‹ Une province procuratorienne au début de l'empire romainChapitre 67 sur 111 · Jos., Ant., XVIII · texte numérisé non relu

Jos., Ant., XVIII

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nage, qui, aux yeux des Juifs, pouvait avoir conservé une haute autorité, mais qui, par rapport aux Romains, n'était qu'un simple particulier? Cela est impossible; si Jésus a été pour Hanan l’objet d’une curieuse exhibition, cela démontre que l’arrestation a été l’œuvre d'individus entièrement dévoués aux Juifs, pour qui, en dépit des décisions du procurateur, un grand prêtre déposé conserve son influence et sa dignité.

Dès lors, comment faut-il comprendre le texte de Jean ? D'une part nous retrouvons les serviteurs des prêtres et des Pharisiens, qui, dans un tragique pêle-mêle, ont pris qui un bâton, qui une épée, ou portent un flambeau, une lanterne!. Ceux-là sont des spectateurs autant que des acteurs, qui tomberont ou reculeront à la vue de Jésus s’avançant vers eux ?. D'autre part c’est une véritable troupe de soldats, oxeïox, mais non pas empruntée à la garnison de la forteresse Antonia ; le temple en effet a sa garde spéciale dépendant de la seule autorité Juive et il est très logique de supposer que le détachement qui arrêta Jésus fut pris parmi ces troupes. D'autant que, par le témoignage de Luc, nous savons qu’au jardin des Oliviers se trouvaient des officiers du temple : orparnyods vToù iepoë. Il n’y a donc aucune difficulté à admettre que le soi-disant tribun du texte de Jean était un officier de la milice du temple #. En réalité il y avait eu fausse interprétation des termes de Jean.

Jean, xvui, 8 ; Matthieu, xxvi, 47; Marc, xiv, 48 ; Luc, xx11, 52. Id., xvrrx, 6.

Luc, xxn, 52.

Sur la présence de soldats romains au moment de l'arrestation, il est certain que ceux qui donnent au Sanhédrin le pouvoir de juger avec confirmation du procurateur, ne fontaucune difficulté pour l’'admettre (cf. Renan, Vie?6, p. 392; P. Didon, Jésus-Christ, p. 756

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Mais alors, si, comme il nous semble, les seules autorités juives ont procédé à l'arrestation de Jésus, il est certain qu'il y eut là usurpation de fonctions et illégalité au premier chef; la chose est indéniable, de même qu'est indéniable le caractère du procès qui va s'engager devant le Sanhédrin, après un court interrogatoire chez Hanan.

Ayant lié Jésus, ceux qui l’avaient capturé l'emmenèrent devant le grand prêtre, que Matthieu désigne par son surnom, Kaïapha!, auquel Marc et Luc donnent seulement son titre &oyuepeus ? ; Jean % complète les renseignements en nous apprenant que Jésus fut amené devant Hanan, l’ancien grand prêtre, puis devant Kaïapha, son gendre, à qui les Romains avaient donné le suprême pontificat. On a nié cet arrêt chez Hanan, en considération du silence des synoptiques; mais il paraît aujourd'hui bien établi que cette

et 768 et dans la grande Encyclopédie à l’art. Jésus, etc.). Parmi les auteurs qui reconnaissent la compétence du procurateur, Strauss (Vie, $ 125, p. 495) ne s'explique pas sur la cohorte et M. Loisy (Quatrième Évangile, p. 821) concilie la compétence qu'il admet, le procès devant le Sanhédrin, et la présence des Romains à l'arrestation par cette idée qu’au 11° siècle, les Romains s’assurant des Chrétiens, l’auteur de l’évangile devait par similitude faire arrêter Jésus par l'autorité romaine. Il est vrai qu’en poussant le raisonnement jusqu’au bout, on devrait conclure des termes de cohorte et de tribun qu'il fallait vers le zrr° sièle au moins six cents hommes et un tribun pour arrêter le moindre Chrétien. Parmi les anciens auteurs qui adoptent l'interprétation ordinaire du texte de Jean, cf. en particulier la Vita Christi de Ludolphe le Saxon, ch. zx, fol. 205 de l'édition de Paris, 1517. Sur l’autorité de cet ouvrage, cf. R. Koechlin. Un livre de piété du Moyen-Age au Journal des Débats du 13 août

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