‹ Une province procuratorienne au début de l'empire romainChapitre 29 sur 111 · Id, Hist., V · texte numérisé non relu

Id, Hist., V

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Suriae additi 1. Parlant de Claude, Suétone nous dit que cet empereur plaça un affranchi Félix à la tête de la province de Judée : Felicem quem cohortibus et alis provinciaeque Judaeae praeposuil ?, et, si Strabon ? nous dit que la Judée est comprise dans la Syrie, il ne faut voir là qu'une indication de géographie physique, sans aucun rapport de lien politique entre les deux pays.

Marquardt # a cependant pensé que le procurateur de Judée « reconnaissait l'autorité du gouverneur de Syrie, auquel il se trouvait subordonné, à qui il était réduit à demander des secours militaires, et devant lequel il était responsable ». À l’appui de sa thèse, il rappelle que le procurateur Pontius Pilatus fut déposé par le légat de Syrie, Vitellius, sur la plainte de la four de Samarie et que le gouverneur Quadratus procéda de la même façon.

Examinons ces deux faits : à la suite d’un incident réprimétrès durement par le procurateur # de Judée, L. Pontius Pilatus, le sénat de Samarie porta plainte à Vitellius, gouverneur de Syrie, qui, selon Marquardt, déposa le procurateur 5. En réalité le texte ne dit rien de cela : « Le tumulte apaisé, le sénat de Samarie se transporta devant Vitellius, personnage consulaire et gouverneur de la Syrie, pour accuser Pilate du meurtre de ceux qui avaient été tués. Et Vitellius, après avoir envoyé en Judée son ami Marcellus en qualité de gouverneur (irmehnris), ordonna à Pilate de gagner Rome pour qu'il fût statué par l'empereur sur les griefs des Juifs. Pilate s’en alla donc à Rome,

- Jacite, Ann., XII, 23:

. Suétone, Claude, 28.

. Strabon, XVI, 2, $ 21.

. Marquardt, Org., Il, p. 356 et note 2. — Cf. Goyau, Chronoie de l’empire romain, p. 43, Paris, 1891.

. Jos., Ant., XVIII, 4, $ 2.

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après avoir passé dix années en Judée, accablé par les rapports de Vitellius, auxquels il lui était impossible de répondre. » Donc la révocation de Pilate n’est pas l'œuvre de Vitellius et il semble qu’on ne puisse dire que le procurateur de Judée est le subordonné du gouverneur de Syrie, en s'appuyant sur un prétendu droit de révocation qu'aurait celui-ci. | ,

On peut objecter, il est vrai, que, si Pilate dépendait uniquement de l’empereur, s’il était, comme Vitellius, gouverneur de province, on ne comprendrait pas que la réclamation soit portée à celui-ci, que Vitellius fasse un rapport sur un collègue indépendant, lui donne des ordres et désigne son remplaçant ; il y a là des signes très nets de subordination d’un personnage à l’autre. L’explication est dans la situation particulière de Vitellius; ce n’est pas le gouverneur de Syrie qui commande au procurateur de Judée ; c’est le délégué particulier de l’empereur. Tacite est formel : cunctis quae apud orientem parabantur L. Vitellium praefecit 1. En plus de son gouvernement, Vitellius a un pouvoir général de surveillance sur les hommes et les choses d'Orient et c'est par là que s’explique son intervention dans un démêlé entre un procurateur et ses administrés.

Il en est identiquement de même “pour Ummidius Quadratus. Une querelle s'élève entre Samaritains et Juifs ; le procurateur Ventidius Cumanus ? se laisse gagner par l'argent des premiers et fait combattre ses troupes en leur faveur ÿ. Les Juifs se rendent à Tyr pour se plaindre au

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