arriver avant d'être partie ; mais son cheval s'emporta et culbuta la chaise dans un fossé; le cheval fut tué, le valet qui le conduisait fort mal accommodé, la chaise brisée, et si madame Golonna n'avait pas lestement sauté dehors elle eut couru un grand danger, mais elle était habituée aux accidents de voyage, ils ne la troublaient pas et ne l'arrêtaient jamais.

Pendant que, tourmentée par les persécutions de son mari, et blessée au cœur par la dureté de Louis XIY, Marie avait passé son temps à Turin dans le trouble et l'agitation, Hortense, tranquillement et royalement installée au château ducal de Chambéry, jouissait de l'existence la plus gaie. Une véritable petite Cour, composée de la noblesse et des hauts fonctionnaires de la province, s'était groupée autour d'elle. Quant à son mari elle n'y pensait guère et ne s'en inquiétait que pour lui faire demander de l'argent, et se faire payer une pension arriérée.

Voici une lettre d'elle au roi, qui donne une juste idée de ses sentiments.

La duchesse Mazarin au roi *.

Chambéry, 12 septembre 1672.

« Je ne sais, Sire, pourquoi l'on ne veut plus me faire payer ma pension et qu'Elle remet à M. Mazarin de me la donner s'il veut, je ne me consolerai jamais si je me l'étais attiré; mais je n'ai fait autre chose que d'accompagner ma sœur; elle vous l'avait mandé, Sire, avant de partir de Rome. Si vous l'aviez trouvé mauvais, vous pou-

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