‹ Une promenade dans Paris en 1640 avec un poëte burlesqueChapitre 1 sur 2 · EN · texte numérisé non relu

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Une des sources que doivent le moins négliger de consulter ceux qui s'occupent d'études rétrospectives , ce sont les poésies populaires dues aux rimeurs de carrefour ou de cabaret , aux conteurs de veillées , héritiers , dégénérés sans doute , mais non sans originalité , des rhapsodes de l'antiquité et des trouvères du moyen âge. Il ne convient pas non plus d'oublier les œuvres satiriques et burlesques dues à des plumes plus exercées et parfois aux meilleurs écrivains de leur temps. Ces compositions , —

dont nous n'avons pas à juger ici la valeur littéraire , — nous donnent souvent les renseignements les plus précieux sur la vie publique et privée , sur les habitudes , les usages , les mœurs des contemporains.

En feuilletant dernièrement un des volumes de la Bibliothèque gauloise (1) , nous y avons trouvé , dans un poëme de Berthod , La Ville de Paris en vers burlesques, quelques détails sur un magasin de gravures et de tableaux au XVIIe siècle , et nous avons pensé qu'ils pouvaient offrir un certain intérêt à la Société des Beaux-Arts. Dans tous les cas, ce poëme burlesque, qui date de l'époque où les Scarron, les Colletet, les d'Assoucy, les Claude Le Petit , cultivaient ce genre plus ou moins estimable, ce poëme, disonsnous , est peu connu aujourd'hui ; aussi nous croyons-nous permis d'en faire une rapide analyse et d'en citer quelques fragments.

(1) Paris ridicule et burlesque au XVIIe siècle , par Claude Le Petit , Berthod, Scarron , François Colletet , Boileau , etc. Nouv. édit. revue et corrigée avec des notes par P. L. Jacob , bibliophile. Paris , Adolphe Delahaye, 1859, in-16.

Bien que cet ouvrage , imprimé pour la première fois en J650, ait eu presque coup sur coup dix éditions, le sieur Berthod (1), son auteur, est à peu près inconnu. Malgré les recherches les plus sérieuses , ni l'abbé Gouget , ni Viollet-Le-Duc , ni le bibliophile Jacob , ni tant d'autres érudits qui se sont occupés de l'histoire de la littérature française , n'ont réussi à reconstituer la biographie de notre poëte. On a même pensé que ce nom d'auteur pouvait n'être qu'un pseudonyme.

Le poëme de Berthod est intitulé : La Ville de Paris , en vers burlesques , contenant les galanteries du Palais, la chicane des plaideurs, les filouteries du Pont-Neuf, l'éloquence des harengeres de la Halle , l'adresse des servantes qui ferrent la mulle, l'inventaire de la fripperie , le haut stile des secrétaires de Saint-Innocent et plusieurs autres choses de cette nature. En tête se trouve une épître en prose dans laquelle Fauteur fait connaître

(1) Atiàs Berlhod, Berthau, Berthauld ou Bertaut.

à quelle occasion il a enfourché Pégase. En voici la première partie :

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